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16 CULTURE
Lundi 25 Novembre 2019
Tizi Ouzou
OUVERTURE HAUTE EN COULEUR DE LA
10ÈME ÉDITION DU SALON DJURDJURA
DES ARTS PLASTIQUES
La 10ème édition du Salon Djurdjura des arts plastiques a été marquée par une ouverture, à la Maison de la culture Mouloud Mammeri
de Tizi Ouzou, haute en couleur avec une performance artistique qui a charmé les visiteurs.
ette performance reproduite sur une
toile par le groupe "Ayrad" (Omar
CSalhi, Djamel Talbi) et un groupe
d'artistes impressionnistes et intitulée "Tu-
dert" a allié musique et peinture pour met-
tre en exergue la chanson "Denia" du
défunt Kamel Messaoudi, interprétée en Ta-
mazight.
Cette édition a été aussi caractérisée par la
participation d’une centaine d’artistes de la
wilaya qui ont animé une riche exposition
avec leurs œuvres aussi différentes les unes
des autres tant en couleurs qu’en style. Une
fresque dédiée aux 10 ans d’existence du
Salon a été, par ailleurs, réalisée par les étu-
diants de l’Ecole régionale des beaux arts
d’Azazga. Lors de la cérémonie d’ouverture,
la directrice de la culture, Nabila Goume-
ziane, a annoncé une sélection des meil-
leurs œuvres exposées aux cimaises du
Salon, ces dernières vont composer l’expo-
sition inaugurale de la galerie d’art de Tizi-
Ouzou qui sera prochainement ouverte au
niveau du théâtre de verdure réalisé à l’in- de la bibliothèque principale et des biblio- espace de rencontres et d’échanges entre d'œuvres d'arts des artistes professionnels
térieur du site de la maison de la culture. thèques communales, en plus de l’Ecole ré- artistes" et "revêt une importance particu- et autodidactes de la wilaya, des ateliers
Mme Goumeziane a rappelé que pour as- gionale des beaux arts d’Azazga qui offre lière dans la mesure où il recherche à main- d'art plastiques, une table ronde autour du
surer une formation en arts plastiques, des une formation dans le but d’ouvrir des dé- tenir une dynamique permanente de marché de l'art en Algérie sont au menu de
ateliers pour enfants sont ouverts au niveau bouchées professionnelles aux jeunes ar- création dans le domaine des arts plas- cette manifestation artistique qui se pour-
de la maison de la culture de Tizi-Ouzou et tistes. Le salon Djurdjura "demeure un tiques dans notre wilaya". Une exposition suivra jusqu’au 26 du mois de novembre.
Histoire / L’Algérie en période ottomane
Les marchands et marchandises
d’Alger au XVII ème siècle
Les marchands, au XVIIème siècle, for- souk, rues où se retrouvent les principales cerie, des cotonnades, du fer, de l’acier, des huile d’olives et du savon blanc.De Ta-
maient la cinquième classe de la popula- boutiques de marchandises. La vente ne clous, du salpêtre, de l’alun, du souffre, et barque et du Bastion de France, beaucoup
tion d’Alger. Une classe assez nombreuse sera pas conclue avant que le chrétien ne même de l’huile quand il en manque en de corail qui, après avoir été travaillé sous
qui se composait de Turcs de naissance, de soit crié durant trois jours successif, sur le Berbérie. Ils apportent également de la différentes formes, se vend très bien par
renégats, ou enfants de renégats, parmi souk. Au bout de ce terme, on conduit coutellerie fine, de la gomme, du sel, du toute la Berbérie.
lesquels on trouve aussi quelques juifs qui l’esclave au Pacha, afin que celui-ci voit s’il vin et même des chargements de noisettes Le beurre salé, la viande de boeuf et de
se sont volontairement convertis à l’Islam, lui convient de la prendre ( par droit de et de châtaignes. Ces bâtiments vont aussi mouton, préparée et conservée, qu’ils ap-
ainsi qu’il arrive chaque jour. préférence), au prix qu’on a donné au mar- chercher en Espagne des marchandises pellent Chalea, était apportés de Bône. De
Beaucoup de ces marchands furent ché. Tous ces marchands trafiquent des prohibées, qu’ils font entrer à Alger en Constantine et de Collo, de grandes quan-
d’abord janissaires ou marins, avant de se marchandises que les navires chrétiens ap- contrebande. tités de peaux de chèvres, préparées et
convertir au commerce. portent à Alger avec sauf-conduit, les De gênes, de Naples et de la Sicile, arrive teinte de toutes les couleurs, des étoffes de
Ce genre de vie était bien plus paisible et achetant en gros et les revendant au détail la soie filée de toute couleurs, des étoffes laine grossière pour l’habillement des
exempt de péril. D’autres sont dressés, par pour les gens de la ville, du dehors, et de de Daas, de satin et du velours de toutes arabes de classe inférieure, en était ap-
leur maîtres et patrons, à cette carrière, dès toute la Berbérie, car nulle part sur cette sortes. Quant à Venise, elle fournissait de porté. Cherchell fournissait le miel, les rai-
l’enfance. Les marchandises qu’ils opèrent côte, ne viennent autant de marchands la chaudronnerie, des draps, des coffres, sins secs et les figues. Oran, fournissait des
sont celle de la Berbérie : blé, orge, riz, chrétiens qu’à Alger. des glaces et du savon blanc. draps d’Espagne, des bonnets rouges; de
vaches, boeufs, moutons, laines, huiles, Les bâtiments qui viennent d’Angleterre Des marchands turcs apportent de Tlemcen, beaucoup de bernous très bien
beurre, miel, raisins secs, dattes, soie … etc. apportent quantité de fer, de plomb, Constantinople des rames de galères, des tissés; de Fez et de Sousse, du miel, du
On ne peut traiter en cuirs ou en cire tant d’étain, de cuivre, de la poudre et des toiles et des étoffes pour rubans, des poi- savon et de l’argile qu’on utilisait dans les
qu’on n’a pas obtenu une permission du draps de toutes sortes. Ceux venant d’Es- gnards damasquinés, des ceintures, des hammams. En échange, Alger donne aux
pacha pour acheter ces deux denrées aux pagne, et spécialement de la Catalogne et tapis, des caftans fourrés de marte, des commerçants de la chrétienté des laines,
Maures et les vendre aux chrétiens. Beau- de Valence, sont chargés de vins, de sel, cuillères sculptés, de la porcelaine, et enfin des cuirs, de la cire, des dattes, et quelque
coup de ces marchands achetaient les bu- d’essences colorantes, de cochenilles, de des plats et vases bien travaillés provenant peu de cochenille qui, moins fine que celle
tins des corsaires, dont les captifs chrétiens coiffures et de Haïeks teints en rouge, de d’Alexandrie ou de Tripoli. d’Espagne, mais de très bonne qualité. On
de tout âge, et les revendaient, ce qui leur perles et aussi d’or et d’argent monnayés De Djerba, certains marchands maures, ap- y vend également le butin des corsaires,
permettait de faire de très grands béné- dont ils tirent de grands bénéfices. portent des épices, des mousselines, des comme les hardes, épées et coiffures, et il
fices dans ce genre de trafic. Les chrétiens Les navires de Marseille et autres ports de camelots très fins pour manteaux de s’y fait encore un grand commerce d’es-
se vendaient à la criée et à l’encan dans le la France apportent toute espèce de mer- femme, et des dattes de Tunis, de la bonne claves.