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Grand Dossier
La ville de Mogador (Essaouira) allait être mêlées au conflit
franco-marocain au sujet de l’affaire de l’Émir Abdelkader d’Algérie*
à ME o g a d o r
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n effet, le roi du Maroc Moulay Abderrahman achetés à Liverpool. L’escadre française s’embossa le 15
(1822-1858) en sa qualité de commandeur des Croyants, soutenait l’Emir dans sa guerre sainte contre la France, en matériel, en argent et en armes.
Le conflit éclata en 1844, à la suite d’incidents de frontière et débat le refus du Maroc de cesser son aide al’Emir. Le 14 août, le maréchal Bugeaud mît en déroute l’armée marocaine et le jour suivant les navires du Prince de Joinville, troisième fils du roi Louis Philippe, vinrent at- taquer Mogador il se présenta devant la ville avec une escadre de 15 navires tant à voile qu’à vapeur, dont trois vaisseaux de guerre, le Suffren, le Jemmapes armés de trois cents canons. En faisaient également partie trois fré- gates la Belle Poule, le Groenland, quatre bricks, l’Argus, le Volage, le Rubis, le Cassard, trois corvettes dont le Pluton, et deux avisos, le Phare et le Pandour.
La Scala de la Casbah était défendue par quarante pièces, celle de la Marine par vingt quatre pièces et le fortin de Dzira Sghira, par quatre pièces, la Grande Île était munie de cinq batteries avec six à soixante-dix obusiers anglais
août à 14 heures et ouvrit le feu après avoir été la cible des batteries marocaines. On sait que le jour du bombar- dement, les marocains ouvraient les premiers le feu, vers onze heures du matin sur les lignes d’embossage des navires français, à l’entrée du port.
Les français n’y répondirent qu’une heure plus tard environ.
La canonnade s’engagea alors vivement de part et d’autre,
et dura deux heures environ, après quoi, tous les feux des batteries marocaines s’éteignirent successivement (voir encadré sur l’histoire de Omar El Alje), à l’exception de ceux de la Grande ile, qui dut subir l’assaut des 300 fusilliers marins avec à leur tête le Prince de Joinville sabre au clair.
Un combat où assiégeants et assiégés donnèrent d’égales épreuves de courage. Elles prirent successivement les batteries et débusquèrent 400 marocains qui s’étaient barricadés dans la mosquée et qui se rendirent le 16 au matin. La garnison de la Grande Île comprenait des soldats > d’élite dont le commandant était Larbi Torrés.
* Abdelkader (1808-1883) est un chef religieux et militaire algérien qui mène une lutte contre l’invasion française de l’Algérie au milieu du XIXe siècle. l’homme qui défia les armées françaises de 1832 à 1847 avant de créer les bases d’un véritable État algérien, est aujourd’hui considéré par l’Algérie indépendante comme l’une des figures les plus marquantes de son histoire. La noblesse de son attitude après sa capture et la protection très efficace qu’il apporta aux chrétiens de Damas à la fin de sa vie lui valurent aussi un très grand prestige chez ses anciens adversaires. / Illustration de Roger Viollet.
Mogador for Ever


































































































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