Page 9 - Rebelle-Santé n° 220
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Nos lectrices et lecteurs fidèles connaissent le mouve- ment « Nous voulons des coquelicots », qui a comme objectif l’interdiction de l’utilisation des pesticides chimiques. Voici une des dernières alertes du mouve- ment, au sujet du SDHI, un fongicide. Bien entendu, les champignons qui se développent sur les cultures peuvent être dangereux, mais l’usage d’un tel produit l’est peut-être davantage encore :
« L’affaire des pesticides SDHI est très grave, mais cela ne doit pas nous impressionner. En résumé, elle est aussi très simple. L’Agence publique de sécurité sani- taire (ANSES) a donné ce qu’on nomme une Autori- sation de mise sur le marché (AMM) pour cette nou- velle classe chimique. À partir de 2013, les SDHI ont commencé à déferler sur la France, et désormais, sont épandus sur 80 % des surfaces de blé, les tomates, les pommes de terre, les arbres fruitiers, la vigne, les terrains de foot et de sport.
Ce sont des fongicides qui s’attaquent donc aux cham- pignons pathogènes. Mais leur cible est la fonction respiratoire de ces derniers, appelée SDH. Cette SDH existe chez tous les êtres vivants, dont les humains. Or, un scientifique de réputation mondiale, Pierre Rus- tin, spécialiste des maladies mitochondriales, a lancé une alerte spectaculaire dès octobre 2017 auprès de l’ANSES, qui s’est totalement tue pendant six mois. Rustin, rejoint par huit autres scientifiques de haut
rang, ont rendu publique cette alerte en avril 2018 parce que l’ANSES se taisait. Rustin a pu prouver que les SDHI ne s’attaquent pas seulement à la SDH des champignons, mais aussi à celle des vers de terre, des abeilles et... des humains. Avec de probables consé- quences dramatiques sur nous tous : maladies neuro- logiques graves, cancers. Bien sûr, pas demain, dans dix ou vingt ans peut-être.
Coincée, l’ANSES a réuni quatre experts dont trois ne connaissaient rien au sujet et le quatrième était lié au lobby des pesticides. Rustin a demandé à faire partie de ce Groupe d’expertise collective en urgence (GECU), mais l’ANSES a refusé. Le 15 janvier 2019, ces experts ont publié un rapport qui estime qu’il n’y a aucune raison, comme le demandaient les lanceurs d’alerte, de retirer du marché les SDHI. Et la situation est bloquée. Le petit groupe à l’origine du mouvement des Coque- licots pense que tous les groupes locaux doivent de- mander des explications aux autorités locales, à toutes les autorités locales. C’est-à-dire les conseillers munici- paux, les maires, les conseillers départementaux, les sé- nateurs, les députés. Et encore les Agences régionales de santé, les médecins et infirmières, les enseignants pourquoi pas. »
Infos : www.nousvoulonsdescoquelicots.org
SDHI : le mot des coquelicots
Rebelle-Santé N° 220 9


































































































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