Page 112 - Rebelle-Santé n° 195
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EN PRATIQUE
Se Soigner en S'amuSant... avec leS cahierS de Santé de moSaïque-Santé
HOMÉOPATHIE : LES SECRETS D'ANNE DUFOUR
Anne Dufour écrit chaque mois la rubrique homéopathie de ce magazine... Dans un joli cahier illustré (voir aussi p. 38 du Petit Journal), elle a rassemblé toutes les informations pour que vous puissiez soigner tous vos petits ennuis.
Rencontre...
Sophie Lacoste : Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à l’homéopathie ?
Anne Dufour : Depuis toute petite je me soigne avec l’homéopathie, la phytothérapie et avec les huiles essentielles. J’y suis habituée, ça me paraît normal de prendre quelques granules d’Arnica après une journée sportive ou d’Urtica urens en cas de démangeaisons. C’est devenu un réflexe depuis bien longtemps. Par ailleurs, je suis allergique au pollen, à la peau de certains aliments (allergie croisée avec le pollen de bouleau), au soleil dans certains cas. Certaines années, les symptômes étaient si terribles que j’ai absolument tout essayé... et que SEULE l’homéo- pathie me soulageait. J’ai donc eu envie d’approfondir, de me former, de rencontrer des homéopathes pour qu’ils me parlent de leur pra- tique, et j’ai découvert un monde médical extrêmement pointu, et à la fois très fin et très « humain ». Enfin, je pratique plusieurs sports et si je devais prendre des anti- inflammatoires ou des antidouleurs à chaque fois que j’ai mal à un muscle ou une articulation, il y a longtemps que j’aurais développé un ulcère de l’estomac... L’homéo- pathie m’a toujours accompagnée fidèlement, et a aidé tellement de mes proches ! En vacances, je me souviens que ma meilleure amie a gonflé, gonflé suite à une piqûre d’insecte : Apis mellifica l’a fait dé- gonfler en 1 heure, là où l’antihis- taminique prescrit par le médecin sur place s’était révélé inefficace.
SL : N’est-il pas plus judicieux de consulter un médecin homéopathe ?
AD : C’est toujours mieux, mais pas toujours possible ni judicieux puisque plus on réagit vite, plus on a de chances de régler son pro- blème. Heureusement, on apprend à se connaître, et de nombreux cas peuvent être résolus sans passer par la consultation. Par exemple, un nez qui coule comme une fon- taine fait tellement penser à Allium cepa que c’est sûr, ça marchera. Le recours au médecin homéopathe est en revanche indispensable pour un suivi sur le long terme en cas de maladie chronique (diabète, sclé- rose en plaques), soin de support (pour accompagner une chimio- thérapie) et toute situation qui nécessite de prendre en compte la façon de réagir du malade. Qui n’est pas toujours conscient de ses petites habitudes ! Par ailleurs, un médecin est toujours plus habilité à poser un diagnostic, et il ne faut surtout pas s’obstiner seul si les symptômes ne régressent pas très vite. L’homéopathie fonctionne généralement de manière specta- culaire et rapide, sinon c’est que ce n’est pas le bon remède ou pas le bon diagnostic. On consulte évi- demment aussi d’office si c’est un enfant, une femme enceinte, une personne fragile (âgée, malade...).
SL : Est-ce qu’il n’est pas dangereux de se soigner tout seul ?
AD : Ça peut être dangereux si on n’est pas raisonnable et qu’on ne sait pas « passer la main » au
médecin en cas d’échec. Ça peut être dangereux si l’on est systéma- tiquement en position de défiance face au monde médical. Mais il faut aussi savoir s’écouter, se faire confiance. Tout déléguer n’est pas un gage de sûreté, et ce dans tous les domaines. Remarque : ça peut être aussi dangereux de consulter et que le médecin pose un mau- vais diagnostic (innombrables cas d’errances), ou hausse les épaules quand vous avancez timidement le vôtre (qui était bon), ou encore prescrive un médicament inadapté (hyper fréquent aussi). Dans 80 % des cas, nous avons un bobo, et pouvons le soigner seul. On est grands quand même !
SL : Est-ce que l'homéopathie est facile à utiliser ?
AD : Hyper facile, c’est là l’un des avantages majeurs de l’homéo- pathie. Quelques granules à lais- ser fondre en bouche, pas besoin d’eau, d’avaler tout rond, de ceci ou de cela. En plus, zéro risque de surdosage, puisqu’on est dans l’infinitésimal (on délivre une in- formation au corps) et non dans le pondéral (quantités à respec- ter par rapport au poids, au sexe, à l’état général...). Autre énorme avantage : on peut en donner aux bébés, dès les premières heures de
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Illustrations : Fasko


































































































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