Page 35 - Black Beautés Spécial été 2026
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rente.                                                  Pendant un bon moment, j’avais un peu lâché
        C’est la même chose lorsque l’on regarde du côté        l’affaire en France. Je me disais que si les radios ne

        du Congo. Je ne peux pas parler de lovers sans          s’intéressaient plus à moi, j’irais là où l’on m’aimait.
        évoquer Fally Ipupa. D’ailleurs, je l’avais déjà invité
        sur mon précédent projet avec le titre « Belle ». Pour   Puis je me suis rendu compte que le monde était
        Radio Love, j’ai choisi une autre figure importante     plus grand que la France. J’ai trouvé un public
        de cette scène : Gaz Mawete, un artiste que             immense ailleurs, notamment en Afrique et au sein
        j’apprécie beaucoup et qui apporte sa propre sen-       de la diaspora. Tout cela m’a donné beaucoup de
        sibilité à l’album.                                     force.

                                                                Alors  revenir  et  remplir  une  salle  comme  l’Accor
        B.B : Vous continuez également à intégrer le lingala    Arena,  dans  un  pays  où  j’ai  parfois  eu  l’impres-

        dans certaines chansons. Pourquoi cette langue                                   sion qu’on ne voulait
        reste-t-elle si importante     « Pendant un bon moment,                          plus m’entendre, c’est
        dans votre musique ?       j’avais un peu lâché l’affaire en                     quelque chose de très
        Singuila :  Je ne sais                                                           fort. J’ai longtemps cru à
        pas si c’est important,      France. Je me disais que si les                     un désamour alors qu’en
        ça se fait spontanément.    radios ne s’intéressaient plus à                     réalité le public était tou-

        Il y a des phrases ou des   moi, j’irais là où l’on m’aimait. »                  jours là. Voir autant de
        émotions qui sonnent                                                             personnes se déplacer
        mieux en lingala. Par exemple, si je dis : « Aime-      pour moi donne une saveur toute particulière à
        moi, aime-moi », ce n’est pas pareil que « Linga        cette étape de ma carrière.
        Nga ». L’émotion est plus forte.
        Il y a des phrases pour lesquelles le français est
        beaucoup plus fort, c’est sûr. Mais quand on parle

        d’amour, il y a des mots trop forts chez nous.
        Certaines émotions ont une saveur particulière.
        Certaines choses se disent naturellement en lin-
        gala.


        B.B : Que souhaitez-vous que le public retienne
        de « Radio Love » ?
        Singuila : C’est un album vivant. Il y a du soleil,

        de la mélancolie, de l’amour, des chansons plus
        légères, d’autres plus profondes. C’est un album
        qui nous ressemble. On  peut l’écouter seul, en
        couple ou en famille. J’avais envie d’un projet dans
        lequel toutes les facettes de mon univers soient
        présentes.


        B.B : Le 19 juin dernier, vous avez marqué votre
        carrière avec un concert événement à l’Accor

        Arena. Qu’est-ce que cette date représente pour
        vous ?
        Singuila : J’ai fait énormément de concerts, mais
        l’Accor Arena, c’était particulier…

                                                                                       Crédit photo : © Audran Sarzier
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