Page 25 - Rebelle-Santé n° 222
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    LA CHRONIQUE DE PINAR
      NE VOUS ACCUSEZ PAS
Celui ou celle qui a trahi va essayer de vous faire endosser la respon- sabilité de la situation. Ne tombez pas dans ce piège. Vous pouvez être en partie responsable de pro- blèmes relationnels, mais cela ne justifie en rien la trahison. S’il y a des problèmes, on peut en parler, on peut même décider de se sépa- rer. Évidemment, toutes les sépara- tions sont difficiles, mais, pour le respect de votre histoire, il faut être honnête. La trahison est une autre
chose qui salit, qui déchire tout le passé partagé avec amour. Vous n’êtes pas responsable de cette action violente.
PARTAGEZ...
Oui. Ne tombez jamais dans le piège des « secrets privés », un mécanisme qui vous tire vers le bas et vous enferme. Notre perspective se rétrécit quand on est enfermé.e. Dans ces moments, les amies et amis sont précieux. Moi, je suis en- tourée de femmes extraordinaires,
et j’ai tout partagé avec elles. Cela n’apaise pas la douleur mais vous aide à y faire face. La complicité féminine est une vraie magie qui rend toutes les femmes tellement plus fortes ! En plus, la résistance collective amortit la violence du choc. En partageant votre expé- rience, vous apprenez à relativiser, vous réalisez que vous n’êtes qu’un petit point sur le grand tableau.
EXPRIMEZ-VOUS ET CRÉEZ...
D’abord, vous devez vous forcer à vous exprimer. Sans cela, rien ne se guérit. Analysez la situation en pre- nant du recul et partagez vos sensa- tions, parlez, écrivez à vos ami.es proches, à celle ou celui qui vous a trahi.e. Et laissez libre cours à votre créativité, exprimez-vous sur votre mur, dans votre jardin, dans la rue, en écrivant, en peignant, en dessi- nant, en chantant... Vous pouvez même transformer ces émotions en poésie.
Moi, j’ai écrit. Et je vais travailler sur ce premier jet dans l’idée de transformer mon texte en essai sur la trahison. Pour étoffer mon ana- lyse, je fais appel aux expériences de mes amies, je réfléchis.
Pour vraiment passer à autre chose, il faut, à mon avis, deux étapes : d’abord s’exprimer, ensuite créer.
PARTEZ, VOYAGEZ...
Éloignez-vous. Ce type d’histoires est un poison et y rester figé.e vous rend myope, incapable de voir au loin. Sortez, regardez l’horizon. Et quand vous aurez pris un peu de recul, retournez-vous sur la prison des habitudes qui vous enfermait. Découvrez d’autres voies. Mais donnez-vous le temps. Amusez- vous, mais ne faites aucun plan. Laissez-vous libre. Libre de vos habitudes, de vos souvenirs, de vos déceptions.
Laissez-vous, comme l’eau, couler tranquille pour retrouver finale- ment votre chemin.
Pınar Rebelle-Santé N° 222 25
   



















































































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