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8 MONDE ARABE
Jeudi 13 Févrierr 2020
Irak
LE SECTEUR ÉNERGÉTIQUE RUSSE PRÊT
À INVESTIR 20 MILLIARDS DE DOLLARS
La Russie s’intéresse de près au secteur irakien des hydrocarbures. Les entreprises pétrolières et gazières russes y ont déjà investi 10 milliards
de dollars et seraient prêtes à y investir 20 milliards supplémentaires.
es grandes entreprises du secteur
énergétique russe pourraient dépen-
Lser jusqu'à 20 milliards de dollars
pour des projets pétroliers en Irak, selon les
propos rapportés par les médias russes de
Iouri Fiodorov, vice-président du Comité de
politique économique au Conseil de la Fé-
dération de Russie.
«Aujourd'hui, nos principales sociétés pé-
trolières et gazières telles que Lukoil, Bash-
neft, Gazprom Neft travaillent activement
dans votre pays. L'investissement total a
dépassé 10 milliards de dollars», a-t-il pré-
cisé en s’adressant à l'ambassadeur d’Irak
en Russie, Abdul-Rahman Al-Husseini, le 5
février à Moscou lors d’une conférence de
presse. Lukoil exploite depuis 2014 la se-
conde tranche du gisement de Qurma,
dans la région de Bassorah, non loin de la
frontière iranienne, et à côté d’Exxon Mobil
qui exploite la première tranche. Gazprom
Neft, filiale de Gazprom, exploite plusieurs
gisements et mène des campagnes d’ex-
plorations de gaz au Kurdistan irakien.
Quant à Bashneft, société basée en Répu-
blique russe du Tatarstan, elle exploite deux
gisements au sud de Bagdad, notamment
à Nadjaf.
En outre, Rosneft détient 60% du gazoduc
du Kurdistan, qui est la principale ligne
d'exportation opérationnelle de l'Iraq. Et au chambre haute du Parlement russe a pré- ajouté Iouri Fiodorov. En 2019, la Russie et miques avec l'aide de sociétés russes. En
printemps 2018, Rosneft a également an- cisé que d'autres sociétés, telles que Zaru- l'Irak ont repris leur coopération dans les octobre, en dépit de la période de manifes-
noncé la signature d'un accord avec le mi- bezhneft, Tatneft et Rosneftegaz seraient infrastructures énergétiques, et dans le sec- tations violentes, Sergueï Lavrov s’était
nistère des Richesses naturelles d’Irak pour également intéressées Lukoil, Rosneft, Bashneft teur de l'électricité rendu à Bagda et à Erbil, dans le cadre
développer son infrastructure pétrolière et par l’Irak. «Nous étu- en particulier. Cer- d’une visite spéciale où il était accompagné
et Gazprom Neft déjà bien
gazière, dont un nouveau gazoduc qui de- dions la possibilité de taines entreprises de représentants des plus importantes
vrait avoir une capacité d'exportation pou- diversifier les activités implantés russes pourraient compagnies énergétiques russes. Les ré-
vant atteindre 30 milliards de mètres cubes des opérateurs russes, notamment en les aider Bagdad dans la restauration et le dé- serves prouvées de pétrole de l'Iraq s'élè-
de gaz par an. connectant au secteur gazier. Selon les pré- veloppement des installations électriques. vent à plus de 145 milliards de barils, tandis
A Moscou, lors de sa rencontre avec l’am- visions préliminaires, cela pourrait tripler Des négociations sont également en cours que les réserves de gaz dépassent 3 700
bassadeur d’Irak, le représentant de la l'investissement de nos entreprises», a pour la construction de centrales ther- milliards de mètres cubes.
Liban
Tensions et mobilisation autour du Parlement
qui accorde sa confiance au gouvernement
Acculés par l'état économique et politique Les députés libanais étaient attendus ce dre un défaut de paiement. En parallèle, les En plein de cœur de Beyrouth, forces de
de leur pays, des centaines de Libanais se même jour au Parlement pour l’examen de banques ont instauré des restrictions sur l'ordre et manifestants se sont notamment
sont mobilisés autour du Parlement où les la feuille de route du nouveau gouverne- les retraits notamment en dollars, sur fond affrontés au niveau de la place Riad el-Solh
députés ont voté la confiance au nouveau ment dirigé par Hassan Diab, ultime étape de pénurie des liquidités, accélérant une qui s'est emplie de gaz lacrymogène. Les
gouvernement. De violents affrontements avant sa pleine entrée en fonction, qui a dévaluation de la monnaie nationale sur le protestataires s'en sont notamment pris
avec la police ont éclaté. pour objectif de sortir le pays de sa pire marché parallèle. aux députés qui arrivaient sur place, asper-
Des affrontements entre plusieurs cen- crise depuis la fin de la Les symboles du marasme Les manifestants mobi- geant de peinture leurs voitures et les frap-
taines de manifestants et les forces de l’or- guerre civile de 1975- lisés tôt le matin du 11 pant à coups de pierres.
économique et politique
dre ont éclaté, le 11 février, aux abords du 1990. En début de soi- février dans le centre- Les manifestants ont également cherché à
Parlement à Beyrouth, au Liban, faisant au rée, le Parlement a pris pour cibles ville de Beyrouth dé- faire tomber les murs ceinturant le Parle-
moins 160 blessés dont 18 qui ont dû être effectivement accordé sa confiance au nou- noncent la surdité du nouveau ment libanais. Une banque, symbole cris-
hospitalisés, d’après l’AFP. Les forces de l'or- veau gouvernement. gouvernement dirigé par Hassan Diab à tallisant la colère des Libanais à l'égard de
dre ont fait usage de gaz lacrymogènes et Outre la revendication politique phare d'un l'égard des aspirations de la contestation. leur gouvernement et de la situation éco-
de canons à eau pour disperser les protes- changement de système politique basé sur Enveloppés dans des drapeaux libanais et nomique déplorable du pays, a aussi été
tataires qui ont, de leur côté, lancé des le partage communautaire du pouvoir, les scandant «pas de confiance», ils ont com- saccagée et incendiée au cours de cette
pierres sur les voitures de certains parle- protestataires se sont mobilisés pour dé- mencé à affluer avant l'aube vers le cœur manifestation.
mentaires, des policiers et contre les murs noncer la corruption généralisée et une de la capitale pour éviter d'être arrêtés aux L'armée libanaise a notamment été dé-
érigés autour du Parlement. Un blindé a dette avoisinant les 90 milliards de dollars, barrages de contrôle érigés ce matin aux ployée en renfort des policiers, afin de ten-
également été envoyé dans les rues. soit plus de 150% de son PIB, faisant crain- abords de la capitale, d’après l’AFP. ter de maintenir l'ordre.