Page 31 - Book_2
P. 31
Résumé
A Maputo, le réseau officiel d’approvisionnement en eau potable
ne dessert qu’une petite partie des habitants de l’agglomération. De nombreux habitants, en particulier ceux de la périphérie de la ville, n’ont d’autre choix que de s’approvisionner auprès de divers fournisseurs informels. C’est ainsi que sont apparus dans les années 1990 des systèmes autonomes de distribution de l’eau gérés
par des petits opérateurs locaux. Si la présence de Petits Opérateurs Privés (POP) est commune dans les pays en développement,
la spécificité de ceux de Maputo réside dans leur prolifération exceptionnelle en Afrique (450 opérateurs desservent plus de 350 000 personnes). Ils ont développé des options techniques robustes, modulaires, et rentables, et certains d’entre eux se comportent
en véritables entrepreneurs malgré le caractère informel de leur activité. A tel point que leur modèle apparaît aujourd’hui prometteur pour la desserte des zones périurbaines et que les autorités locales, appuyées par les bailleurs de fonds, ont défini une véritable stratégie à leur égard.
Pourtant, les POP ont à l’origine été ignorés par les autorités publiques, puis considérés comme des concurrents illégaux du fournisseur officiel. Il est dès lors intéressant de reconstituer les évènements qui ont conduit à un tel changement de perception avec une approche d’analyse des politiques publiques. Ainsi, le modèle de la "fenêtre d’opportunité" de J. Kingdon, qui postule la convergence de différents courants (courant "des problèmes", "des solutions", et "de la politique") comme facteur explicatif d’une politique publique, est éclairant pour saisir ce qui a rendu l’intégration des POP possible. Raisonner en termes
de "réseaux" permet également d’identifier le rôle, d’un côté,
de la petite communauté de spécialistes internationaux des dispositifs alternatifs de distribution d’eau, et de l’autre, des organisations mozambicaines cherchant à construire un compromis
social sur les POP du quartier de Laulane.
FOCALES
86