Page 296 - SAHIH MUSLIM
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               acceptera-t-Il mon repentir?". - "Non", répliqua le moine. Alors l'homme le tua, et en fit ainsi
               la centième victime. Puis poursuivant sa quête de l'homme le plus instruit sur la terre, on lui
               indiqua alors un savant. - "J'ai tué, lui dit-il, cent personnes, puis-je me repentir?". Le savant
               lui répondit : "Certainement, qu'est-ce qui t'empêche de le faire? Va dans un tel pays où tu
               trouveras des gens qui adorent Dieu, adore-Le avec eux et ne retournes jamais à ton pays, car
               c'est une terre de perdition". L'homme partit et lorsqu'il arriva à mi-chemin, il mourut.
               Aussitôt les anges de la miséricorde et ceux du châtiment se disputèrent à son sujet. Les anges

               de la miséricorde dirent : "Il est venu repentant, le coeur tourné vers Dieu". Les anges du
               châtiment objectèrent : "Il n'a jamais fait du bien". Alors un Ange, sous forme humaine, se
               présenta à eux; ils le prirent pour arbitre. - "Mesurez la distance qui le sépare des deux pays,
               leur proposa-t-il, et celui des deux que vous trouverez plus près de lui, sera le sien". Les anges
               mesurèrent les deux distances et trouvèrent que le mort est plus proche du pays qu'il désirait
               atteindre. Aussi, les anges de la miséricorde recueillirent-ils son âme.


               Récit de la calomnie "Al-'ifk" et acceptation du repentir du calomniateur

               4974. 'Aïcha, la femme du Prophète, (que Dieu soit satisfait d'elle) a dit : Quand l'Envoyé de
               Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) voulait faire un voyage (ou une expédition), il
               faisait un tirage au sort entre ses femmes pour désigner celles qui l'accompagneraient. Lors
               d'une des expéditions qu'il entreprit, il procéda au tirage au sort et c'était moi que le sort avait
               désignée. Je partis donc avec l'Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui). C'était
               postérieurement à la révélation du verset relatif à la prescription du voile et j'étais toujours
               dans mon palanquin, même lorsqu'on le descendait du dos du chameau. Quand l'Envoyé de
               Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) eut terminé cette expédition, nous prîmes le chemin
               de retour. Comme on était près de Médine lors du retour, le Prophète ordonna une nuit de se
               mettre en marche. A l'instant où l'ordre de marche était donné, je me levai et marchai jusqu'à
               ce que j'eusse dépassé les troupes pour satisfaire un besoin et en retournant, je me dirigeai
               vers ma monture. Comme je portai la main au cou, je me rendis compte que j'avais perdu mon
               collier de verroteries fabriqué à Zafâr. Je retournai pour rechercher mon collier et le désir de
               le retrouver me retint sur place. Les gens qui étaient chargés de ma monture soulevèrent mon
               palanquin et le chargèrent sur mon chameau, croyant que j'étais dedans. En effet, à cette
               époque les femmes étaient de poids légers; elles n'étaient pas encore devenues obèses, car
               elles ne mangeaient que peu. Aussi les gens ne trouvèrent-ils pas insolite la légèreté du
               palanquin lorsqu'ils le soulevèrent, d'autant plus que j'étais une toute jeune femme. Ils firent
               alors relever le chameau et partirent. Quand je trouvai mon collier, les troupes étaient déjà en
               marche. Je me rendis au camp où il n'y avait plus personne, j'allai alors droit à l'endroit où
               j'avais été installée pensant qu'en s'apercevant de ma disparition on reviendrait me chercher.
               Pendant que j'étais assise en cet endroit, je fus gagné par le sommeil et je m'endormis. Or
               Safwân Ibn Al-Mu'attal As-Sulamî Adh-Dhakwânî, qui était resté en arrière des troupes, après
               avoir marché toute la nuit, arriva le matin à l'endroit où j'étais. Apercevant la silhouette d'une
               personne endormie, il s'approcha de moi et me reconnut quand il me vit, car il m'avait vue
               avant que le port du voile n'eût été ordonné par le Coran et il dit : "Nous sommes à Dieu et
               nous retournerons à Lui". Sa voix m'éveilla et je me levai, cachant mon visage avec mon
               voile. Par Dieu, il ne prononça aucun mot autre que ceux qu'il avait prononcés à ma vue. Il fit
               ensuite agenouiller sa monture et lui foula les pattes de devant pour que je monte sur laquelle.
               Il tint son licou pour le mener et nous arrivâmes ainsi auprès des troupes qui venaient de
               camper au moment de la canicule de midi. 'A'icha poursuivit : Des gens m'avaient calomnié
               (en m'accusant d'adultère) et parmi eux était 'Abdoullâh Ibn 'Ubayy Ibn Salûl qui s'était
               chargé de la plus lourde part de la calomnie. Quand nous arrivâmes à Médine, je suis tombé
               malade pendant un mois, et c'est à ce moment que les gens répandaient les propos des



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