Page 122 - Rebelle-Santé n° 195
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HOMÉOPATHIE
Galerie de portraits
Je suis Argentum nitricum
l’impatience personnifiée
L’angoisse de l’immobilité lui appartient : hyper stressé, rapide, Argentum nitricum est attachant et
agaçant !
Ma philosophie de vie
uPas une milliseconde à perdre ! Je ne supporte absolument aucun retard de quiconque ou de quoi que ce soit. Et suis moi-même ultra ponctuel pour les mêmes raisons. Le simple fait d’imaginer que je puisse arriver 2 minutes après l’heure du rendez-vous me fait bal- lonner et me donne des aigreurs !
uBébé, je suis né prématuré. For- cément ! Enfant, j’étais ultra turbu- lent, brouillon, terminant l’exer- cice demandé par la maîtresse avant même qu’elle ait fini de lire l’énoncé (et donc je devais recom- mencer puisque j’avais fait n’im- porte quoi). Adulte, ça ne s’est pas arrangé : je parle à toute vitesse, arrive en avance partout, suis le premier à démarrer au feu (avant même qu’il passe au vert), etc. Par conséquent, ma vie est « inégale ».
uAu boulot, je suis scrupuleux et je peux rendre un super travail, en plus en avance... mais si j’an- goisse, tout part en vrille et je perds mes moyens. Or, j’ai une longue liste de peurs qui confinent parfois à la phobie, notamment le vertige (peur du vide), peur des autres (mais aussi de la solitude), peur que des pots de fleurs me tombent dessus dans la rue, que l’ascenseur qui me tient prisonnier s’écrase...
u Je suis tout sauf zen : je ne pro- fite jamais du moment présent, pourtant agréable, mais j’anticipe en permanence demain (ou dans un mois). Si je suis inscrit à une course, j’ai peur d’y aller (alors que tout se passera bien, comme d’ha-
bitude). Un examen, un oral, une intervention chirurgicale ? Pareil. Un voyage, idem. Enfant, j’anti- cipais (dans l’anxiété) la rentrée scolaire, les vacances chez papi- mamie, le carnet de notes, etc.
À table
uJ’adoooore le sucre, le choco- lat, les douceurs. Que je ne digère pas, hélas. Mais tant pis, je dois en manger (à toute vitesse, bien en- tendu), ça m’apaise. En fait, c’est ça, je mange pour m’apaiser.
uJ’ai souvent tendance à grigno- ter, et même à manger de grosses quantités de nourriture en dehors des repas. Quand je commence quelque chose de bon, j’en en- gloutis des tonnes : chez le mar- chand de glace, impossible de prendre une simple, il me faut di- rect quatre boules, qu’évidemment je regretterai par la suite : mal au ventre, diarrhées...
uLe tout pouvant mener à un surpoids, d’ailleurs – heureuse- ment que, d’un autre côté, mon anxiété me fait « brûler ». J’aime beaucoup toutes les boissons chaudes – café, thé, tisane, citron chaud, vin chaud, chocolat...
Mon apparence
uRien ne doit entraver mes mou- vements. En plus, j’ai tendance à transpirer à cause du stress, donc rien de serré ! J’aime l’air, le frais. Pour calmer mon anxiété, je fume. Les deux réunis me donnent un aspect plus vieux que mon âge.
Mes proches
uC’est sûr, l’entourage doit être patient et compréhensif car je ne suis pas forcément facile à vivre.
C’est à cause de mon hyperémo- tivité. Côté pile, je me sens à fond, au top, plein d’énergie, prêt à tout (sport, voyages...). Mais à peine ai- je un projet que les doutes m’as- saillent. Par exemple, les vacances. Déjà, j’ai facilement l’impression d’être enfermé, coincé. Dans un train, un métro, un bus et même ma voiture, passer dans un tunnel est une épreuve, je ne parle même pas de l’avion, qui cumule deux de mes plus grandes craintes : l’enfermement et le vide dessous. Mais curieusement, les grands es- paces me donnent aussi des sensa- tions d’étouffement, d’éboulement (la montagne par exemple, si je ne suis pas tout en haut... c’est sûr elle va me tomber dessus) ; la mer, si vaste... ce monde est si grand ! Je marche vite bien sûr, très vite, et mes proches râlent qu’on ne pro- fite de rien, qu’on « n’a jamais le temps » avec moi. Mais c’est tout l’inverse, je cours tout le temps pour justement qu’on puisse faire et dire le maximum de choses en un minimum de temps ! D’ailleurs je passe ma vie à regarder l’heure (enfant je demandais tout le temps « on arrive bientôt ? » « Il est quelle heure ? » (et cinq minutes après « et là ? »).
uL’amour ? Haaa, l’amour. Oui, mais l’être aimé peut aussi être ce- lui qui fera souffrir, donc méfiance. Et au lit, pas de surprise : monsieur est rapide (parfois jusqu’à l’éjacu- lation précoce), madame voudrait que ce soit fini presque plus vite... ne serait-ce que pour pouvoir re- commencer.
uAu quotidien, c’est pesant. At- tention aux escaliers, on peut tom- ber ; à la piscine, on peut se noyer ; à la foule, on peut être écrabouil- lé ; je ne dis trop rien pour ne pas communiquer mon anxiété,
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