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Chronique
Sentiments aveugles
Seulement voilà, un accident va tout changer et la demoiselle va
chuter violemment de son piédestal. Elle va découvrir la disgrâce,
l’abandon et la solitude. De quoi tout remettre en perspective et
réenvisager son avenir, parce que tout va s’effondrer : les
convoitises matérielles qui lui étaient destinées lui sont à présent
refusées. Pas le choix, elle va devoir choisir entre réorganiser son
existence ou se laisser mourir. Ça vous paraît too much ? Pas tant
que ça, c’est tout à fait dans le goût du mélodrama de l’époque.
Croyez-moi, comme je vous l’ai dit, j’en connais un rayon.
C’est une rencontre fortuite qui va peu à peu lui redonner le sourire
et l’aider à reconsidérer sa place dans le monde. Peu à peu, on
assiste au réveil d’une jeune femme altruiste qui échappe à sa
société et au conditionnement qui l’a façonnée. L’amour, l’empathie
et une toute nouvelle combativité vont métamorphoser la jeune
femme. Et elle n’a pas le choix, le temps lui est compté pour ne pas
être écartée purement et simplement de la société, pour prouver
aussi, que sa vie ne s’arrête pas là : qu’elle peut encore prétendre à
faire quelque chose de son destin, même s’il n’est pas celui attendu
dès le départ.
En bref :
C’est beau, mélancolique, poétique… on retrouve entre ces lignes
ces femmes de la Monarchie de Juillet, puis du Second Empire qui
ont tant inspiré les grands auteurs de la fin du XIXe siècle. Tantôt
passive du fait de leur condition, tantôt revanchardes, prêtes à tout
pour exister.
La plume douce-amère de l’auteure laisse ici transparaître sa force,
sa bonté d’âme, mais aussi sa tristesse face à un monde pétri de
superficialité, autrefois comme aujourd’hui. Ce roman, parfois
bouleversant est un éloge de la sincérité et de la générosité.