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pathologies
SYMPTÔMES CLINIQUES
À côté des perturbations psy- chiques, le SK peut s’accompagner de troubles de l’équilibre, d’un nystagmus (mouvements oculaires involontaires et incontrôlables), d’une altération de l’état général, de troubles oculaires avec impos- sibilité de regarder vers l’extérieur, mais aussi de troubles neurolo- giques aux membres inférieurs (les nerfs périphériques souffrent également du manque de vita- mine B1). Du fait de l’alcoolisme fréquemment associé, on peut retrouver aussi des stigmates de l’imprégnation chronique d’al- cool, comme une hépatomégalie (gros foie), une ascite (accumula- tion liquidienne dans l’abdomen), un ictère (jaunisse) et parfois des crises d’épilepsie. Toujours dans les causes possibles d’un SK, n’ou- blions pas la dénutrition et ses symptômes propres : œdèmes aux membres inférieurs, lésions cuta- nées diverses (peau rouge, fragile, sèche, recouverte de squames...), langue dépapillée, perte de poids notable, perte des poils, cheveux ternes, fragiles et cassants, ten- dance aux ecchymoses, ongles blancs...
HOSPITALISATION
L’hospitalisation est la règle en cas de SK, dans le but notamment de protéger le patient que son état psychique expose à de nombreux dangers, domestiques notamment. Le traitement de fond repose sur la vitaminothérapie B1 en urgence (injection d’une forte dose de vitamine B1 par intraveineuse et/ ou intramusculaire) puis par voie orale (comprimés de vitamine B) une fois la phase urgente pas- sée. Les autres carences, souvent associées, doivent être prises en charge. La vitaminothérapie B1 est plus efficace au stade initial de la maladie de Gayet-Wernicke, elle permet de limiter la gravité du SK.
PRÉVENTION
La prévention du SK est essentielle en cas d’alcoolisme chronique. Elle consiste d’abord à accepter un sevrage, ainsi qu’à la reprise d’une alimentation suffisante et non carencée en vitamine B1. Cette dernière se retrouve en abondance dans la levure alimen- taire, les germes de blé, les flocons d’avoine, le riz complet, dans certains fruits secs (noisettes) ou
encore dans le porc et le foie de volaille. Attention : la vitamine B1 est hydrosoluble et se retrouve souvent dans l’eau de cuisson. Elle est fragile et est détruite lorsque la température de cuisson est forte.
Dr Daniel Gloaguen
*Du nom d’un psychiatre russe qui en fit la première description en 1887.
PIÈGES DIAGNOSTIQUES
cMaladie d’Alzheimer cDénutrition sévère cAVC cPathologie des lobes cérébraux frontaux
(« syndrome frontal ») cEncéphalites diverses, herpétiques notamment cIntoxication au monoxyde de carbone cTraumatisme crânien récent.
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