Page 109 - Rebelle-Santé n° 195
P. 109
EXAMENS
UNE FIÈVRE SURVIENT... ...QUE SIGNIFIE-T-ELLE ?
La fièvre n’est pas une maladie, mais un symptôme qui recouvre de nombreuses causes. Par définition, on parle de fièvre lorsque la température rectale est supérieure à 37,5 °C le matin ou supérieure à 38 °C le soir.
La fièvre représente environ 4 % des motifs de consulta- tions de médecine générale.
La plupart du temps, l’origine est évidente et le patient présente des symptômes caractéristiques. C’est souvent une infection pour laquelle la fièvre est un méca- nisme de défense : rhume (nez qui coule), bronchite (toux), an- gine (mal de gorge), grippe (fris- sons), cystite (brûlures urinaires), diarrhée (turista), contact avec des animaux... Rappelons que, dans l’infection, les globules blancs, stimulés par les germes, libèrent des substances appelées « pyro- gènes » qui « préviennent » l’hy- pothalamus, zone profonde du cerveau qui régule la température.
DÉBROUSSAILLAGE
Mais, parfois, la fièvre survient dans un contexte cliniquement pauvre qui n’évoque pas spécia- lement une infection. Le raison- nement médical consiste alors à éliminer les grandes causes de la fièvre, à effectuer un « débrous- saillage » destiné à faire émerger une origine possible. La procé- dure de diagnostic commence toujours par un interrogatoire mi- nutieux du patient. Pour autant, et malgré tous les efforts de diagnos- tic, certaines fièvres chroniques, c’est-à-dire au-delà de 3 semaines d’évolution, resteront d’origine indéterminée.
ÉLIMINER CERTAINES CAUSES
Avant de parler de fièvre, il faut éliminer les causes évidentes ou inattendues d’élévation de la tem- pérature centrale : ovulation, effort musculaire (sport, exercice phy- sique, activités domestiques... sa- chant que manger un chewing-gum
ou contracter volontairement l’anus peuvent également suffire à induire une « fausse » fièvre), poussée dentaire, coup de chaleur, intervention chirurgicale dentaire, delirium tremens (délire dû à un sevrage alcoolique), médicaments (neuroleptiques, pénicilline, qui- nidine...), toxicomanie, et enfin la déshydratation.
ÉTABLIR UNE COURBE THERMIQUE
Avant tout, il faut établir la réa- lité de la fièvre et pratiquer une courbe de température, prise chaque jour au même moment, voire plusieurs fois par jour et ce, plusieurs jours de suite. L’aspect de la courbe permet parfois de suspecter certaines causes infec- tieuses, notamment :
u Plateau : grippe, pneumonie, virose
u Ondulante : endocardite, brucellose
u Intermittente : paludisme u Sans rythme précis : cancers,
septicémies.
EXAMEN CLINIQUE INDISPENSABLE
Quelle que soit la cause, l’exa- men clinique est indispensable et s’attache à retrouver des symp- tômes discrets propres à orienter
le diagnostic (auscultation cardio- pulmonaire, recherche de gan- glions, palpation du ventre, exa- men ORL...). Schématiquement, certains signes doivent être re- cherchés du fait de la fréquence des pathologies associées :
u Amaigrissement, perte de poids, sueurs nocturnes : maladies auto-immunes (lupus, maladie de Crohn, périartérite noueuse...), cancers divers, maladie de Hodgkin
u Éruption cutanée : allergies diverses, maladies infantiles
u Peau moite, tremblements, nervosité, amaigrissement : hyperthyroïdie
u Diarrhée : infection u Troubles neurologiques :
encéphalite, AVC, méningite...
BILAN SANGUIN...
C’est un passage obligé. Le bilan sanguin, complet ou orienté, per- met de retrouver des stigmates in- fectieux, avec l’augmentation des globules blancs, ou un syndrome inflammatoire avec l’augmenta- tion de la vitesse de sédimenta- tion (VS) et de la C-Réactive Pro- téine (CRP).
... ET EXAMENS D’IMAGERIE CIBLÉS
Ce n’est que lorsqu’une origine se précise que d’autres exa- mens complémentaires (ima- gerie) peuvent être réalisés. En d’autres termes, on ne fait pas de scanner ou d’IRM sans un mini- mum d’orientation.
Dr Daniel Gloaguen
Rebelle-Santé N° 195 109

