Page 66 - Essais de sciences maudites / par Stanislas de Guaita. 1890-1920.
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AU SEUIL DU MYSTÈRE 6o
au point des travaux de Fabre d'Olivet. La mort
frappa le restaurateur de la langue hébraïque,
comme il préparait, en guise de complément indis-
pensable à la plus gigantesque de ses productions,
des CoMMM~tMr~ Cosmogonie de Moïse. On
assure que le précieux manuscrit n'est pas perdu.
Au reste, les remarques critiques placées par Fabre
d'Olivet à la suite du dernier ouvrage qu'il publia
une traduction en vers eumolpiques du Caïn de
lord Byron (Paris, 1823, in-8) peuvent suppléer
aux commentaires inédits, en livrant l'intime pen-
sée du théosophe sur plusieurs points demeurés
obscurs.
Ce n'est pas en vain que Fabre d'Olivet donna
l'exemple à notre siècle, d'un retour aux hautes
spéculations de l'occultisme. La Restauration avait
déjà vu surgir plusieurs écoles mystiques, d'un
ésotérisme bien bâtard, il est vrai. le milieu du
siècle vit mieux. Cependant que le père Enfantin
faisait jeter au Saint-Simonisme expirant un ra-
dieux mais fugitif éclat; et que Victor Considérant
rajeunissait la théorie de Fourier ces efforts
ne sont pas sans intérêt d'infatigables cher-
cheurs creusaient d'autre part des galeries en tous
sens, à travers les catacombes éboulées de l'an-
tique magie. Citons Hœné Wronski, l'apôtre du
Messianisme et le restaurateur de la Philosophie
absolue Lacuria, le métaphysicien des Harmo-
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