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LA CHRONIQUE DE PINAR
vasculaires. Aujourd’hui, on en est à la troisième vague, celle des hor- mones bio-identiques, et c’est un nouveau piège : « Chaque fois, face aux effets néfastes, les multina- tionales pharmaceutiques se font oublier pendant une dizaine d’an- nées, mais reviennent toujours, tant le filon est juteux. »
Aujourd’hui, on connaît de mieux en mieux les interactions entre les différentes hormones, leur action sur les cellules, le métabolisme et les organes. En l’occurrence, il existe deux différents récepteurs aux œstrogènes : les hormones naturelles du corps humain sti- mulent les récepteurs ER-alpha et les ER-bêta. Les œstrogènes de synthèse et les xéno-œstrogènes, appelés aussi perturbateurs endo- criniens, stimulent presque exclu- sivement les ER-alpha, ce qui aug- mente les risques de tumeurs dans les organes hormono-dépendants, d’inflammation et de diabète. La multiplication des xéno-œstro- gènes dans l’alimentation et dans l’environnement aggrave encore cette tendance.
Rina Nissim explique que « les hormones, dites bio-identiques, qui sont commercialisées aujourd’hui, sont en réalité des hormones semi- synthétiques, extraites des plantes, puis modifiées chimiquement. Leurs effets sur l’organisme dif- fèrent des hormones humaines. » Le terme « naturel » inscrit sur les traitements n’est qu’un leurre commercial, ces hormones n’ont rien de naturel. « Depuis 2006, les femmes ont employé davantage les œstrogènes bio-identiques en crème et la fréquence du cancer de l’endomètre est à nouveau à la hausse. » Ce n’est pas un hasard. Pour Rina Nissim, la stimulation accrue des récepteurs ER-alpha est à l’origine de ce phénomène.
Le « marché » s’infiltre partout, jusqu’à sacrifier notre santé. Et pour que les hormones de sub- stitution soient systématique- ment prescrites, les laboratoires
considèrent la ménopause comme une maladie. C’est ce que dénonce Rina Nissim : « Ainsi, la ménopause naturelle devient une maladie au même titre que le diabète... La médecine a inventé une nouvelle maladie pour ouvrir un marché à de nouveaux produits développés par des multinationales pharma- ceutiques. »
Estimant que les femmes ont le droit d’être informées en détail pour prendre en dernier ressort la décision qui leur paraît la meil- leure, elle fait le tour, dans son livre, de l’ensemble des traitements et moyens de prévention à la dis- position des femmes, en particulier des méthodes naturelles : phyto- thérapie, homéopathie, acupunc- ture, etc.
C’EST VRAIMENT
LA PÉRI-MÉNOPAUSE ?
Finalement, je ne suis peut-être pas encore concernée. En relisant La ménopause, j’ai appris des choses importantes... Et surtout, il ne faut pas tout de suite se précipiter sur les hormones de substitution. Ce que je n’ai heureusement pas fait (car je n’étais pas sûre d’être en péri-ménopause)... Finalement, ce dérèglement de mon cycle était sans doute dû à un choc émotionnel.
Cela m’est déjà arrivé quand on m’a emprisonnée, il y a 20 ans : au contraire, j’avais alors eu des sai- gnements abondants. Cycles et état émotionnel sont intimement liés.
LA MAGIE DE L’AMOUR...
Quelques jours après avoir fini de relire l’ouvrage sur la ménopause, il y a plus de deux mois mainte- nant, mon cycle a repris sa régu- larité. Sans doute parce que je suis tombée amoureuse... Je ne sais pas. En tout cas, encore une fois, après avoir lu Rina Nissim, je suis rassurée car, selon elle, « faire l’amour est une activité très saine. L’orgasme fait passer les douleurs de règles et il maintient la mu- queuse vaginale... Quant au désir, il « dépend plus de la nature de la relation et des circonstances que de l’âge. »
Quel que soit notre âge, profitons de la vie, y compris en période de péri-ménopause !
Moi, j’essaie juste d’écouter mon corps et de nager en dansant avec les vagues... Que c’est beau !
Pınar (1) Rina Nissim, Éditions Mama-
mélis, 2015
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