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HISTOIRE
• Sa condamnation et son exécution
montrent la brutalité de l’époque : malgré
son rôle central dans la Révolution, il fut
jugé et guillotiné le 5 avril 1794, ce qui
marque pour beaucoup la logique impla-
cable de la Terreur qui broyait parfois ses
propres artisans.
• Anecdote familiale : il épousa Antoi-
nette Charpentier en 1787 et eut trois fils,
• Danton fut baptisé le jour même de sa
aspect moins connu qui rappelle qu’il avait
naissance dans l’église Saint-Étienne d’Arcis
aussi une vie domestique avant et pendant
sur Aube, un détail souvent cité pour souli-
ses engagements politiques.
gner son entrée foudroyante dans l’histoire.
• Avant d’être homme politique national, il
Conclusion
exerça comme avocat de province et sa ma-
Georges Danton fut à la fois l’un des mo-
nière directe et puissante de parler lui valut
teurs de la Révolution et l’une de ses pre-
très vite une grande popularité à Paris.
mières victimes illustres. Le qualifier de «
• Il est souvent surnommé le « Mirabeau de
révolutionnaire sacrifié » est pertinent si
la canaille » en raison de sa laideur jugée «
l’on insiste sur la logique impitoyable qui,
puissante » et de son talent oratoire qui sé-
pour survivre, élimina la modération. Il
duisait les foules populaires.
reste cependant essentiel de reconnaître
• En 1790 il participa à la fondation du Club
les responsabilités personnelles et poli-
des Cordeliers (Société des Amis des Droits
tiques qui ont rendu possible sa chute. Son
de l’Homme), qui devint l’un des lieux impor-
histoire rappelle que la grandeur d’une ré-
tants de la contestation révolutionnaire et de
volution se juge aussi à sa capacité à tolé-
la mobilisation populaire.
rer la diversité des voix et à refuser la ten-
• Danton aimait les plaisirs de la vie et la
tation de la purification à tout prix.
bonne chère ; cette réputation d’homme «
bon vivant » alimenta à la fois son image de
tribun populaire et les attaques de ses adver-
saires qui l’accusaient d’opportunisme et de
dérive personnelle.
• Il fut rapidement porté aux plus hautes
responsabilités : ministre de la Justice puis
membre influent du Comité de Salut Public
avant d’être écarté et arrêté pour des motifs
politiques.

