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             Lundi 11 Novembre 2019

                                                                               FICA

                       PROJECTION EN AVANT-PREMIÈRE




                              DU FILM “LA FAUSSE SAISON”



             Le film “La fausse saison” du réalisateur Embarek Menad, un court‐métrage traitant du phénomène de la violence dans la société, sera pro‐
              jeté aujourd’hui en avant‐première dans le cadre de la 10ème édition du Festival international du film d’Alger (FICA) qui s’est ouverte ven‐
                                                       dredi à la salle Ibn Zeydoun, a‐t‐on appris du réalisateur.
                                                                                                                        ment d’”un instant” de sa vie passée. Agé
                                                                                                                        d’à peine 20 ans, il n’a d’autre désir que de
                                                                                                                        donner un sens à sa vie.
                                                                                                                        La précarité sociale de sa famille et sa vul-
                                                                                                                        nérabilité sur le plan affectif en font une
                                                                                                                        proie facile des discours jihadistes enflam-
                                                                                                                        més lui offrant la conviction d’être du côté
                                                                                                                        des “justes” et de la “vérité”.
                                                                                                                        L’attentat devait avoir lieu le jour même où
                                                                                                                        l’écrivain-journaliste Tahar Djaoût a été as-
                                                                                                                        sassiné, mais le vol d’un pigeon bouleverse
                                                                                                                        le cours des évènements. Djamel, issu d’un
                                                                                                                        quartier populaire, amoureux des oiseaux,
                                                                                                                        secoué par cette irruption, renonce à met-
                                                                                                                        tre fin à la vie de ce “dévergondé” voisin.
                                                                                                                        Pour le réalisateur, également auteur du
                                                                                                                        scénario du film, derrière le tout, il y a
                                                                                                                        l’Homme. “Tout homme a besoin d’une
                                                                                                                        cause pour affirmer ses convictions et toute
                                                                                                                        cause peut transfigurer l’Homme”, a-t-il
                                                                                                                        soutenu, soulignant vouloir, à travers cette
                                                                                                                        production, “attenter au cliché du +terro-
                                                                                                                        risme bien ficelé+”. “On ne naît pas tueur
                                                                                                                        et, en chacun de nous, peut sommeiller un
                                                                                                                        monstre qui peut surgir à tout moment. Un
                                                                                                                        monstre qu’on peut aussi tuer” a-t-il ob-
                                                                                                                        servé. Interprété par de jeunes acteurs,
                                                                                                                        dont Oussama Boudechiche, qui campe le
                 a trame de l’opus de 17 minutes se  journaliste-écrivain Tahar Djaout, le 26 mai  un attentat contre un chanteur de cabaret,  rôle de Djamel et dont c’est la première ex-
                 déroule dans un quartier populaire de  1993. Elle met en scène l’histoire d’une  (Aziz) qui est son voisin, pour prouver sa  périence cinématographique, le film est
            Lla banlieue d’Alger durant la décennie  jeune recrue des groupes terroristes (Dja-  “loyauté à la cause”, mais qui sera neutra-  produit par une boite privée avec le soutien
            1990, exactement, le jour de l’assassinat du  mel), choisi par ses “frères” pour perpétrer  lisé au moment de l’action par le surgisse-  du ministère de la Culture.
                                                                  Foire du livre de Sharjah

                         Présence timide du livre algérien en l’absence de ses éditeurs

            La Foire internationale du livre de  d’y participer même si certains ar-  leurs publications et les écrivains
            Sharjah (Emirats Arabes Unis), qui  rivent à se faire représenter par  qu’ils souhaitent mettre en avant
            a débuté le 30 octobre dernier,  leurs pairs d’autres pays, d’où la  pour des prix littéraires.
            connait la participation de plus de  présence timide du livre algérien
            2000 éditeurs issus de plusieurs  si ce n’est quelques titres coédités  Ahlam Mosteghanemi,
            pays mais en l’absence des édi-  avec des éditeurs arabes, a-t-on
                                                                      star de la foire de Sharjah
            teurs algériens.             constaté à travers les différents
            La Foire de Sharjah, Capitale mon-  stands de cette foire.  Les écrivains algériens tentent
            diale du livre 2019, coïncide avec  En manquant à l’appel lors de ma-  d’avoir une place dans les mani-
            le Salon international du Livre  nifestations livresques de grande  festations culturelles arabes, no-
            d’Alger (SILA), qui reste pour les  envergure dans le monde, les édi-  tamment les foires du livre, dont
            éditeurs algériens l’unique occa-  teurs algériens demeurent “confi-  celle de Sharjah qui attire des
            sion pour présenter et commer-  nés localement”, par conséquent  centaines d’auteurs, de journa-
            cialiser leurs productions, alors  le livre algérien reste sans visibi-  listes et d’intellectuels de tous les
            que beaucoup d’éditeurs arabes  lité à l’extérieur et l’auteur privé  pays. Le romancier El-Habib  Sharjah, où nombreux sont les  Delbani, Sara Nems entre autres.
            mettent à profit ces deux rendez-  d’un lectorat plus large, estiment  Sayeh est programmé à ce ren-  stands qui rivalisent pour capter  En outre, beaucoup de maisons
            vous parallèles pour le faire, selon  les observateurs.   dez-vous pour animer une confé-  son lectorat.            d’édition arabes exposent des ou-
            les professionnels de l’édition  L’absence de l’éditeur algérien  rence sur la littérature africaine et  La romancière a eu une rencontre  vrages universitaires algériens,
            dans nombre de pays arabes.  reste donc la cause directe de  l’écrivain Waciny Laaradj à une  ouverte avec le public avec lequel  notamment des thèses et des
            Pénalisé par une législation “ina-  l’absence du livre algérien sur la  autre sur les ateliers de l’écriture.  elle a évoqué, à travers les ré-  études dans les domaines de la
            daptée” en ce sens que l’exporta-  scène culturelle et littéraire arabe,  Parmi les noms connus partici-  ponses à leurs questions, la situa-  linguistique, la critique, la philo-
            tion du livre est soumise aux  au moment où l’Algérie enregis-  pant à la Foire internationale du  tion au monde arabe et l’impasse  sophie et la sociologie. 
            mêmes lois que des produits et  tre, chaque année, une croissance  livre de Sharjah, la poétesse et  politique dans laquelle se trou-  Toutefois, les auteurs de ces ou-
            des marchandises non culturels,  en nombre de publications et de  écrivaine Rabia Djelti a pris part à  vent tous les pays arabes. Elle a  vrages n’ont pas la possibilité de
            l’éditeur algérien se voit privé de  lectorat, une situation qui amène  la cérémonie d’ouverture ainsi  abordé, aussi, ses peines et rêves  connaitre les ventes réelles ni le
            représenter son pays dans les dif-  les écrivains à rechercher des édi-  que l’écrivain Abderrezak Bou-  transmis à travers ses écrits.  respect par l’éditeur étranger des
            férentes  manifestations  li-  teurs arabes.              keba.                        Parmi les livres algériens présents  obligations contractuelles, étant
            vresques.                    Par ailleurs, les éditeurs arabes  La romancière Ahlam Mostegha-  à travers des maisons d’édition  donné que les livres académiques
            Pour la Foire internationale du  misent sur la forte présence des  nemi reste la star incontestée de  arabes, il y a lieu de citer Amine  sont peu médiatisés en dépit de
            livre de Sharjah, l’éditeur algérien  critiques et des médias à cette  toutes les manifestations li-  Zaoui, Mohamed Djaâfar, Ahmed  la forte demande de la part de
            ne s’est pas vu offrir la possibilité  manifestation pour promouvoir  vresques arabes, y compris à  Taibaoui, Bachir Mefti, Ahmed  leurs lecteurs.
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