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En bref par Sophie Lacoste
Parfois, les bonnes intentions ne suffisent pas et, en voulant bien faire, on se trompe. Ainsi, qui au- rait pensé qu’installer une ruche chez soi pouvait être une mauvaise idée ? Or, si vous habitez en ville, c’est le cas. Aujourd’hui, tout le monde ou presque rêve de faire son miel et, au passage, de sauver les abeilles (et réciproquement). Mais voilà, en moins de 3 ans, le nombre de ruches à Paris, par exemple, a « flambé », passant de 600 à 1500 et c’est à peu près partout pareil dans les villes françaises. Malheu- reusement, le nombre des fleurs n’est pas exponentiel en ville et, même si les plantations de fleurs mellifères sont régulièrement en- couragées par les associations de
préservation de l’environnement, l’affluence de l’Apis mellifera, l’abeille que l’on installe dans ces ruches, prive les autres espèces de nourriture. Et la biodiversité est en danger. Car il existe mille espèces d’abeilles différentes. Et on multi- plie les colonies de la plus résistante d’entre elles, l’abeille domestique qui butine sans difficultés toutes les variétés de fleurs ou presque, qui vit en grande colonie et fabrique le miel. Résultat : chez les autres, sau- vages, souvent solitaires ou vivant en petits groupes, qui ne peuvent parfois se nourrir que d’une sorte de fleurs, c’est la disette.
Une chercheuse en écologie de l’université Diderot, à Paris, a mon- tré que, plus les fleurs sont visitées
parlesabeillesdomestiques,moins elles le sont par les sauvages, car les abeilles domestiques ne leur laissent rien à manger. Si l’on veut réellement préserver la biodiversi- té, il est urgent de cesser d’installer des ruches en ville, et même d’en enlever (à Paris, il faudrait passer à moins d’une ruche au kilomètre carré contre 15 actuellement)... Plusieurs villes de France ont déjà pris des mesures ou sont en train d’en mettre en place en interdisant de nouvelles installations de ruches sur le domaine public (Besançon, Metz, Lyon...) et chacun d’entre nous est concerné. Si vous habitez en ville, n’installez pas de ruche sur votre balcon, votre toit ou dans votre jardin...
Manger mieux : la campagne nationale
Plus de diesel, moins de cheveux
Voilà une conséquence de la pollution dont on n’avait pas encore entendu parler : la pol- lution augmente les risques de calvitie. En effet, les particules fines du diesel réduisent les taux de protéines essentielles à la croissance capillaire.
Depuis le 22 octobre dernier, Santé Publique France, organisme national, lance une campagne d’incitation à mieux manger, c’est-à-dire à consom- mer davantage de féculents complets et de légumes secs, de produits mai- son plutôt qu’industriels, de fruits et légumes... De bons conseils, certes, mais qui manquent un peu de préci- sion... En effet, ce sont de « grandes règles » auxquelles on pourrait ajouter, d’office, qu’il faut choisir au maximum des ingrédients bio, locaux et de saison. Mais aussi que nous sommes tous différents et que si,
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évidemment, il est essentiel de mettre une part conséquente de fibres dans notre alimentation, elles doivent être « douces » pour les intestins fragiles (par exemple des végétaux cuits et non crus). Par ailleurs, certaines personnes ne supportent pas les « fodmaps » (de mini sucres très présents dans les légumineuses comme le pois chiche, ou dans l’ail et l’oignon). C’est donc àchacundemettreenpratiquelesre- commandationsenlesadaptantàson cas personnel et, surtout, en écoutant les réactions de son organisme et en fonction de ses goûts.
Trop de ruches en ville