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             Dimanche 20 Octobre 2019

                                                                           Tissemsilt

                LA WAÂDA “EL DJOUZA” DRAINE





                                        UNE GRANDE FOULE





               La waâda “El Djouza”, organisée dans la commune de Sidi El Abed (Tissemsilt), a drainé, vendredi, au premier jour de son dérou‐
               lement, de nombreux citoyens venus pour découvrir le patrimoine culturel de cette région. Cette fête traditionnelle, mise sur pied
               par les notables du village El Djouza, en collaboration avec les autorités de la daïra de Ammari, a drainé une grande foule, venue
                                            de différentes régions de la wilaya et de Tiaret, Chlef, Aïn Defla et Djelfa.








































                  ette waâda est organisée à la gloire  religieux. C’est notamment le cas de la  donc une promesse, un rendez-vous pério-  Beni Ogba, rassemblées sur une surface de
                  de Sidi Rabah, un érudit et un sage  waâda de Sid Ahmed Majdoub, qui a lieu  dique qui engage les populations locales et  5 hectares et divisées en fractions. Le matin,
            Cqui a œuvré pour la consolidation  chaque année en octobre dans le Haut  plus exactement les populations qui se  une fantasia groupait tous les cavaliers et
            des liens entre les différents douars en ré-  Sud-ouest algérien, plus exactement dans  sentent affiliées ou proches de Sid Ahmed  étrangers à la tribu. A midi, les Mejdoubi
            glant les conflits nés entre les familles.  la commune de Asla (à 70 km d’Aïn Sefra).  Majdoub, puisque la promesse est faite en  offraient le couscous, les Aslaoui partici-
            Cette fête traditionnelle constitue une oc-  Il s’agit d’une fête d’ampleur nationale or-  son nom. Elle se déroule ainsi chaque  pent à cette offrande. L’après-midi, ils fai-
            casion de rencontres, de retrouvailles et de  ganisée en l’honneur d’un saint ayant vécu  année, à la même période, durant le mois  saient encore un peu de fantasia et vers
            réconciliation entre les familles et les per-  au 16e siècle, mais aussi d’une foire écono-  d’octobre (calendrier agraire). Cette fête  17:00 heures, ils commençaient le Maârouf.
            sonnes. Elle est également une opportunité  mique, d’un évènement sociopolitique  constitue le moment privilégié pendant le-  Avant le Maârouf, un sermon est fait par le
            de ressourcement spirituel et religieux par  (pour la tribu se revendiquant issue de ce  quel l’ensemble des membres de la tribu se  doyen d’âge ou un taleb mejdoubi, ensuite
            le biais de halqate et prêches donnés par  saint) et d’un moment de divertissement.  retrouvent (les nomades comme les séden-  tout le monde joint les deux mains et com-
            les hommes de culte de la région.   L’importance des moments de loisirs a déjà  taires). A propos de la waâda de Sid Ahmed  mence le Maârouf fait par le même taleb. Il
            La waâda de deux jours sera marquée par  été mise en exergue dans les travaux por-  Majdoub, dans un document daté proba-  demande à Dieu qu’il y ait de bonnes an-
            des jeux de fantasia, de courses hippiques  tant sur les cultes des saints. Il apparaît en  blement du début du XXème siècle, un au-  nées, de l’entente entre les gens, que les
            et par des expositions-vente de produits  effet que les pèlerinages à ces waâdas ont  teur anonyme rapporte «une fête avait lieu  méchants soient punis… La foule faisant
            d’artisanat ainsi que des spectacles folklo-  toujours été des déplacements en partie lu-  tous les ans, le 1er vendredi du mois d’oc-  cercle autour de ce taleb, lui répond par
            riques.                             diques. Le terme waâda peut être traduit  tobre du calendrier agricole arabe. C’était  Amin ! La ziara est ensuite ramassée par
            Les waâdas en Algérie, fêtes en l’honneur  par « promesse ». Mûîda, mot ayant la  la waâda de la tribu des Ouled Sidi Ahmed  celui qui s’occupe de la zaouia et ainsi
            de saints locaux, étaient et sont encore,  même racine (waad) signifie « moment fixé  El Mejdoub. Toute la tribu se rassemblait ce  prend fin la waâda instituée par les Mej-
            comme le remarque F. Reysoo, des phéno-  », « rendez-vous », « date », mais aussi «  jour là et c’est ainsi qu’on voyait 300 à 400  doubi en l’honneur de leur ancêtre, pour
            mènes sociaux totaux, et pas exclusivement  rendez-vous périodique ». La waâda est  tentes des mejadba et quelques tentes des  traiter les questions qui les opposent ».
                                          Le moudjahid Abderrahmane Chaâlal à partir de Tissemsilt
                           Les massacres du 17 octobre restent gravés dans


                                                       la mémoire des Algériens


            Les massacres commis par la police fran-  Algériens des sacrifices consentis par les  jusqu’à 5 heures du matin. Une mesure ex-  rencier a aussi abordé le rôle des émigrés
            çaise le 17 octobre 1961 à Paris restent à ce  émigrés en France à l’époque coloniale”.  ceptionnelle qu’il a qualifiée de “raciste” à  algériens durant la guerre de libération na-
            jour gravés dans la mémoire des Algériens,  Parmi les 18.000 Algériens ayant rejoint la  l’encontre des Algériens qui avaient, toute-  tionale en apportant un soutien financier à
            a souligné un membre de la Fédération du  Fédération FLN en France, 15.000 d’entre  fois, bravé cet interdit sortant le soir du 17  la glorieuse Révolution et en consentant
            Front de libération nationale en France, le  eux furent arrêtés dans la nuit du 17 octo-  octobre dans une manifestation défiant le  des sacrifices. La cérémonie de commémo-
            moudjahid Abderrahmane Chaâlal.     bre 1961 lors de manifestations pacifiques  gouvernement français et prouvant leur  ration de la journée du 17 octobre 1961 qui
            Animant une communication lors d’une  où des centaines d’Algériens furent jetés  courage et leur détermination à poursuivre  s’est déroulée à Lardjem, en présence du
            rencontre à Lardjem (Tissemsilt), dans le  dans la Seine à Paris, a-t-il rappelé.  la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.  wali de Tissemsilt, Salah El Affani, a été
            cadre de la commémoration de la Journée  M Chaâlal a pointé du doigt la responsabi-  Les massacres perpétrés contre les mani-  marquée par des expositions de photos
            nationale de l’immigration, M. Chaâlal a af-  lité du préfet de police de Paris, à l’époque  festants pacifiques avaient donné plus  mettant en exergue cet événement, la pro-
            firmé que “la commémoration de cet anni-  des faits, Maurice Papon, qui avait imposé  d’écho à la guerre de libération nationale à  jection d’un documentaire et une réception
            versaire est une reconnaissance par les  un couvre-feu aux Algériens de 20 heures  travers le monde, a-t-il affirmé. Le confé-  en l’honneur de moudjahidine de la région.
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