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             Mardi 18 Févrierr 2020

                     Tizi Ouzou                                                              Tiaret
                   Projection en

                 avant première                              COUP D'ENVOI DE LA

             nationale de «vent                 MANIFESTATION «JOURNÉES

               divin» de Merzak

                       Allouache                            DU THÉÂTRE DE RUE»

            Le dernier film long métrage
            du réalisateur  Merzak Al-    Le coup d'envoi des «journées de théâtre de  rue» a été donné, en début de cette semaine à la maison de culture
            louache «vent divin», a été
                                             «Ali Maachi» de Tiaret,  avec la participation de trois associations culturelles spécialisées dans  le 4e art.
            projeté en avant première  na-
            tionale à la cinémathèque de         rganisée par l'as-
            Tizi-Ouzou, en présence du           sociation «Art et
            réalisateur.                  Oculture», en coor-
            L'oeuvre d'une heure et 36 mn,  dination avec la  maison
            en noir et blanc, dissèque la  de culture et la participa-
            tragédie du  terrorisme, vécue  tion du ministère de la
            par l'Algérie dans les années  culture dans le  cadre du
            1990, à travers le destin  tra-  soutien financier aux asso-
            gique de deux jeunes, Amine   ciations culturelles, la ma-
            et Nour, obnubilés par le radi-  nifestation  s'étale sur
            calisme  religieux et destinés  deux jours et vise à créer
            au sacrifice. Amine, incarné par  un climat culturel de
            Oughlis Mohand, personnage    haute facture  et à relancer
            «effacé» parvient grâce à  son  le théâtre et initier de
            attachement à la vie et son   nouvelles lectures dans ce
            refus de mourir à  tenir tête à  domaine  culturel, a indi-
            Nour,  campée par Sarah Lay-  qué le directeur de la cul-
            sac (franco-algérienne) qui   ture de la wilaya de Tiaret,
            était elle «une machine de    Mohamed Sahnoune dans
            guerre». Un clin d'£il au radi-  une allocution d'ouver-
            calisme qui touche aussi la   ture.                  tion de cette  manifesta-  metteur en scène Habib  ville de Tiaret, indique-t-  ture».
            gente féminine.               De son côté, le directeur  tion culturelle est un pas  Tahar Chaouche, président  on. Il s'agit de  la coopéra-  Deux conférences sont
            Lors du débat ayant suivi la  de la maison de culture  vers la valorisation de ce  de l'association  culturelle  tive  «halqa»  qui  également au programme
            projection, Allouache qui a   «Ali Maachi» de Tiaret,  patrimoine. La cérémonie  «Art et Culture» de Tiaret,  présentera la pièce «kane  de cette manifestation sur
            avoué être resté  sur sa faim en  KadaKabiz a indiqué que  de lancement de cette  ont été honorés.   ya makane» (Il était  une  «le théâtre de rue entre et
            n'ayant pas pu tourner cer-   «le théâtre de rue est un  manifestation a vu l'ou-  Les associations partici-  fois) et l'association cultu-  création et développe-
            taines séquences, a indiqué   patrimoine  immatériel  verture  d'ateliers de for-  pantes à cet événement  relle «El Kheima khadraa  ment» animé par le Dr
            avoir  voulu revenir à travers ce  ancré dans les rues algé-  mation sur le théâtre et, à  culturel présenteront des  el djazaïria» avec  la pièce  Mohamed Smaïn de l'uni-
            film sur « le spleen de la jeu-  riennes et la société tiaré-  cette occasion, des ar-  créations théâtrales au ni-  «Ezzamane laouedj», ainsi  versité de Chlef et «le
            nesse qui veut se  battre mais  tie à travers la halqa,  la  tistes,  ainsi que la troupe  veau de la place jouxtant  qu'une animation théâ-  théâtre de la halqa en-
            pas mourir».  S'agissant du   waâda et les marchés»,  théâtrale ayant participé à  la maison de la culture  et  trale pour enfants  par  gagé»  par l'artiste du
            choix noir et blanc, il a affirmé  ajoutant que l'organisa-  «l'Odyssée 132 ans» du  la place des martyrs de la  l'association «art et cul-  théâtre Charef Berkani.
            que « c'est un choix  personnel                       Hommage aux pionniers
            pour éviter de verser dans le
            folklore et l'exotisme de la
                                            de la radio nationale d’expression kabyle
            beauté  du Sahara et d'oublier
            ce que je voulais dire à travers
            le film». Affirmant s'inscrire  Un émouvant hommage a été  et de la langue kabyle à travers ce  cherche. «Nous avions décidé,  dioont été, également, produit
            dans «un cinéma de la simpli-  rendu à Tizi-Ouzou aux pionniers,  supportmédiatique qui était le  Mohamed Guerfi et moi-même  lors de cette rencontre par Bou-
            cité qui va à l'essentiel  pour  hommes et femmes, ayant mar-  plus accessible à l’algérien par les  de répondre à cettesollicitation  guermouh Djamilaet Djida Tha-
            décrire la société algérienne»,  qué l’histoire de laradio nationale  temps passés»,a considéré M.  en constituant d’abord un fond  mechtohth,  anciennes
            le réalisateur de Omar Guetla-  d’expression kabyle, lors d’une  Bacha lors de son allocution.  documentaire pour la radio  journalistes et animatrices de la
            tou a  déploré par ailleurs, «la  rencontre autour du livredu jour-  L’opus de 290 pages écrit en ka-  etaussi de le transcrire. Mais les  radio.La femme algérienne, ont-
            réalité du cinéma national qui,  naliste Bacha Boukhalfa, «Chfa-  byle rapporte la transcription  évènements tragiques vécu par le  elles témoigné, «s’est émancipée
            malgré, les  moyens mis dans  wat  n   radio  n-teqbaylit»  d’unetrentaine d’interviews ra-  pays àl’époque ont mis en veil-  grâce à la radioqui à son tour a
            la production d'un cinéma     (souvenir dela radio Kabyle).   diophoniques avec des anima-  leuse le projet jusqu’en 2001,  beaucoup bénéficié de l’apport
            d'événements manque de        L’existence même de cette chaine  teurs et journalistesdont le  date à laquelle nousavons repris  de la femme qui par soncourage,
            l'essentiel : La disponibilité de  de radio en langue kabyle était  parcours et la carrière se confon-  l’idée et réalisé les premiers en-  sa voix et son désir de réussite lui
            salles pour la diffusion».  A ce  «unerésistance qui avait son pe-  dent avec l’Histoire de la radiona-  tretiens», raconte-t-il.  a beaucoup donné».
            propos, Salim Aggar, directeur  sant dans le contexte de la réalité  tionale d’expression kabyle, à  Après un retour d’écoute intéres-  Elles ont, à l’occasion, rendu un
            du centre algérien de cinéma-  coloniale del’époque», ont sou-  l’exemple  d’Arab  Ferroudja,  sant à la diffusion de l’émission  vibrant hommage à Madame La-
            tographie  (CAC), présent à   tenu à l’unanimité les interve-  ChikhNoureddine, Zina Kediem,  du mêmeintitulé, «Chfawat n  farge qui aété «à l’origine de la
            cette projection, a indiqué que  nants à cette rencontreorganisée  Amar Ouyakoub, Malek Ouari, Ali  radio n-teqbaylit», «il y a eu le re-  présence et l’émergence de la
            son organisme organisera      à l’occasion de la journée mon-  Lamrani etd’autres.     tour à l’idéepremière qui était de  femme à la radio»,ont-elles sou-
            prochainement des cycles de   diale de la radio, en évoquant  L’idée, a-t-il précisé, avait germé  produire un support écrit et nous  tenu.La rencontre a été aussi
            projection des oeuvres de Al-  lespionniers de la radio d’expres-  au début des années 90, à la fa-  avions alors optépour la trans-  marquée par une exposition sur
            louache à travers  les 12 salles  sion Kabyle qui remonte au  veur dela création du départe-  cription des entretiens en Kabyle  la thématique etune séance té-
            qu'il chapeaute à travers le  début des années1920 du siècle  ment de langue et culture  pour être plus fidèle à leurcon-  moignages en hommage à M.
            pays.  Cette projection en pré-  dernier.                 amazigh (DLCA) àl’Université  tenu plutôt que de procéder à un  Bacha par une pléthore d’ancien-
            sence de Allouache  clos, jus-  «C’est une infime reconnaissance  Mouloud Mammeri (UMMTO)  travail de traduction vers une au-  sanimateurs et journaliste de la
            tement, un cycle de  projection  aux patriotisme de ces hommes  pour répondre à la demande des-  trelangue, qui aurait pu altéré le  chaine II, à l’instar de Saïd Ma-
            du réalisateur organisé cette  et cesfemmes et à leurs efforts  étudiants venant chercher des ar-  sens», a précisé M. Bacha. Des té-  riche,Djamila  Bouguermouh,
            semaine au niveau de la  ciné-  inestimables pour la préservation  chives de la radio pour leurs  moignages sur le lien «très fort»  Djida Thamechtohth, Mohamed
            mathèque locale.              et ledéveloppement de la culture  travaux demémoires et de re-  entre la femme kabyle et la ra-  Guerfi, Madjid Bali, SaïdSmail.
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