Page 44 - Black Beautés Magazine
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IL FAUT QU’ON
ARRÊTE DE SE
MENTIR !
Nos cheveux n’ont jamais été une “mode”.
Et pourtant, c’est exactement comme ça
qu’on continue de les traiter.
Il y a quelques années, le “retour au
naturel” a été présenté comme une
révolution, une prise de conscience, une
libération. Mais en 2026, la question n’est
plus là. La vraie question, c’est :
Pourquoi parle-t-on encore de
nos cheveux comme d’un sujet ?
Pourquoi doivent-ils toujours être expliqués, “Les cheveux texturés, dans leur état
justifiés, décodés ? naturel, sont beaux, dignes, professionnels
Dans les magazines, sur les réseaux, dans les
campagnes, les cheveux afro sont omniprésents. et n’ont pas à être excusés.”
Mais regardons de plus près. Ce sont toujours les
mêmes textures toujours les mêmes boucles Avant, il fallait lisser pour être acceptée.
parfaitement définies, toujours les mêmes afros Aujourd’hui, il faut être naturelle… mais parfaite.
“maîtrisés”. Une esthétique acceptable, filtrée Hydratée, définie brillante, instagrammable.
rassurante.
Le naturel est devenu une performance.
Et cette pression, elle est insidieuse.
Mais où sont les cheveux crépus bruts ? Parce qu’elle se cache derrière un discours de
Les textures non “coiffées” ? liberté mais est-ce vraiment de la liberté si l’on doit
Les matins sans définition, sans gel, sans contrôle ? encore correspondre à une image ?
Même dans notre propre narration, quelque chose
persiste : l’idée qu’il faut encore rendre nos cheveux La vraie évolution aujourd’hui, c’est de ne plus avoir
“présentables”. Et la réalité, c’est que cette pression à choisir une case. Porter un afro un jour, une
n’existe pas que dans l’ombre, elle est publique.
perruque le lendemain, des braids la semaine
suivante, un lissage occasionnel sans justification,
Quand Coco Gauff apparaît dans une campagne sans discours et sans regard extérieur qui valide ou
pour Miu Miu, sans maquillage appuyé et avec ses invalide. Peut-être que la vraie liberté commence là.
cheveux naturels, la marque, elle, ne recule pas. Elle Quand nos cheveux cessent d’être un symbole.
valide, elle expose, elle assume. Quand ils redeviennent simplement… les nôtres.
Mais ce sont les regards extérieurs qui réagissent :
Trop simple, pas assez “soignée”, pas assez Et peut-être que le vrai luxe, aujourd’hui, ce n’est
“professionnelle”... pas d’avoir les “bons” cheveux.
Des critiques qui ne disent pas tant quelque chose C’est de ne plus jamais avoir à s’expliquer.
de la campagne…mais tout du regard porté sur les Parce qu’au fond, nos cheveux n’ont jamais été le
femmes noires. Car le problème n’est plus l’accès au problème.
luxe. Le problème, c’est ce que certains refusent Le problème, c’est le regard qu’on a posé dessus.
encore d’y voir. Face à cela, la joueuse de tennis Et ça, enfin, on peut le changer.
Coco Gauff rappelle l’essentiel :

