Page 15 - Rebelle-Santé n° 225
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      et qui repartaient en lui donnant la main, en racontant leur expérience de plantation. Ce sont de très belles rencontres. Il y a quelques semaines, nous avons planté dans un institut médico-éducatif, avec des ado- lescents déficients. Nous avons fait financer la forêt par des entreprises mécènes. Les mécènes sont venus planter avec les adolescents, en binôme. Cela a donné des rencontres absolument fabuleuses que les éduca- teurs n’auraient jamais imaginées.
Vous développez aussi une dimension plus sensible avec les arbres ?
Nous proposons également des sorties en forêt, avec une double approche. J’ai une approche scientifique, mythologique. Je peux parler de la paléontologie pour revenir jusqu’à nos jours et apprendre aux gens à iden- tifier les arbres. Et puis, dans un 2e temps, Stéphanie développe un atelier sensitif pour prendre contact avec l’arbre. Par exemple, les enfants ont bandé les yeux de leurs parents et les ont guidés dans la forêt pour toucher l’écorce, la mousse, et ressentir vraiment ce qu’est un arbre. Un peu comme le font les Japonais, nous amenons les gens au cœur de la forêt pour qu’ils sentent cette vibration.
Quel est la vie de la forêt après la plantation ?
Beaucoup de forêts qui sont plantées artificiellement, notamment pour le greenwashing (procédé de marke- ting utilisé par les entreprises pour se donner une image écologique et responsable NDLR), vont dépérir rapi- dement par manque de soins au cours des premières
années, ou parce que les essences plantées n’auront pas été les bonnes. Il est essentiel pour nous de faire entretenir les forêts par les habitants du quartier. On explique donc aux volontaires les bonnes pratiques : enlever quelques adventices au printemps et à l’été pour qu’elles n’entrent pas en concurrence avec les jeunes pousses, mais aussi faire attention lors des grandes chaleurs et arroser un peu les deux premières années. Nous avons créé une plate-forme en ligne où les gens pourront nous envoyer tous les 4 mois une photo de la forêt et des mesures d’arbres témoins pour suivre l’évolution de la plantation.
Que doit faire une commune qui veut créer une Mini Big Forest ?
La ville doit disposer d’un terrain suffisamment vaste pour pouvoir accueillir cette petite forêt, Il faut au moins 200 m2. Il y a quelques précautions à prendre : qu’il n’y ait pas de réseaux, de câbles, de canalisa- tions qui passent dessous. Que ce soit suffisamment éloigné des bâtiments. Ensuite, il n’y a plus qu’à pas- ser à l’étude des projets. Nous intervenons alors pour envisager, co-créer avec la collectivité et les habitants et voir quelle forme donner à cette forêt.
Christophe Guyon
Plus d’info :
www.minibigforest.com www.facebook.com/minibigforest
Sur le projet indien : www.afforestt.com
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ENVIRONNEMENT
 




















































































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