Page 4 - Antilla 1866
P. 4
LE REGARD DE GDC
Le transport public
L’organisation du transport public sur le territoire du centre de la Martinique, de par sa complexité est à l’origine de la pathologie que connaît ce secteur
actuellement.
CFTU/Mozaïk, société d’économie mixte, composée de cotraitants et de sous-traitants s’est trouvée au fil du temps comme un bateau ivre, en diffi- cultés financières sur fonds d’insatisfac- tion de TOUS les acteurs participant au fonctionnement de ce qui s’est avéré être... une véritable usine à gaz ! Tous en effet s’estiment insuffisam- ment rémunérés pour des contrats im- posés dans le cadre pipé d’une délégation de service public concédé à société d’économie mixte aux moyens insuffisants. Laissant co et sous-trai- tants en tête à tête avec les problèmes sociaux posés par un personnel à sta- tuts différents pour l’exécution du même travail, sur les même lignes, aux mêmes heures.
Il est d’ailleurs surprenant que le système ait pu tenir aussi long- temps.
Une fois les choses détériorées, le cli- mat social en permanence tendu, des usagers entre l’écorce et l’arbre et qu’il ne pouvait être apporté de solutions que radicales, la rupture de la déléga- tion de service public par l’organisateur du transport à la Martinique, rien ne pouvait plus être contrôlé. La machine s’est emballée puis enrayée et finale- ment bloquée. L’exercice du droit de re- trait par les salariés, les mouvements de menton des gouvernants actuels n’y peuvent rien c’est la paralysie. Ni non plus le rappel incessant du président de la collectivité que les conflits qui blo- quent le système relèvent de la relation entre les parties qui se partagent la dé- légation de service public.
Alors qui doit régler le problème qui consiste, on le rappelle, à mettre à la disposition de mères et pères de fa- mille un moyen de transport (sur
de courtes distances, finalement) pour aller au travail, les écoliers à l’école, les mères au foyer faire leur marché : soit le b.a ba de l’organisation sociale. Une chose à retenir, est que l’inutile so- phistication du système a provoqué la paralysie du dit système. Car en l’état ce n’est ni de la prérogative juridique du préfet de régler cette question, ni non plus au président de la Cacem. Encore moins au maire de la capitale, pourtant plus grosse utilisatrice de cette res- source transport et première victime sur le plan économique et ses administrés de l’actuelle gabegie.
Cela tendrait à conclure que nous sommes incapables collectivement de régler un problème de fonction- nement de notre société quand nous avons été pourtant dotés de tous les moyens pour le faire. Les théories sur le “dialogue social”, la prise de conscience de la société civile, le ci- visme, la « responsabilité etc. Tout cela sous le tapis !
Cela voudrait dire que l’on ne sait plus dialoguer dans ce pays, que l’on braille, insulte et grogne, mais qu’on on ne se parle plus : c’est signe de fai- blesse profonde.
Martinique Transport, composée de la CTM, de la Cacem, d’espace Sud et de Cap Nord (en d’autres termes, un panel
politique complet ) est pour l’instant un
organe mort qui ne s’est manifesté jusque-là que par les laconiques com- muniquées de son président expliquant que les conflits que connaît le secteur sont le fait de dissensions entre les bé- néficiaires de la délégation de service public. Laissant conclure que l’organi- sateur du transport n’a pas son mot à dire, sinon jusque-là à avoir utilisé le seul recours qui lui était possible, la ré- solution du marché concédé à CFTU/Mozaik !
Et laissé entendre que le secteur serait placé à terme sous la régie de la Col- lectivité. Et silence radio sur les moda- lités de mise en place de la-dite Régie, laissant par-là les différentes acteurs imaginer des stratégies de sourde op- position à toute tentative de réorganisa- tion qui ne passerait pas par eux...
Pour l’instant la Martinique est blo- quée par la volonté d’une poignée de récalcitrants.
C’est dire à quel point la décision prise par l’exécutif de la collectivité d’entamer dialogue avec les représentants du per- sonnel en grève est la seule voie de sortie que l’on puisse envisager.
Gdc
Page 4 ANTILLA N° 1866 - 11 Avril 2019
doit survivre.