Page 6 - Le Petit Journal de Rebelle-Santé n° 219
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LE PETIT JOURNAL DE Rebelle-Santé
l’enfant développer ses compétences à se nourrir en lui fournissant des situ- ations sécuritaires et de la nourriture semblable à la nôtre plutôt que des purées ». Lorsqu’elle commence en 2013, avant de devenir une experte et de proposer des formations via son site, Émilie Pinard se sent tout de même comme une « extraterrestre ». « Pourtant c’est une méthode qui vient naturellement aux parents. Les gens voient ça comme du bon sens et comme la continuité de l’évolution motrice de leur enfant », nous confie- t-elle aujourd’hui.
Une méthode à l’écoute des besoins de l’enfant
Le bébé de Julie a 19 mois. Elle a choi- si pour lui la DME après que sa con- sultante en lactation lui en a parlé. « Le bébé se sert lui-même et prend la quantité qu’il veut. On encou- rage le développement de la motri- cité : quand on lui présente un bout d’aliment, il ouvre la main, il saisit tout seul. Il teste, il renifle, il sent, il recrache, il réessaye et observe. C’est bien plus intéressant », se réjouit cette jeune maman.
« Un enfant sait s’alimenter dès le 1er jour de sa naissance, il n’y a pas de raison qu’il ne sache plus à partir de 6 mois », rappelle Sabrina Lerch, diététicienne-nutritionniste spéciali- sée en pédiatrie. Elle consulte à Nice et Saint-Laurent-du-Var, dans les Alpes-Maritimes. Elle a été formée à la DME en 2016 et l’a elle-même expérimentée avec ses deux derni- ers enfants (6 ans et demi et 3 ans). « Pour l’un, j’ai fait la diversification classique et la DME, pour l’autre, c’était 100 % DME. »
Dans les faits, la DME ne laisse jamais bébé complètement seul. Une présence d’un adulte est obligatoire pour l’accompagner. Il faut aussi attendre que l’enfant puisse se tenir assis sans aide et porter seul les ali- ments à la bouche, ce qui repousse souvent la diversification un peu plus tard que le 5e mois préconisé habituel- lement. Les morceaux proposés ne doivent pas être trop petits non plus,
pour éviter le risque d’étouffement, qui inquiète bon nombre de parents. Les aliments doivent aussi être mous, cuits et/ou bien ramollis. « Par exem- ple, au début, pas de pomme crue, mais cuite oui ! Pareil pour la carotte. Si on fait les choses selon des prin- cipes logiques, il n’y a pas de raison qu’il s’étouffe plus qu’un enfant allon- gé dans son transat, complète Sabri- na Lerch. Pour rassurer les parents, je suggère de suivre un cours de premier secours, et pas seulement pour celles et ceux qui veulent faire la DME, mais pour tout le monde ! »
Côté nutrition, même si on peut avoir l’impression que son bébé va manger
exactement comme les adultes, ce n’est pas le cas. Certains aliments sont à éviter : les produits trop trans- formés et les fast-foods ; le sel, parce que les reins du bébé sont fragiles ; le sucre ; tout ce qui est caféine et stimulant ; et le miel avant un an. Comme Émilie Pinard le dit : « De tout avec modération. Après, il peut y avoir des différences selon les valeurs familiales aussi. »
Le lait reste l’alimentation principale jusqu’à un an
La base de l’alimentation reste le lait jusqu’à un an, qu’il provienne de l’allaitement ou du lait en poudre.
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