Page 32 - Black Beautés Spécial été 2026
P. 32

SINGUILA



                          « L’amour triomphe toujours »







               orté par la sortie de son nouvel album « Radio Love » et par le succès de son concert
               événement à l’Accor Arena le 19 juin dernier, Singuila confirme
        P plus que jamais sa place parmi les grandes voix de la scène
        francophone. Né d’un père centrafricain et d’une mère congolaise,
        l’artiste a construit au fil des années un univers unique où se croisent
        R&B, rumba, influences africaines et chanson française.

        Depuis plus de vingt ans, celui que le public surnomme le « Docteur
        Love » explore les relations humaines avec une sincérité rare. Dans
        « Radio Love », il continue de raconter les joies, les blessures, les
        espoirs et les contradictions de l’amour à travers des histoires dans
        lesquelles chacun peut se reconnaître.

        Pour Black Beautés, Singuila revient sur la naissance de cet album, son
        admiration pour Papa Wemba, ses collaborations avec la nouvelle génération                    Crédit photo :
        et la relation privilégiée qu’il entretient avec son public.                               © Audran Sarzier






        Black Beautés : En 2026, on a le sentiment que         jourd’hui les choses ont changé. Grâce à Internet,
        vous n’êtes plus simplement dans un retour, mais       un artiste peut toucher directement les gens si ce
        dans une nouvelle consécration. Ressentez-vous         qu’il propose est sincère et de qualité.
        également cette évolution ?

        Singuila : C’est difficile parce que je suis au char-  B.B : Pourquoi avoir choisi le titre « Radio Love » ?
        bon tous les jours. Je n’ai pas vraiment le temps      Singuila : J’aimais beaucoup le principe des radios
        d’analyser ce qui se passe. J’essaie surtout de        libres où les gens appelaient pour raconter leurs
        ne pas être dépassé parce que la musique va            histoires, leurs doutes, leurs situations parfois com-
        très vite. Les tendances évoluent, les façons de       pliquées. Dans cet album, j’ai choisi des thèmes
        communiquer aussi. Mon objectif est de rester          qui pourraient justement être racontés dans ce type

        intéressant tout en conservant mon identité. C’est     d’émissions. J’aime raconter des histoires, parfois
        ça le plus compliqué : réussir à rester soi-même       un peu folles, parfois borderline, mais toujours avec
        tout en se mettant au goût du jour.                    sincérité. Je voulais aussi créer une sorte de play-
                                                               list idéale dans laquelle on retrouve du R&B, de la
        B.B : Après l’Olympia, le Zénith puis l’Accor Arena,   rumba et différentes influences qui me ressemblent.
        avez-vous le sentiment que l’industrie musicale
        vous regarde aujourd’hui différemment ?                B.B : Après plus de vingt ans de carrière, comment
        Singuila : Je ne sais pas. Ce n’est pas l’industrie    parvenez-vous à conserver cette sincérité lorsque

        qui m’a amené à l’Olympia, au Zénith ou à l’Accor      vous parlez d’amour ?
        Arena. C’est le public qui m’écoute. Il n’a jamais     Singuila :  Parce que j’y crois vraiment. Je crois
        douté de moi. On a longtemps été conditionnés          en l’amour, je crois en l’erreur, je crois au pardon.
        à penser que l’industrie faisait l’artiste, mais au-   Les relations humaines sont infiniment complexes.
   27   28   29   30   31   32   33   34   35   36   37