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             Jeudi 21 Novembre 2019
                                                                    Forum de l'Unesco


                              RABEHI RELÈVE L’IMPORTANCE



             ACCORDÉE PAR L'ALGÉRIE À LA CULTURE



                   Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, ministre de la Culture par intérim, Hassen Rabehi, a présenté,
                          à Paris, la politique culturelle de l'Algérie, soulignant l’importance accordée par les pouvoirs publics à ce domaine.

                   ans le cadre d’une interaction entre
                   les ministres de la Culture et afin
            Dde consolider les échanges et la
            coopération, M. Rabehi a assisté en qualité
            de représentant de l’Algérie au Forum des
            ministres de la Culture des pays membres
            de l’Unesco qui se tient tous les deux ans.
            Il a fait valoir, à cette occasion, l’importance
            accordée par les pouvoirs publics à la cul-
            ture. Dans son intervention autour d’un
            panel auquel ont participé plusieurs minis-
            tres, M. Rabehi a fait remarquer que la
            Constitution algérienne "consacre le prin-
            cipe du droit à la culture en conformité
            avec les fondements de la Déclaration uni-
            verselle des Droits de l’Homme", soulignant
            qu'en Algérie, "l’ensemble des citoyens ont
            accès à ce droit en considération des prin-
            cipes de l’égalité des chances et de la re-
            connaissance de la diversité culturelle
            comme source de richesses et facteur
            contribuant à la cohésion sociale et au pro-
            grès".
            Le droit à la culture, a-t-il ajouté, "favorise
            le dialogue et crée des passerelles entre les
            différentes composantes identitaires et les  des soutiens financiers aux associations à  matériel de l’humanité".  "Tlemcen, Capitale de la culture islamique",
            diverses expressions culturelles".  vocation culturelle".               Rabehi a aussi rappelé qu'à l’initiative de  "Constantine Capitale de la culture arabe",
            La politique culturelle de l'Etat algérien, a-  Il a été procédé également à "l’enregistre-  l’Algérie, la journée du 16 mai a été procla-  ainsi que les festivals panafricains et autres.
            t-il relevé, "se nourrit des principes et se  ment du patrimoine de musique lyrique et  mée journée mondiale du "vivre ensemble  Il a ajouté que l’Algérie, qui est membre
            traduit par la liberté d’expression, d'inno-  des traditions populaires, tout comme à  en paix" et que l'Algérie a participé et a ac-  d’organisations culturelles internationales,
            vation de création et d’association, la  l’édition et la réédition des livres portant  cueilli à son tour plusieurs manifestations  à l’instar de l’Unesco, "remercie les Etats
            consécration de la langue amazigh, langue  sur le patrimoine culturel", a-t-il men-  culturelles, ce qui s’avère, a-t-il dit, "être des  amis ayant apporté leur savoir et leur ex-
            nationale et officielle au même titre que la  tionné, ajoutant que "des moyens finan-  opportunités idoines pour la consolidation  pertise au profit des projets culturels struc-
            langue arabe et l’institutionnalisation de  ciers ont été alloués par l’Etat à la  des relations amicales et pour l’établisse-  turants en Algérie".
            plus de 170 festivals locaux, nationaux et  restauration des sites historiques et ceux  ment d’un partenariat bénéfique".  L’Algérie "a contribué grandement à la for-
            internationaux, couvrant la diversité et les  présentant une valeur culturelle, ainsi que  L’Algérie a organisé de grandes manifesta-  mation des ressources humaines de plu-
            différentes expressions culturelles".  l'inscription de sept (7) formes d’expres-  tions d’importances régionales et interna-  sieurs pays dans les différentes disciplines
            Il a rappelé, à ce propos, que l'Etat "accorde  sionculturelle sur la liste du patrimoine im-  tionales, a-t-il fait savoir, citant notamment  culturelles", a-t-il conclu.
                                                                      Musique andalouse

                                                  Gharnati, malouf et san’a


            L’appellation gharnati – musique andalouse  Ali ben Nafi (natif d’un village kurde de  ryab sera enrichie par Ibn Bâjja (Saragosse  et évolutions selon le génie de chaque ré-
            dans le Maghreb – renvoie à la fin de la Re-  Mossoul en 789 et mort à Cordoue en 857)  1070 – Fès 1138). Il fera la symbiose entre  gion, la suite vocale et instrumentale, soit
            conquête, en janvier 1492, précédée par la  a fondé, sous la tutelle de l’émir omeyyade  les composantes musicales orientale, ma-  la nouba, demeure la base commune. Au
            chute à Grenade (Gharnata en arabe) du  Abd Al Rahman II, une nouvelle tradition  ghrébine et chrétienne qu’il découvre en  Maroc, il est connu sous le nom de âla
            dernier royaume des musulmans en Anda-  musicale dans l’Espagne musulmane  : la  Andalousie.  Il restructure la nouba en in-  et/ou gharnati (musique instrumentale par
            lousie dans la Péninsule Ibérique (Espagne).  musique andalouse. Sur les 24 composi-  troduisant le muwachah et le zajal, crée  opposition à la musique religieuse essen-
            Elle sera suivie, dès 1502, par l’expulsion de  tions – noubas – créées par ce génie du  deux nouveaux mouvements  : el istihlâl et  tiellement vocale) comme à Tlemcen. En
            ces derniers, eux et les juifs. Le mot ghar-  chant, de la mélodie et du rythme, douze  el amal, met en point un accord en quintes  Tunisie : malouf (musique composée)
            nati est alors adopté pour                      sont encore jouées, quatre  embrassées pour le luth andalou-maghré-  comme à Constantine.
                                    L’apport d’Ibn Bâjja
            leur rendre hommage.                            autres demeurent incom-  bin qui est encore pratiqué  : ramal au  En Algérie et dans sa capitale : san’a³. Voilà
             L’essor de la musique andalouse dans les  plètes, le reste est au registre de la mé-  Maroc, oûd ârbî en Tunisie, kouitra en Al-  trois grandes écoles (ou styles) issues res-
            cités maghrébines n’est pas strictement lié  moire perdue, sachant que ce patrimoine  gérie.                             pectivement de Grenade,
                                                                                                                Modernisation
            au mouvement des musulmans vers     est transmis oralement.             Quel que soit le nom qui lui                     Cordoue et Séville. Elles
            l’Afrique du Nord. Il réside également dans  La première école de musique de l’Europe  est donné  : musique andalouse, arabo-an-  partagent le même répertoire reposant sur
            le flux migratoire des musulmans de Cor-  est ouverte par Ziryab. Il innove aussi en  dalouse, andalou-maghrébine, musique  sept modes fondamentaux  : djarka, raml el
            doue (Kortoba), dès 1236, vers Tlemcen qui  matière d’instruments, perfectionnant no-  hispano-musulmane, le legs musical d’An-  maya, zidane, aâraq, sika, mezmoum,
            est alors la capitale des Ziyanides. De  tamment le luth médiéval. Il le dote d’une  dalousie a survécu bon gré mal gré  moual.
            même que la reconquête de Séville par les  cinquième paire de cordes, si bien qu’il de-  jusqu’au jour d’aujourd’hui.    Toujours est-il que le gharnati se différencie
            rois catholiques, en 1248, suscitera l’exode  vient l’élément principal de l’âme musicale  Durant le XXe siècle, une nouvelle impul-  dans la forme. Il est généralement exécuté
            forcé des vaincus vers les territoires de la  andalouse.                sion lui est donné par la diffusion, l’enregis-  en petite formation, composée de musi-
            rive sud de la Méditerranée.         L’après Ziryab sera marqué par la création  trement  et  la  modernisation  par  ciens à la fois instrumentistes et chanteurs.
            Les héritiers du patrimoine musical andalou  de nouvelles formes poétiques et  musi-  l’introduction de nouveaux instruments  Le chant en solo est valorisé et interprété à
            auraient pu choisir le mot kortobia ou  cales  : el muwachah¹ et el zajal², ce qui  comme le piano, la guitare et la flûte tra-  l’unisson par un ensemble restreint, parfois
            même zyriabia. D’autant que c’est à Cor-  permet une nouvelle dynamique dans la  versière.                  enrichi d’ornements vocaux effectués par le
            doue que le nommé Ziryab – Abou Hassan  composition. Puis, l’œuvre musicale de Zi-  En dépit de ses différentes dénominations  chanteur.
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