Page 26 - MAG 4.3_FEVRIER 2015
P. 26

FÉVRIER 2015
26 MAG
UN PEU D’HISTOIRE
L
edéveloppementindus- triel de l’île Jésus a commencé bien avant les années 60. Déjà, dès la première moitié du XXe siècle, certains sec-
teurs de l’île changent de vocation et passent de la ruralité à l’urbanité. L’explo- sion démographique à l’échelle du pays n’est pas contraire à ce phénomène; en une quinzaine d’années, la population se voit multipliée par cinq. Elle sert ainsi de terre d’accueil à plusieurs milliers de Montréalais qui ne trouvent plus leur place dans la métropole. Cet accrois- sement démographique s’accompagne évidemment d’une augmentation de la construction immobilière afin de gérer l’afflux de population.
C’est donc dans ce contexte que l’indus- trialisation de l’île Jésus prend véritablement son envol. M. Gérard Lévesque, alors ministre du Commerce et de l’Industrie du Québec, déclare en octobre 1964 qu’il est « impressionné du rythme auquel le parc industriel de Chomedey se développe, à raison d’une nouvelle industrie par mois, et ce, depuis les deux dernières années. » Le rythme est encore plus soutenu, dès 1971, ce sont trois nouvelles industries par mois qui choisissent Laval!
Une vision ambitieuse
Les Lavallois doivent une partie du succès industriel de leur ville à M. Réal Gariépy, nommé commissaire industriel de Laval en 1965. Pour lui, « l’île Jésus, encore tout récemment le jardin de l’agglomération urbaine de Montréal, sera dans un avenir prochain la principale concentration indus- trielle de la métropole canadienne ». Il estime que pour y parvenir, Laval dispose d’un territoire vaste et de puissants moyens.
En 1966, seulement 20 % du territoire lavallois est développé. La ville a donc beaucoup d’espace à offrir aux nouvelles
industries qui souhaitent s’installer ou qui veulent prendre de l’expansion. À un jet de pierre de Montréal, les terrains des 14 municipalités fusionnées sont mieux aménagés et bénéficient sans distinction de tous les services municipaux. Ces con- ditions exceptionnelles ne manquent pas d’attirer l’attention du secteur industriel.
Une « paramétropole »
Reste qu’il y a encore beaucoup à faire avant de tirer profit de ce contexte positif. Claude Langlois, urbaniste, propose de concevoir un plan qui situerait Laval comme un satellite de Montréal, tout en étant une ville autonome. Langlois veut
créer une « paramétropole » et dessine des schémas d’aménagement qui permettront de promouvoir le développement résiden- tiel et d’intensifier l’organisation industrielle.
La fluidité des transports,
un atout
Dans ces plans se cache notamment la construction d’un réseau routier efficace, qui mène à l’ouverture de l’autoroute 440, en 1974, et de l’autoroute 13, en 1975. Langlois imagine aussi un système de trans- port en commun mieux articulé et plus adéquat. La Commission des transports de Laval (future STL) est ainsi fondée en 1971.
Avec l’industrialisation en tête, Laval s’investit à fond. L’industrialisation étant considérée comme le moteur de l’écono- mie municipale, le Comité exécutif de Laval y investit en 1966. Il crée un fond industriel de 6 millions qui servira à agrandir le parc industriel de Chomedey (pour une superficie totale de 30 millions de pieds carrés) et à apporter des ajuste- ments au parc industriel de St-Vincent-de- Paul et de Ste-Rose, pour qu’ils répondent aux exigences des industries. Dans cette optique, la ville achète 23 millions de pieds carrés additionnels de terrains industriels.
Une implantation industrielle impressionnante
Toutes ces mesures portent leurs fruits, et les industries sont nombreuses à choisir Laval comme lieu d’implantation. En 1967, un premier géant industriel s’installe dans la nouvelle ville, la Fleetwood Corporation, la seule compagnie au Québec à produire des appareils téléviseurs en noir et blanc et en couleurs, en plus de toutes les variétés d’appareils radiophoniques et de repro- duction musicale. Laval devient alors « la ville de la télévision ». Au moment de la construction du bâtiment, celui-ci est le plus vaste de la ville et fait environ sept fois la taille de l’aréna de St-Vincent-de-Paul. Le Président fondateur de Fleewood, M. Myer F. Pollock, explique son choix. « Nous avons choisi Laval non seulement à cause de son importance croissante dans le Grand Montréal, mais surtout parce que nous avons trouvé à Laval un esprit de progrès, une administration dyna- mique et progressive, et une communauté qui croit en son avenir. »


































































































   24   25   26   27   28