Page 657 - Livre2_NC
P. 657
648 FESPACO/BLACK CAMERA/INSTITUT IMAGINE 12:2
d’Images (FIFI) ne s’achève, des femmes africaines de huit pays différents,
se sont réunies pour tracer une voie à suivre pour leur inclusion équitable
dans l’industrie continentale. L’objectif de cette démarche est le Hub des
femmes cinéastes africaines, une plateforme panafricaine conçue pour ac-
croître la capacité de production des femmes africaines et leur présence
dans le cinéma. Le projet est une idée de l’Institute of Creative Arts for Pro-
gress in Africa. Un groupe diversifié de réalisatrices du Zimbabwe, du Ma-
lawi, de Tanzanie, du Kenya, du Rwanda, de Côte d’Ivoire, du Sénégal et
du Ghana étaient présentes à la réunion.
Les participants étaient tous d‘accord sur un point: la nécessité pour les
femmes africaines de revendiquer leur place dans l’industrie cinématogra-
phique. Les femmes présentes dans la salle étaient toutes talentueuses, com-
pétentes et accomplies dans leur métier, mais elles ont toutes été confrontées
aux mêmes obstacles dans cette industrie dominée par les hommes. La réu-
nion leur a offert un espace sûr où elles ont pu partager leurs expériences
de travail dans l’industrie sur le continent avec des homologues masculins
qui refusent de reconnaître leurs capacités.
À l’étranger, les seuls rôles disponibles pour elles étaient ceux de réfu-
giées et de prostituées. Celles qui ont travaillé comme réalisatrices et scé-
naristes étaient toutes censées raconter des histoires qui renforcent les
stéréotypes. En tant que femmes africaines, elles ont été constamment
confrontées à la double peine d’être femme et noire. Les participantes ont
partagé leurs expériences du racisme, du sexisme et de la honte du corps.
Après s’être dressées contre cela, elles sont prêtes à être « radicales dans la
revendication de cet espace ».
Une participante a parlé des histoires positives des femmes qui sont
constamment enterrées. Le plus souvent, ces histoires sont remplacées par
des récits négatifs qui continuent de saper la place des femmes dans l’his-
toire et la société. Les réalisateurs présents au centre se sont tous engagés
à remettre en question la mauvaise représentation de femmmes dans l’in-
dustrie cinématographique afin de permettre aux femmes de raconter leurs
propres histoires et expériences.
La Commission africaine du cinéma audiovisuel (CETA) a également
été mise en avant lors de la réunion. La commission, depuis sa création en
avril 2016, est restée silencieuse sur les questions de genre et la représen-
tation des femmes. L’absence de voix des femmes dans le cinéma a été
notée comme une grande cause de préoccupation et les participants ont
convenu de rédiger une déclaration à l’Union africaine. Dans cette décla-
ration, ils demandent à l’UA d’aligner la commission sur l’Agenda 2063
en assurant l’inclusion équitable des femmes. La déclaration a été lue lors

