Page 51 - 1199 - RUGBYMAG - DEC 2020
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 BLEU HORIZON  I LES TOURNÉES DES BLEUS  Sans éclat  Capables   Détour  Ok  Pas facile  Brise-lames   Pas de routine   Desperados  Turban à  Alerte Bleue
 à Pretoria  au Cap  à Jo'bourg  à Auckland   dans le Pacifique  à Brisbane   en Argentine  à Colorado  Durban  chez les Blacks


 LES TOURNÉES DES BLEUS  I NOUVELLE-ZÉLANDE 1979
 Jour de gloire pour les Bleus de   qu’ils  peuvent  lutter  à  armes  égales  avec   ses côtés lorsque son sifflet libère tout le
 Philippe Dintrans le 14 juillet 1979        LES RÉSULTATS
          la bande de Graham Mourie en comblant le                                monde. La foule envahit la pelouse d’Auc-
          manque  d’agressivité  coupable  de  Christ-  DE LA TOURNÉE 1958        kland et célèbre cette équipe qui vient de
          church. Il faut faire également avec quelques                           faire  tomber  ses  héros  en  exhibant  un
          nouveautés  improvisées  sur  la  feuille  de   16 juin : France / Fidji 13-4  rugby de rêve. Une grève des pilotes re-
 Le nombre moyen de   match. Pour laisser la place à droite au néo-  20 juin : France / Marlborough 35-15  tarde le départ des Bleus et leur permet
 sélections des onze   phyte Daniel Dubroca, talonneur de métier,   23 juin : France / Waikato 15-18  de prolonger la fête dans le lobby de l’hô-
 joueurs alignés à l’Eden   Robert Paparemborde glisse à la gauche de   27 juin : France / North Auckland 16-3  tel. En atterrissant enfin à Tahiti ensuite,
 Park qui n’étaient pas de   la première ligne. Le numéro 8 Christian Bé-  30 juin : France / Wellington 14-9  ils perdent quelques heures de décalage
 l’inoubliable Grand Che-  guerie doit, lui, céder sa place Patrick Salas,   3 juillet : France / Hawke’s Bay 31-13  horaire et vivent ainsi un second 14 juillet.
 lem de 1977. Les quatre   pourtant  deuxième  ligne  de  métier,  après   7 juillet : France / Nouvelle-Zélande 9-23  Le succès historique de l’Eden Park valait
 joueurs à avoir réalisé   avoir réveillé sa blessure en serrant la main   10 juillet : France / Southland 11-12  bien deux fêtes nationales.
 les deux exploits sont   de Toto Desclaux le matin du match.  14 juillet : France / Nouvelle-Zélande 24-19
 Paparemborde, Rives,                        16 juillet : France / Tahiti 92-12
 Averous et Aguirre.
 1979,les Bleus





 OK À AUCKLAND




 LES 26 JOUEURS DE LA TOURNÉE 1979
 (16 juin au 14 juillet)

 Le jour de gloire est arrivé un   Guy Colomine, Daniel Dubroca, Robert Paparemborde, Philippe
 14 juillet… Pour la première   Dintrans, Jean-François Perche, Francis Haget, Alain Maleig,
 fois de son histoire, le XV de   Jean-François Marchal, Patrick Salas, Christian Béguerie, Jean-
 France triomphe en terre néo-  Luc Joinel, Jean-Pierre Rives, Yves Malquier, Jérôme Gallion,
 zélandaise (24-19). En tête de   Yves Lafarge, Alain Caussade, Guy Laporte, Jean-Luc Averous,
 défilé, Jean-Pierre Rives guide   Daniel Bustaffa (puis Patrick Mesny), Frédéric Costes, Laurent
 la révolte une semaine après   Pardo, Didier Codorniou, Michel Duffranc, Jean-Michel Aguirre,
 Serge Blanco.
 une démonstration all black à   Directeurs de tournée : Yves Noé et Jean Cazenave.
 Christchurch. Les Bleus écrivent   Hommes de terrain : Jean Desclaux, Jean Piqué
 à l’Eden Park d’Auckland une des   Les deux amis, Robert Paparemborde   Roger Courderc, commentateur pour la TV, était ce jour-là en direct
 plus belles pages de leur histoire.  et Jean-Pierre Rives ,en tenue de gala  d’Auckland pour faire vivre cette victoire historique du rugby français

 Quand on a vu ça, on peut mourir »,
 s’embrase  en  direct  et  de  l’autre   Jean-Pierre Rives pousse ses   Toto Desclaux. Il pousse ses troupes à la ré-  Le ballon virevolte   de Taylor pour le premier essai bleu. Jean-
 côté  du  monde  Roger  Couderc,   troupes à la révolte  volte, à l’émeute, vidéo de l’incurie de Christ-  de mains en mains  Pierre Rives arrache, lui, aux Néo-Zélandais
 presque vingt ans avant que Thierry   church à l’appui (une autre première). Dès le   un  ballon  qui  virevolte  de  mains  en  mains
 « Roland ne salue de la même envo-  Cette  grande  première  est  accompagnée   lendemain du revers, le troisième ligne tou-  Pour  la  première  fois  encore,  les  trois-  jusqu’à  Caussade  pour  le  deuxième  es-
 lée lyrique le sacre planétaire des   d’une foule de petits inédits. Antenne 2 a en   lousain  impose  un  footing  long  comme  un   quarts  sortent  s’échauffer  sous  la  pluie   sai. Il y a aussi les jongles de magicien de
 Bleus de Zidane et Deschamps. Ceux de Jean-  effet du flair en envoyant Roger Couderc et   jour  d’hiver  en  Nouvelle-Zélande.  Pendant   d’Auckland  et  reviennent  sous  les  applau-  Jean-Luc  Averous  ou  la  course  cinglante
 Pierre  Rives  éprouvent  la  même  allégresse   Pierre Albaladejo pour la première fois aux   six jours, les derniers retranchements sont   dissements d’une foule qui attend une résis-  de Codorniou pour les deux derniers. Il y a
 ce 14 juillet 1979. Un quart de siècle après le   antipodes.  Programmé  à  5  heures,  heure   atteints  lors  de  courses  en  forêt,  dans  les   tance plus coriace que celle proposée une   enfin ce sprint olympique du jeune Frédéric
 premier succès face aux All Blacks à Colombes   française,  le  match  est  retransmis  dans   ronces qui piquent guibolles et orgueil.   semaine  plus  tôt  sur  l’île  du  Sud.  Comme   Costes  qui  écarte  dans  son  en-but  la  der-
 (3-0 en 1954), une semaine après un premier   les  conditions  du  direct,  comme  en  plein   Philippe  Dintrans,  Patrick  Mesny  et  Didier   nière menace qui pèse sur l’exploit.
 Test  bâclé  à  Christchurch  (9-23),  les  Bleus   après-midi. Après  la  rencontre,  la  nouvelle   Des nouveautés improvisées   Codorniou,  Patrick  Salas  a  étrenné  sa
 renversent  le  roi  sur  ses  terres.  Encore  plus   se répand comme un défilé militaire qui en-  sur la feuille de match  carrière  internationale  sept  jours  plus  tôt   La foule néo-zélandaise
 amoureux de rugby que de leur équipe natio-  vahit  les  Champs-Élysées  un  14  juillet  :  le   à  Christchurch.  Comme  ses  quatorze  par-  célèbre cette équipe qui
 nale, les 60 000 spectateurs de l’Eden Park ac-  XV tricolore vient de vaincre l’invincible ogre   La colère de Jean-Pierre Rives prend encore   tenaires, il donne tout sur le pré de l’Eden   propose un rugby de rêve
 clament les Français, auteurs de quatre essais   all  black  dans  son  antre.  Pour  préparer  la   de l’épaisseur en milieu de semaine, après   Park, et même un peu plus encore. Impé-
 qui contribuent, aujourd’hui encore, à la grande   revanche suite à la défaite de Christchurch,   la deuxième défaite en six matches face aux   riaux en défense, lumineux en attaque, les   Pour  la  première  fois  encore  –  et,  jure-t-il,
 légende du French Flair. Pourtant, personne ne   Jean-Pierre  Rives  s’empare  du  gouvernail   provinces locales. Après un mois à vivre et   Français jouent comme des Blacks. Jérôme   pour  la  dernière  –  Philippe  Dintrans  enlace
 l’avait senti venir.   du navire, avec l’accord de l’amiral en titre,   s’entraîner  ensemble,  les  Tricolores  savent   Gallion contre avec autorité le dégagement   l’arbitre irlandais, J.R. West, qui se trouve à

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 50 Textes : Silvère Beau I Photographies : AFP / Photos                                                      51
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