Page 9 - MAG 4.3_FEVRIER 2015
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DANS LES COULISSES DU
Midi MAG
MARIUS Brisson
UN CHEF SENSIBLE, INTENSE ET INSPIRANT
PARLA POCO, RENDI MOLTO
« Parle peu, mais agit beaucoup », telle est la devise que Fiorentina Imbriglio répétait sans cesse à sa fille et à son aîné, depuis le troisième étage de la maison familiale où a grandi le jeune Emilio, celui qui allait devenir – une cinquantaine d’années plus tard – associé, président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton. Cette devise, selon laquelle « tout est possible dans la vie », influencera à jamais non seulement le parcours d’Emilio et de sa cadette de sept ans, mais aussi celui de ses deux filles: l’aînée de 26 ans, qui sera dentiste dans trois mois, et la benjamine de 22 ans, qui obtien- dra son diplôme en génie aéronautique.
Emilio se rappelle les épreuves de la Seconde Guerre mondiale alors que son père, qui avait quinze ans, et sa mère, sept ans, furent au cœur de la fameuse bataille du Monte Cassino (Mont-Cassin) remportée par les Alliés contre les Allemands. Un livre Erba Rosa (L’herbe rouge) raconte aussi le courage de son grand-père, Benedetto (le B de Emilio B. Imbriglio).
Arrivée à Montréal, à la fin des années cinquante, la famille Imbriglio s’installe dans une maison typique du plateau – escaliers en fer forgé – où Emilio connaîtra une enfance heureuse avec des parents qui lui inculqueront une éthique de travail extraordinaire. L’enfant, dont la première langue est l’italien, se retrouve dans une école anglophone réservée exclu- sivement aux garçons immigrants (Russes, Portugais, Grecs, Arméniens). Ainsi, il jouait au hockey avec les Gauthier et Tremblay en français, allait à l’école en anglais et montait les escaliers en italien. On com- prend maintenant pourquoi Emilio, un communica- teur exceptionnel, maîtrise si bien le napolitain, l’italien, l’anglais, le français, l’espagnol et peut, comme il le dit si bien, « se mettre dans l’trouble » en arménien et en grec.
Pour celui dont la porte est toujours ouverte et qui se fait appeler simplement Emilio, la seule vraie recette du succès – bien avant le talent –, c’est le travail. Debout à 5 h 30 le matin, après cinq heures de som- meil, le grand patron adore bâtir les équipes, rassem- bler et identifier les talents et les compétences des gens autour d’un esprit d’initiative collectif, assorti du courage de dire non, s’il le faut. Cet increvable, qui lit quarante livres par année – une douzaine en même temps – traîne des vélos partout où il va, raffole des grands sommets alpins et se passionne depuis 1977 pour la Renaissance italienne. Ses inspirations: Palla- dio pour l’architecture; Dante, le père de la langue; Michel-Ange à la limite du Divin; Garibaldi pour le pays; sans oublier son mentor québécois, qu’il consulte régu- lièrement. Comme ce dernier le dit si bien, « Accom- pagner Emilio, c’est aussi être accompagné! ».
L
e président-directeur général de l’AMF, Louis Morisset, peut déjà se targuer non seulement d’avoir maintenu le cap d’un navire amiral en
pleine tempête, mais d’avoir réussi, par son esprit d’initiative inspirant, à insuffler une nouvelle dynamique dans toutes les structures de l’organisation. À l’instar de la maxime de son père, selon laquelle « tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait », le jeune PDG – aux prises avec un problème de recrute- ment – invite ses troupes à s’investir dans une nouvelle culture de la collaboration et de la performance.
À Québec comme à Montréal, l’effet « dépassement de soi » est immédiat. Nommé en juillet 2013, en pleine turbu- lence alors que les activités de collusion et de corruption sont révélées au grand jour à la Commission Charbonneau, le nou- veau patron de la « police des marchés fin- anciers québécois » remporte son pari. À force de passion, d’engagement et de détermination, Louis Morisset pousse
l’AMF vers de nouveaux sommets et lui pro- cure un deuxième souffle.
Plus exigeant avec lui qu’envers les autres, peu de gens savent jusqu’à quel point le PDG de l’AMF est une personne attention- née, intense et sensible. Il se montre tout aussi attentionné, présent et généreux avec sa fiancée et ses trois garçons, âgés de neuf, six et trois ans, pour qui les fins de semaine – entre les allers-retours Québec- Montréal et les voyages à travers le monde chaque trimestre – sont sacrées. Il est intense et exigeant au bureau, en famille comme sur la glace, où chaque partie de hockey se joue pour le plaisir, mais aussi pour la vic- toire. Il est extrêmement sensible et extrême- ment attentif aux autres, avec un souci presque obsessif de s’assurer que les mem- bres de son équipe sont heureux, motivés et se développent harmonieusement.
Cette grande intensité, le gestionnaire de l’AMF la doit peut-être à ses grands- parents, Mia Riddez Morisset et Louis Morisset, les prolifiques auteurs des télé- romans à succès des années 60 à 90 comme : Rue des Pignons, Terre
Humaine, Les Filles d’Ève et Le Grand Remous. À cette époque, le jeune Louis arpentait les coulisses des théâtres québé- cois et cueillait des pommes dans le verger de Gratien Gélinas.
De l’aveu même du grand patron de l’AMF, cet héritage artistique fait intime- ment partie de sa personnalité. Toute cette énergie positive et cette grande intensité – si elles sont bien maîtrisées – lui permettront assurément de repousser les frontières de l’excellence et peut-être même d’entraîner dans ce sillage des gens qui auront pris goût au dépassement.
ÊTRE AUTHENTIQUE ET SAVOIR S’ENTOURER DES MEILLEURS
L
Demers ne se gênera pas pour affirmer, sans retenue, qu’il n’est pas vraiment à l’aise avec certains aspects de sa nou- velle vie politique, comme le protocole ou les jeux de coulisses. Pour lui, pas question de jouer un rôle, rien de mieux que le discours franc et l’authenticité. De toute manière, ajoute-t-il, les gens finissent toujours par identifier les politiciens qui sonnent faux. À cet égard, il voue une admiration sans bornes à l’endroit de René Lévesque, qui avait son franc-parler et savait toujours donner l’heure juste.
Le nouveau maire de Laval insiste pour dire qu’il a été élu afin de servir les citoyens et que toutes les décisions à l’hôtel de ville sont prises dans l’intérêt fondamental des contribuables. C’est dans cet état d’esprit que Marc Demers a choisi avec le plus grand soin les membres de sa garde rap- prochée, au lendemain de son élection. Savoir s’entourer des meilleurs, déléguer et faire confiance à ses collaborateurs, voilà, dit-il, une façon d’être collectivement encore plus productifs.
Sur le plan plus personnel, le maire remer- cie son fils de 34 ans pour leurs récentes vic- toires de racquetball en double et recherche toujours l’équilibre en matière de conciliation travail famille. Celui qui partage sa vie avec la même conjointe depuis 40 ans et qui est également l’heureux père de deux filles (38 et 40 ans) devrait connaître les joies d’être grand-père pour une sixième fois, dans envi- ron quatre mois. Cet incorrigible grand- papa, d’ailleurs, prend un malin plaisir à accorder à ses petits-enfants « une affec- tueuse immunité » qui leur permet de jouer tous les tours désirés à leurs parents.
orsque j’ai demandé au maire de Laval, après sa présentation du budget en décembre dernier, de se décrire en quel- ques mots, voici ce qu’il m’a répondu : « Dans
un cours de psychologie, j’avais trente minutes pour dessiner quelque chose qui me ressemblait. J’ai pris mon crayon et j’ai tracé sans hésiter une ligne droite bien simple. C’est direct, et les anglophones ont une expression pour ça : ‘’What you see is what you get’’ ». En précisant sa pensée, Marc Demers ajoute qu’il est sim- ple et sans détour, mais toujours respec- tueux. Il s’empresse de raconter que durant sa carrière de policier – avec des pouvoirs spéciaux d’arrestations et de perquisi- tions –, il a toujours traité les gens de manière respectueuse, même les criminels.
Cette prédisposition au respect, le pre- mier magistrat l’applique à tous les aspects décisionnels de son quotidien. Au cours de notre tête-à-tête, Marc


































































































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