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16 CULTURE
Mardi 12 Novembre 2019
10e Fica
PROJECTION DE “L’ENVERS DE L’HISTOIRE”,
PARCOURS D’UNE MILITANTE EN SERBIE
Le long métrage documentaire “L’envers de l’histoire”, portrait de la militante et universitaire serbe Srbijanka Turajlic et de sa
famille avec un focus sur son parcours durant les années1990, réalisé par la Serbe Mila Turajlic, a été projeté dimanche soir au
public. D’une durée de 103 mn, ce film a été projeté en compétition documentaire du 10e Festival international du cinéma en‐
gagé qui se tient depuis jeudi à la salle Ibn Zaydoun.
encadré les mouvements de protestation
des étudiants contre l’instabilité politique,
la politique de Slobodan Milosevic et la
guerre civile qui a déchiré le pays.
Avec ses amis universitaires la militante ra-
conte le déchirement de l’élite intellectuelle
mais aussi au sein de la population qui s’est
souvent retrouvée face à face dans des
confrontations sanglantes ainsi que la du-
reté de la crise économique qu’a traversé la
Serbie.
Entre deux tâches ménagères ou deux pas-
sages à la télévision la militante évoque sa
prise de responsabilité et les conséquences
en résultant avec des images d’archives de
ces discours. Elle explique également des
conflits ethnique et religieux créés de toute
pièce pour accroître l’intensité de la crise.
Près de vingt ans après la chute de Slobo-
dan Milosevic (en octobre 2000), Srbijanka
Turajlic porte un regard très critique sur
l’évolution de la vie politique de son pays
avouant de manière très philosophique son
“échec en matière de lutte pour les libertés”
et reprochant à l’élite de ne pas avoir tracé
l’après octobre 2000. Inauguré jeudi, le 10e
Fica se poursuit jusqu’au 16 novembre avec
encore au programme de la catégorie do-
e film commence par une conversa- des années 1940, jugé trop grand pour une seul l’histoire de ce pays qui a pris plusieurs cumentaire “Sur les traces de Mamani Ab-
tion entre la réalisatrice et sa mère seule famille par les services de sécurité formes et plusieurs couleurs politiques. doulaye” de la nigérienne Amina
Lmilitante dans un appartement de yougoslave. Cet appartement divisé à Professeur de mathématique à l’université Abdoulaye Mamani ou “L’école du change-
Belgrade que possède la famille depuis l’époque communiste puis réunifié plus de de Belgrade, Srbijanka Turajlicraconte son ment” co réalisé par l’Algérien Chergui
trois générations et qui a été divisé à la fin cinquante ans plus tard représente à lui parcours de militante qui a accompagné et Kharroubi et la Belge Anna Shiffmann.
Festival de danse contemporaine
Prestations diverses sur “la recherche et la compréhension de soi”
a scène du 10e Festival cul- metteure en scène, Melissa Be- présence de “la raison”, au Quatre danseurs, venus de Rou- le passage à l’âge adulte et finir
turel international de danse nabdelaziz et Lisa Zerraf, le “tourment”, lorsqu’elle est ap- baix ( Nord de la France), Brahim par “s’accepter comme on est”.
Lcontemporaine (Fcidca) a trio,”Dream Team” de Tizi-Ouzou prochée par “folie”. Bouchlaghem, chorégraphe et Laissant le corps livrer au public
accueilli dimanche soir à Alger, a présenté “Entre raison et folie”, La Russie, a présenté deux pro- metteur en scène, Sacha Vangrev- sa propre vérité, l’Ensemble
outre l’Algérie, la Russie, invitée une prestation de courte durée grammes séparés, animés par le lynghe, Al Houseyni N’Diaye et “ConDan Space”, pour la première
d’honneur, la France, l’Ukraine et certes, mais qui a laissé une “bon duo, Ekatarina Bésédinc et Mikhaïl Fouad Tzouza, formant l’Ensemble fois à Alger, a rendu une perfor-
l’Espagne qui ont livré des presta- ne impression” chez le public, car Kryuchkov, qui ont excellé de mai- “Zahrabat”, ont proposé de com- mance empreinte de douceur, et
tions en lien avec “la recherche et traitant du déchirement intérieur trise et de technique, sous la di- prendre la “fuite du temps”, dans de finesse, longtemps applaudie
la compréhension de soi”, comme que vit l’individu, entre la néces- rection du chorégraphe, une performance très physique par les spectateurs.
thématique principale, exprimée sité de préserver sa lucidité et Alexander Ryuntyu. qui rappelle la différence des Représentant l’Espagne, Elias
de différentes manières à travers l’adversité des pressions qu’il “La Sylphide”, une œuvre du ballet époques et qu’à chacune son Aguirre, danseur, chorégraphe et
des performances, en groupe, en subit de l’extérieur, le poussant à romantique créé en 1832 par Fil- temps. metteur en scène a commencé
duo ou en solo. la folie. lipo Taglioni, sur un livret Venu de Lviv (est de l’Ukraine), le par révéler les “origines algé-
Sous un éclairage direct et varié, A travers une sémantique des d’Adolphe Nourrit, a séduit les trio féminin, Natalia Pienkina, rienne de son grand père”, d’où sa
la scène de l’Opéra d’Alger Boua- accoutrements, en adéquation spectateurs qui ont apprécié les Maria Bakalo et Alisa Nesterova, décision de “lui dédier” sa pre-
lem-Bessaïh est apparue au nom- avec les personnages, les rôles, deux danseurs, exécutant une formant l’Ensemble “ConDan mière performance à Alger, qu’il a
breux public dans toute sa du “sujet”, rendu par Lamia Am- performance de haute facture, Space”, a présenté, “From the Ar- intitulé, “Marche bizarre”, présen-
splendeur, accueillant, près de rani, dans une robe mi-noire, mi soumise aux normes acadé- chive”, une chorégraphie conçue tée en plusieurs parties, traitant
deux heures et demie durant, pas blanche, “la raison”, interprété miques connu des grandes écoles sur l’histoire du corps humain, en de l’homme face au monde des
moins de six performances, ren- par Lisa Zerraf, toute de blanc de danse. perpétuelle dualité avec l’esprit insectes et des émotions qu’elles
dues par, le trio algérien,”Dream vêtue et “la folie”, incarné par Dans une autre tonalité, la perfor- qui l’instruit selon les situations. provoquent chez lui, après une
Team” de Tizi-Ouzou, le duo russe Melissa Benabdelaziz toute en mance, “Danse contemporaine” a S’inspirant des corpus de leurs agression.
de “danseurs étoiles” du “Théâtre noire, ont été mis en valeur par été exécutée par le duo russe, vies respectives, les trois balle- Douze pays prennent part au 10e
du Bolchoï”, la troupe française, les trois ballerines, chacune avec beaucoup d’énergie et une rines ont suggéré à l’assistance de Festival culturel international de
“Zahrabat”, le trio ukrainien réussissant à atteindre la mesure gestuelle plus actuelle s’adressant tenter de comprendre les réac- danse contemporaine d’Alger, qui
“ConDan Space” et la Compagnie du caractère de son personnage, à la nouvelle génération de dan- tions du corps humain, face aux se poursuit jusqu’au 13 novembre,
espagnole, “Elias Aguirré”. à l’instar de Lamia Amrani qui a seurs, ce qui a fait réagir le public “agressions” extérieures, avant de avec au programme de lundi,
Composé des jeunes femmes, su passer de l’”apaisement”, algérois qui a longtemps applaudi suivre le cheminement du déve- outre l’Algérie, le Maroc, la Tunisie,
Lamia Amrani, chorégraphe et quand elle se sent prémunie en le rendu russe. loppement de soi pour bien saisir le Mali et l’Egypte.