Page 14 - Rebelle-Santé n° 225
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Quelle est la répartition des arbres à l’intérieur de la mini forêt ?
On quadrille la forêt, et dans chaque mètre carré, on plante les trois strates de la forêt. On met en terre un arbrisseau, un arbre de taille moyenne et un grand arbre. L’idée est de court-circuiter les successions qui s’étalent sur des années dans le milieu naturel, pour stimuler une compétition, une croissance et une coo- pération entre les arbres. Cela recrée un écosystème assez rapidement.
Vous créez une dynamique vivante ?
Exactement. On recrée une coopération, en favorisant le retour des auxiliaires (1). On sait qu’un arbre comme un chêne a environ 300 auxiliaires. En multipliant les essences, on évite les effets ravageurs d’une maladie dans une forêt en monoculture. Et puis, cela réintro- duit la diversité à tous les niveaux, puisque chaque essence d’arbre va attirer ses propres auxiliaires, ses propres champignons, ses propres lichens, sa propre flore. En ville, en partant de rien, ce principe va géné- rer beaucoup de biodiversité.
La dimension humaine est importante également dans votre projet...
C’est notre seconde vocation. Nous cherchons à ame- ner les urbains vers une reconnexion à la nature à
travers la plantation d’un arbre. Nous avons eu le coup de cœur pour cette méthode, mais en même temps nous avons réalisé que l’humain a besoin de se recon- necter à la nature. Lorsque l’on plante un arbre, c’est une occasion incroyable de se relier à la terre et d’éta- blir un lien, souvent très fort, avec cet arbre.
Comment impliquez-vous les citoyens dans vos projets ?
Avant chaque plantation, nous organisons des ren- contres dans les maisons de quartier, les écoles, les EHPAD, avec toutes les personnes à proximité de la future forêt. Nous sensibilisons les gens à ce qui va se passer sur leur espace urbain. Nous présentons la mé- thode et nous recrutons des bénévoles. À travers des ateliers en classe, nous expliquons aux enfants pour- quoi l’on plante, ce qu’est un arbre, comment il vit, et qu’un arbre et une forêt sont de petites communautés, comme leur classe. Nous provoquons ces prises de conscience avant d’aller sur le terrain pour planter.
La plantation doit être un grand moment...
Les réactions sont incroyables. On a travaillé avec une école en zone prioritaire avec des enfants qui étaient un peu turbulents en classe. Le jour où l’on est arri- vés sur le terrain avec eux, ça a été incroyable. Ils ont planté 400 arbres en une matinée. Il y a des enfants qui n’avaient quasiment jamais parlé à leur maîtresse
(1) Auxiliaires : ce sont les êtres vivants (insectes, flore, champignons...) qui aident accessoirement ou temporairement une plante ou un arbre.
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