Page 64 - Essais de sciences maudites / par Stanislas de Guaita. 1890-1920.
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AU SEUIL DU MYSTÈRE 63
Connu dès longtemps pour quelques essais fort
médiocres de littérature et de poésie, Fabre d'Oli-
vet (1767-1825) entre vers la même époque dans
la carrière philosophique, où l'immortalité l'attend.
L'initiation pythagoricienne, reçue par lui en Alle-
magne sous le règne de la Terreur, a déterminé
ce nouvel essor de sa pensée. En vain Napoléon,
mieux instruit que personne au monde des périls
que peut faire courir au despotisme la diffusion des
vérités occultes, en vain Napoléon, l'ennemi person-
nel du théosophe, l'honore-t-il de ses incessantes
persécutions Fabre d'Olivet déjoue la rancune de
César et sait éviter tous ses pièges. Il trouve moyen
d'éluder jusqu'à la censure impériale et publie coup
sur coup ses Notions sur le sens de l'ouïe (1811,
in-8"), son merveilleux commentaire des Vers dorés
de Pythagore (1813, in-8"), enfin en 1815 son chef-
d'œuvre immortel La langue hébraïque restituée
~2 vol. in-4°). Fort des recherches antérieures de
Volney, de Dupuis, de d'Herbelot et surtout de
l'illustre Court de Gébelin, il remonte à l'origine
de la parole, et rebâtit, sur la base d'une érudition
vraiment colossale, l'édince écroulé depuis
plus de trois mille ans de l'hébreu primitif et
hiéroglyphique. Puis, appliquant à la Cosmogonie
de Moïse (vulgairement la Genèse), la clef retrou-
vée par lui dans les sanctuaires de l'Égypte, il
pénètre au cœur de cette nécropole, où gisent,