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16 CULTURE
Lundi 18 Novembre 2019
16e édition de Dimajazz
INOUBLIABLE SOIRÉE DE CLÔTURE
AVEC LE WONDER COLLECTIVE
Le Wonder Collective - Tribute to Stevie Wonder (WOCO) a brillamment clôturé la 16e édition du festival international de Jazz de
Constantine, faisant le bonheur des centaines de festivaliers venus, samedi soir au Théâtre régional Mohamed-Tahar Fergani , redécouvrir
le répertoire du génialissime Stevie Wonder.
e voulant résolument festive, la soi-
rée de clôture du Dimajazz a,
Scomme à l'accoutumée , tenu toutes
ses promesses grâce aux onze membres
du Wonder Collective qui ont sorti une
prestation euphorisante et joyeuse placée
sous l'explosive triade '' Funk ,
soul,rythm'n'blues .
Arborant fièrement sur scène le wax, qui
n'est pas sans rappeler les habits portés
par Stevie Wonder lors de ses tournées
d'antan, les musiciens formés dans le dé-
partement jazz de l'école nationale de mu-
sique de danse et d'art dramatique de
Villeurbanne (France), ont parfaitement
réussi leur mission en témoigne les déhan-
chements effrénés observés tout au long
du spectacle dans l'enceinte du théâtre ré-
gional de Constantine.
Portée par des vocalistes très performants,
une section cuivre joyeuse, une rythmique
dynamique, et un jeu de guitare énergique,
le woco ont plongé le public du dimajazz surtout très impressionné par la réceptivité de jazz, Dimajazz, a offert de somptueuse Reiermann , deux figures de la scène de
dans un état second, un public qui repre- du public du Dimajazz ,le retour sur scène expériences musicales des sonorités afri- jazz viennoise, sans oublier l'univers musi-
nait en chœur des les tubes , '' I Just Called du Woco a été des plus intenses avec des caines de ''Djam'' au jazz aérien de la for- cal de l'artiste franco-togolais Ayité ou en-
to Say I Love You'', '' master blaster'' ,''Do I musiciens redoublant d'ardeur pour inter- mation oranaise ''Astral vibes Conspiracy'' core l’électro des deux enfants terribles
do'',''Higher ground'' et bien d'autres mor- préter les ultra-groovy ''Superstition'' , en passant par « Grooz » le projet de Abdel d'Oud, Mehdi Haddache et Smadj. Pour de
ceaux qui auront permis à Stevie Wonder ''Another star'' et ''Keep on running'' . hak Benmadjebari bassiste chanteur d'ori- nombreux observateurs, ce 16e Acte du
de bâtir sa propre légende et de faire de En coulisse, le chanteur du Woco, Pierric gine algérienne basé a Montréal, reliant Dimajazz est venu rappeler que, malgré les
lui l'un des artistes les plus prolifiques du Tailler a confie avoir été ‘’impressionné ’ avec beaucoup talent le groove des écueils administratifs et financiers, ce fes-
XXe siècle . Le groupe met fin une pre- par tous ces grands noms du Jazz qui sont rythmes africains au Jazz. Les cinq jours de tival demeure "une référence en matière
mière fois au spectacle mais le public qui passés au Dimajazz depuis sa création'' spectacles ont également permis au public de technicité et de programmation maitri-
avait du mal à se faire à l'idée que le spec- chose qui il a encouragée à se donner à d'apprécier le savoureux jazz manouche sée’’ mais surtout, et c'est cela le plus im-
tacle devait, tôt ou tard s'achever n'a pas fond face au public . Ouvert le 12 décem- d'Ecca quartet ainsi que le projet '' Reflejos portant, qu'aucune œuvre de qualité ne
hésité à réclamer du rab. Généreux mais bre courant, le 16ème Festival international con Barry'' de Lukas Schiemer et Beate peut être faite sans abnégation.
10e Fica
Une sélection documentaire à la hauteur
En plus d'être une des rares occasions pour autres" coréalisé par l'Espagnole Almudena Saadia Gacem, "facing Mecca" du Suisse métrage de fiction, les prix sont allés à "The
le public algérois de renouer avec les salles Carracedo et l'Américain Robert Bahar, Jean-Eric Mack et "Burkina Bounty" de tower" inspiré du quotidien des réfugiés
obscures, le Festival international du ci- "L'envers d'une histoire" de la Serbe Mila l'Américaine Iara Lee. palestiniens dans les camps au Liban et
néma d'Alger (Fica), qui a pris fin samedi Turajlic, ou encore "Tilo Koto" des Fran- Habitués du festival et observateurs re- réalisé par le norvégien Mats Grorud, alors
soir, aura confirmé cette année encore son çaises Valérie Malek et Sophie Bachelier. grettent l'absence d'œuvres algériennes de que le court métrage "Facing Mecca" du
orientation tournée vers le film engagé Très attendus des cinéphiles, le documen- la programmation 2019 du Fica, seul grand Sisse Jan -Eric Mack a reçu le Grand prix de
dans une sélection documentaire à la hau- taire "143, rue du désert" de Hassan Fer- événement dédié au cinéma dans la capi- cette section. Pour la première compétition
teur des attentes des cinéphiles. hani et "Paysages d'automne" premier tale. "Abou Leila" de Amine Sidi Boume- de court métrage du Fica, le jury a décerné
Plus de 30 films entre documentaires, thriller de Merzak Allouache ont également diene et "Timelife" de Hamid Benamra qui des mentions d'encouragement à "Hadi
courts et longs métrages de fiction dont 24 été projetés en avant-première. prennent part, parmi d'autres, à différentes Hya" de Youcef Mahsas, à "Une histoire
en compétition et des projections hors Une sélection de huit manifestations cinémato- dans ma peau" de Yanis Khelloufi sur le
Absents au Fica, présents
compétition étaient au programme de ce longs métrages de fiction graphiques internatio- thème de l'engagement militant dans l'Al-
à l'international
fica qui a organisé la première compétition était aussi au programme. nales, manquent à l'appel gérie d'aujourd'hui et à "Felfel Lahmar", un
dans la section court métrage, absente des Entre autres films retenus dans la catégorie, de cette édition. Celle-ci n'a pas cru utile documentaire sur la condition féminine en
éditions précédentes. Le public a eu droit à "Fatwa" du Tunisien Mahmoud Ben Mah- non plus de programmer des courts mé- Algérie, réalisé par Saadia Gacem.
une sélection de documentaires résolu- moud dénonçant la montée de l'extré- trages comme "Nice Very Nice" d'El Kheyer Le prix du public a été attribué, ex-aequo,
ment arrimés aux thèmes traitant de l'hu- misme religieux en Tunisie, "Yuli" de Zidani ou encore "Bermuda" de Mohamed à "La fausse saison" de Menad Embarek sur
main, donnant au Festival une identité l'Espagnole Iciar Bollain sur la vie d'un dan- Benabdallah, à l'affiche de plusieurs festi- la violence terroriste des années 1990 et à
affirmée qui le différencie des autres mani- seur de ballet cubain ou encore le film vals internationaux. Concernant les distinc- "Sotra". Signé Abdallah Aggoun, ce court
festations cinématographiques, même si d'animation "The Tower" inspiré de la vie tions, le documentaire "143, rue du désert", métrage retrace l'histoire d'un père de fa-
les organisateurs ont adapté leur sélection dans les camps de réfugiés palestiniens au deuxième long métrage de Hassan Ferhani mille assistant impuissant au harcèlement
pour combler le vide laissé par Festival Liban, réalisé par le norvégien Mats Grorud. a décroché le Grand prix de sa catégorie, le quotidien de sa fille musicienne par le voi-
d'Oran du film arabe, annulé pour 2019. Au titre de la compétition dans le court Prix du public ainsi que la "Médaille sinage, et qui finit, en désespoir de cause,
Des portraits de militants, des combats métrage, huit films étaient en lice: "Hadi Ghandi". Cette distinction est décernée par par lui imposer le voile.
pour la justice et autres drames de mi- Hya" de Youcef Mahsas, "La fausse saison" le Conseil international du cinéma, de la té- Le 10e Fica qui s'est clôt officiellement
grants subsahariens, sont proposés dans de Menad Embarek, "Une histoire dans ma lévision et de la communication audiovi- jeudi se poursuit cette soirée avec la pro-
des documentaires comme "Le silence des peau" de Yanis Khelloufi, "Felfel Lahmar" de suelle (Cict). Dans la catégorie long jection de films hors compétition.