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             Dimanche 10 Novembre 2019

                                            Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (Tna)


                      LA CHANTEUSE SAMIRA BRAHMIA




                        GALVANISE LE PUBLIC ALGÉROIS




              La chanteuse algérienne de Pop‐Rock, Samira Brahmia, a galvanisé, jeudi soir, le public algérois, dans un concert prolifique, époustouflant
                         d’énergie, où elle a étalé un florilège de pièces aux rythmes et genres différents, dans une ambiance de grands soirs.

                     ccueillie au Théâtre national Ma-
                     hieddine-Bachtarzi (Tna) sous les
                     salves d’applaudissements d’une
            Aassistance relativement nom-
            breuse, l’Artiste, guitare acoustique accro-
            chée à l’épaule, a d’entrée, donné le ton à
            son concert, avec un mélange de pièces,
            aux exigences aigues, fait de reprises et de
            compositions, renvoyant à un brassage  in-
            telligent de styles musicaux différents, al-
            lant du chaabi, à la bossa nova, passant par
            la musique pop, le gnawi et le raï, rendu
            dans des rythmes aux cadences binaires
            et ternaires.
            Dans un répertoire d’une dizaine de pièces,
            portées par des partitions aux arrange-
            ments empreints de dissonances et de so-
            norités jazz, Samira Brahmia, artiste
            accomplie au charisme imposant, a chanté
            entre autres sujets, avec une voix cristalline
            à la tessiture large, la femme, la citoyen-
            neté, la liberté, l’humanisme et la paix, au
            plaisir d’un public conquis, qui a vite cédé
            au relâchement, dans des atmosphères fes-
            tives.
            Les pièces, “Layla hay lel’lah”, “A gnawi
            Allah idawi” du chanteur et compositeur,
            Youcef Boukella, “Frigile” de Sting intégrée
            dans “Ad’ezzi Saâ” du maitre Slimane Azem  époustouflantes de maîtrise, de technique  sud algérien dans ses chansons.  Artiste polyvalente depuis une douzaine
            (1918-1983), “Fabuleux destin” (hommage  et de dextérité.               Etablie en France depuis 2003, elle décide  d’années, “Linda Blues” a, par ailleurs, été
            à la femme), “Zamane”, “Meriama” (dédiée  Le concert s’est terminé dans l’euphorie,  de vivre de sa musique et prête sa voix à  retenue dans le casting de la première sai-
            à la chanteuse sud-africaine, Meriem Ma-  avec les applaudissement répétés et les  des films et des publicités, avant de sortir  son du feuilleton “El Khawa” (2017), et
            keba), “Koubou”, “Manich menna” et “Koul  youyous nourris fusant de la salle Musta-  en 2006, “Neïliya”, son premier opus qui  tourné deux courts métrages, “Il a plu”
            li sayidouka lan arkaâe” (dis à ton seigneur  pha-Kateb, qui a vibré 80 mn durant, au  sera suivi de son second album, dont la  (2017) avec Yacine Aloui et “Point Zéro”
            que je ne m’inclinerai pas), ont été brillam-  rythme d’un répertoire utile, aux contenus  sortie est prévue, selon elle, au début de  (2018) avec Nassim Boumaïza, alors qu’au
            ment entonnées par la chanteuse, gagnée  puisés du terroir et à la forme ouverte sur  l’année 2020.         Théâtre, elle a joué en 2017 dans “Tor-
            par l’émotion, chaque fois qu’elle “revenait”  la modernité.            La première partie de la soirée a été assu-  chaka” de Ahmed Rezzag.
            à son public après une interprétation.  Toute jeune déjà, Samira Brahmia découvre  rée par “Linda Blues”, une autre voix pure  Dans le monde de la chanson, elle a déjà
            Interagissant avec les spectateurs auxquels  la musique en Algérie et la magie de la  et étoffée, maitrisant le répertoire de la  représenté l’Algérie au Maroc et au Canada,
            elle présentait généreusement chacun des  scène quelques temps après en 1994, où  Soul-Music, qui est apparue sur scène avec,  et compte à son actif, deux enregistrements
            titres, Samira Brahmia était soutenue par  elle se produit pour la première fois, en-  Nadjib Guemoura à la contre basse et  à la télévision et un single, “Min Djibalina”
            Zouhir Belarbi à la percussion et Khliff Mi-  chantant le public, qui voit en elle, une ar-  Hatem Kessasra à la guitare acoustique,  et “Sawt Ech’Chouhada” (2013), ainsi que
            siallaoua, à la guitare électrique qu’il a ju-  tiste promise à une brillante carrière.  avec une dizaine de reprises de Tracy Chap-  “Koul ma net’fekkar” (2018), respective-
            dicieusement connectée à une série d’effets  Influencée, très tôt, par la culture anglo-  man, Tina Turner et Etta James, notamment,  ment.
            pour diversifier l’accompagnement et don-  saxonne, l’artiste, auteure, compositeur, in-  trois icônes de la chanson américaine, que  Le concert de Samira Brahmia a été orga-
            ner plus de couleurs à ses solos qu’il exé-  terprète, mêle les influences Pop-Rock,  le public a apprécié et fortement applaudi  nisé dans le cadre de la programmation du
            cutait dans des envolées phrastiques  traditions celtiques et sonorités du grand  durant une cinquantaine de minutes.  Tna, sous l’égide du ministère de la Culture.
                                                                             10e Fica

                                 Le film d’animation “Wardi - The Tower” en ouverture

            Le film d’animation “Wardi - The Tower”  connaît presque rien de la Palestine. C’est  Craignant que son arrière-grand-père ne  sien Mahmoud Ben Mahmoud, “Yuli” de
            (La tour), une fiction dédiée à la vie dans  le 15 mai, jour de commémoration de la  meurt après avoir perdu espoir, Wardi  l’Espagnole Iciar Bollain, ou encore “Pay-
            les camps de réfugiés palestiniens au  Nekba de 1948, lorsque les Palestiniens  questionne ses proches dans la tour de  sages d’automne de Merzak Allouache
            Liban, au combat quotidien pour la sur-  ont été chassés de leur terre, que Sidi,  fortune familiale et remonte le fil de l’his-  projeté en avant-première algérienne.
            vie et à l’espoir du retour sur la terre na-  l’arrière-grand-père découvre que Wardi  toire et la résistance de chaque généra-  Dans la catégorie documentaire le Fica
            tale, du réalisateur norvégien Mats  n’a aucune connaissance de son histoire.  tion. Ayant vécu dans un camps de  aura retenu cette année des œuvres
            Grorud a été présenté jeudi soir au public  Sidi raconte ce que sa famille a subi en  réfugiés palestiniens au Liban en tant  comme “La décennie noire” de Fatima
            d’Alger.                            1948 et comment ils s’étaient retrouvé vi-  qu’enseignant d’anglais, Mats Grorud a  Ouazane, “Le silence des autres” des réa-
            D’une durée de 79mn, ce film a été pro-  vant sous une tante dans un petit camp  confié que ce film est inspiré de diffé-  lisateurs espagnols Almudena Carracedo
            jeté à la salle Ibn Zaydoun en ouverture  de toile au Liban. Il lui raconte également  rents parcours familiaux racontés par les  et Robert Bahar, ainsi que “L’envers de
            du 10e Festival international du cinéma  comment ce petit camp s’est transformé  populations des camps. Inauguré jeudi,  l’histoire de la Serbe Mila Turajlic.
            d’Alger (Fica) dédié au film engagé.  progressivement en une jungle urbaine  le 10e Fica propose une sélection de huit  Le 10e Fica se poursuit jusqu’au 16 no-
            Le film relate le quotidien de Wardi, pe-  avant de lui remettre la clé de la maison  longs métrages de fiction en compétition  vembre à salle Ibn Zaydoun alors que des
            tite fille de 11 ans née dans les camps de  familiale abandonnée de force en Pales-  dont “La miséricorde de la jungle” du  rediffusion sont programmées à la salle
            réfugiés palestiniens au Liban et qui ne  tine en nourrissant l’espoir d’y retourner.  Rwandais Joël Karekezi, “Fatwa du Tuni-  Cosmos.
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