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ENTREVUE
L’EFFET A POUR « AMBITION »
ISABELLE HUDON VEUT DONNER ENVIE AUX FEMMES DE SE DÉPASSER
FÉVRIER 2015 11 MAG
Je me donne le droit de rêver grand et d’avoir de grandes ambitions
affirme Isabelle Hudon, chef de la direction de la Financière Sun Life Québec et vice-présidente principale Solutions clients de la Financière Sun Life Canada.
C
ENVIE DE PROPULSER VOTRE CARRIÈRE? Visitez le site : www.effet-a.com
« J’ai tendance à être extrêmement compétente quand j’ai un défi d’envergure démesuré. »
es mots prennent tout leur sens alors que la femme d’affaires vient de lancer l’Effet A, une plate-forme Internet qui invite les Québécoises à
intégrer l’ambition dans leur vie. Le but? Leur donner le courage de se dépasser par des actions concrètes visant à pro- pulser leur carrière.
Annie Bourque
Journaliste
« Il ne faut pas craindre d’afficher notre ambition, ajoute-t-elle. La majorité des femmes ont des problèmes de légitimité avec ce mot. Nous avons une grande responsabilité, nous, les femmes, de prendre notre place, de lever notre main et de nous inviter à la table. »
GRAVIR LES ÉCHELONS :
UN DÉFI EXIGEANT
Parvenue dans le giron du comité de haute direction de l’une des plus grandes compa- gnies d’assurances au pays avec 1,5 million de clients au Québec, 1 800 employés et ses 800 conseillers, Isabelle Hudon admet que cette ascension exige des choix. De longues journées de travail qui empiètent souvent sur la fin de semaine.
« Gravir les échelons, confie-t-elle, est extrê- mement exigeant. Ce n’est pas un travail de8hà16h.Ilnefautpaspenserqu’on va pouvoir faire des biscuits à 15 h 45. »
Ses parents acquiescent finalement à sa demande, mais à une condition. « Si tu y vas, tu devras toffer jusqu’à la fin», raconte son père, Jean-Guy Hudon, ancien député conservateur de Beauharnois-Salaberry.
Au bout de deux semaines, Isabelle télé- phone en pleurant. « Tu savais dans quoi tu t’embarquais », lui rappelle-t-on. Cette expérience lui permet de forger son carac- tère et sa détermination.
Défi d’envergure
En 2010, elle accepte le défi de devenir présidente de la Financière Sun Life pour le Québec. Aujourd’hui, elle confie à ce propos : « J’ai une tendance à être extrêmement compétente, quand j’ai un défi d’envergure démesuré. »
Pourtant, elle sait que sa nomination soulève des doutes à l’intérieur de l’entreprise et chez les compétiteurs. « Ma crédibilité que j’avais bâtie depuis 20 ans ne suffisait pas. »
Patiemment, elle rencontre tous les employés par groupe de dix. Elle apprend à connaître les dossiers de l’entreprise, un à un. Quatre ans plus tard, sa contribution
à la croissance de la Sun Life est fort appréciée. En octobre dernier, elle accède au comité de direction de la Sun Life Canada.
Le don de soi
À l’école, Isabelle se préoccupait des jeunes qui avaient des problèmes. L’au- tomne dernier, elle a accepté la présidence d’honneur de la troisième soirée-bénéfice de la Fondation Lise Watier. L’organisme aide les femmes en difficulté à prendre leur vie en main. « Isabelle est une femme d’exception et une organisatrice hors pair », dit la fondatrice Lise Watier à Mag.
« Quand je crois à une cause, je m’entoure de personnes en leur disant que le sommet est atteignable. Quand on veut, on peut », lance Isabelle.
En toute humilité, elle attribue ses succès aux membres de son équipe. « Un mentor m’a déjà dit : si tu veux réussir, l’important est de t’entourer de personnes qui en connaissent plus que toi. »
Et la politique?
Plus jeune, Isabelle Hudon a déjà été l’atta- chée de presse de Monique Landry, ancienne ministre de l’ACDI [Agence canadienne de développement interna- tional). Elle connaît donc intimement les rouages de la politique. Y retournera-t-elle?
À 47 ans, Isabelle Hudon veut d’abord se consacrer à sa carrière et parvenir à une certaine indépendance financière. « Si je vais un jour en politique, ce sera en fin de carrière. J’ai présentement un défi profes- sionnel plus que motivant. »
Jeunes femmes d’affaires
Authentique et attachante, Isabelle Hudon a su tisser un précieux réseau de contacts au sein de la communauté entrepreneuriale. Mme Hudon lance un appel à dix chefs d’en- treprise, qui recruteront à leur tour 20 jeunes femmes de la relève du monde des affaires. L’engagement de chaque dirigeant contri- buera au développement de leur carrière.
D’autres entrepreneures du Québec inc., dont Sophie Brochu (Gaz Métro), Marie- Josée Lamothe (Google Canada), Isabelle Marcoux (Transcontinental), Kim Thomassin (McCarthy Tétrault), acceptent de participer à ce mouvement. Durant une période de 100 jours, chacune se donne un défi différent pour inciter les femmes à se dépasser dans leur vie professionnelle.
Son fils, Arnaud, aujourd’hui âgé de 19 ans, n’a jamais vu sa mère participer à une activité bénévole à son école. « Je m’assume totalement : je n’aime pas ça et je n’avais pas le temps », dit-elle riant.
Le jeune homme a déjà avoué à sa mère que son ambition est de travailler moins que ses parents. « Cela ne me dérange pas, si c’est son objectif. Je lui dis toujours : arrange-toi pour tracer ta voie. »
Force de caractère
Dès son adolescence, à l’âge de 13 ans, Isabelle Hudon décide de suivre son propre chemin. Elle veut apprendre l’anglais à North Bay en Ontario, dans un programme d’une durée de six semaines.


































































































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