Page 46 - Fantasia N°1 - Décembre 2016
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ENFANTS
À quel âge...
il ne croit plus au père noël ?
C’est le moment crucial. Celui où tout peut basculer. Je prends mon courage à deux mains et je me lance :
« - Tu sais, mon, chéri. Le père Noël... » « - Oui, il existe pas. » Cassée.
« - Non mais t’inquiète pas maman, je le savais. » Double cassée.
Non seulement, j’apprends que mon petit protégé ne croit plus au Père noël depuis quelques temps. Mais qu’en plus, il m’a fait croire à cette mascarade pour ne pas m’inquiéter.
L’ARROSEUR ARROSÉ
Il faudra bien s’en remettre pourtant. C’est la première gi e d’une vie de parent. Et ça ne sera pas la dernière... La désillusion du Père-Noël passée, vous pourrez encore attendre quelques années avant la nouvelle claque. Celle du « Non mais laisse tomber. Tu comprends pas ».
C’est que sous leurs airs innocents, les enfants sont bien plus malins qu’on ne le croit. Et quand ils font mine de croire au Père Noël, ils
questions lancées comme ça. L’air de rien.
« Mais le Père Noël, comment il peut être partout à la fois ? » Le pouls du suspect augmente. L’aiguille commence à vibrer dangereusement.
« Oh, tu sais, il est très rapide. »
- Et comment il fait pour rentrer dans la cheminée avec son gros ventre ? » Scritch scritch. Ça s’emballe au sismographe. L’enfant l’a vu.
Mais, il n’est pas prêt. Il décide de remettre l’interrogatoire à plus tard. En plus, c’est pas le moment de mettre
souhaitent juste en leur for intérieur cultiver ce
Et comment il fait pour lien qui les relie à leurs rentrer dans la cheminée
parents. avec son gros ventre ?
On raconte cette histoire universelle pour faire rêver et trépigner les plus petits durant le temps de l’Avent.
Bien au-delà du mensonge, il ne tient qu’à vous d’en faire un simple récit merveilleux mais un peu  ou qui accompagnera vos enfants, chaque année, jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de raison. En prenant l’habitude de parler du Père Noël sans grandes vérités, en restant dans le “on raconte que...” sans trop vous investir, vous laisserez une porte ouverte à ses doutes le moment venu.
Si certains enfants vivent la découverte de la non-existence du Père Noël comme une trahison, la plupart l’acceptent bien, et sont même  attés de faire désormais partie des initiés, des « grands ». Tout dépend en e et de la manière dont l’enfant apprend la vérité. Aux parents d’accompagner leur enfant dans ce passage de l’illusion à la réalité.
Au départ, il faut bien
l’avouer : nous sommes des Dieux pour lui. Tout ce qu’on lui dit est vrai. Puis, l’enfant commence à douter. Il perçoit la di érence entre les objets réels et ce que le langage crée dans l’imaginaire. Il atteint le stade symbolique.
Alors forcément, à un moment, il faut y passer. Le détecteur de mensonges est activé et les parents ont droit à l’interrogatoire. Oh ! Mais pas trop vite quand même. Il ne faudrait pas qu’en doutant de ses géniteurs, l’enfant perde toute con ance dans le monde qui l’entoure.
Ça commence toujours avec quelques
papa et maman mal à l’aise. Noël arrive. « Et si mon hypothèse est juste, le Père Noël risque de ne pas passer demain ». C’est juste. Un enfant ne parle pas comme ça. Il ne formule pas d’ « hypothèse » et ne s’amuse pas consciemment à mettre ses parents en doute. Pourtant, c’est bien ainsi que son petit cerveau agit. Par des questionnements. Inconsciemment. Lentement. Mais sûrement.
Et c’est à 7 ans que vient la question fatidique : « Papa maman, quand est-ce que vous arrêterez de croire au Père Noël ? »
LUI PARLER DU PÈRE NOËL C’EST MENTIR ?
Fantasia - 12/16
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