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international
Jack lang
la culture comme rempart - de la Fête de la musique à ALIPH, - le combat
d’une vie pour préserver la mémoire du monde
comme condition essentielle de l’humain.
« Chaque œuvre d’art est un témoignage de
l’humain », dit-il. Et tout semble tenir dans cette
phrase.
D’où est née l’idée de créer ALIPH ?
L’histoire commence par un constat brutal : la
disparition accélérée du patrimoine dans les
zones de guerre. En 2015, Jean-Luc Martinez,
alors président du musée du Louvre, remet au
président François Hollande un rapport devenu
fondateur « Cinquante propositions pour
protéger le patrimoine de l’humanité ». Ce rapport
était remarquable. Il posait un diagnostic clair :
le patrimoine mondial était devenu une cible.
Parmi ses propositions, la création d’un fonds
En France, terre de culture, certaines figures international capable d’intervenir rapidement
marquent durablement le paysage public par sur le terrain. « Il ne suffisait plus de constater.
leur engagement. Pour elles, la culture n’est ni Il fallait agir. Et agir vite. » À l’initiative de la
un supplément d’âme ni un discours convenu : France et des Émirats arabes unis, l’idée prend
elle est une nécessité, une action. André Malraux corps lors de la conférence d’Abou Dhabi en
et Jack Lang, anciens ministres de la Culture, 2016. Quelques mois plus tard, le 8 mars 2017,
incarnent cette vision où la politique se nourrit de naît ALIPH à Genève.
création. Et cette idée n’appartient pas seulement
au passé : elle continue de vivre, de s’exprimer, Agir vite, agir juste
de s’engager dans le présent. C’est dans cet esprit Jack Lang est chargé de transformer l’intuition
que nous rencontrons Jack Lang. en structure.
« Nous avons imaginé une organisation légère,
À Paris, en ce jour de printemps, la ville est en capable d’intervenir immédiatement. » À ses
effervescence. « Le Printemps des poètes 2026 » côtés, Mohamed Khalifa Al Mubarak. Ensemble,
bat son plein, les expositions se multiplient, et ils conçoivent un dispositif inédit. Pas de
l’on inaugure « Byblos, cité millénaire du Liban lourde machine. Pas de lenteur administrative.
». Dans le même temps, l’Alliance internationale « Je n’aime pas les grandes armées. » Trois
pour la protection du patrimoine (ALIPH) collaborateurs. Un été de travail. Et une série de
annonce la création d’un fonds d’urgence pour déplacements pour mobiliser des financements
sauvegarder le patrimoine libanais menacé par la à travers le monde. Quelques mois plus tard, les
guerre. C’est au cœur de cette actualité vibrante bases sont posées.
que s’inscrit notre échange avec Jack Lang.
Genève, ou la neutralité comme principe
Dans ce moment suspendu, entre célébration et Le siège est établi à Genève. « Ni Paris, ni Abou
inquiétude, la parole de Jack Lang résonne avec Dhabi. Une ville neutre, fidèle à une tradition
une intensité particulière. Il parle vite, comme si humanitaire ». Installée dans des bâtiments liés
le temps lui échappait. Ou comme s’il cherchait à à la Croix-Rouge, ALIPH s’inscrit d’emblée dans
le devancer. Face à lui, les souvenirs se déploient une géographie symbolique.
sans effort, ministères, lois, festivals, combats.
Mais derrière l’homme public, une constante Une gouvernance internationale
s’impose, presque une ligne de vie, la culture La fondation est présidée à ses débuts par Thomas
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