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16 CULTURE
Mercredi 20 Novembre 2019
Exposition
"D'UN UNIVERS À UN AUTRE", NOUVELLE
EXPOSITION DE KHALED ROCHDI BESSAIH
Une exposition de peinture revisitant l'univers figuratif du peintre italien Amadeo Modigliani (1884-1920) avec une touche contemporaine
et une palette chatoyante, montée par le plasticien algérien Khaled Rochdi Bessaih, se poursuit jusqu'au 25 novembre à Alger.
rganisée par l'Agence algérienne
pour le rayonnement culturel
O(Aarc) la nouvelle exposition du
plasticien, intitulée "D'un univers à un
autre" se tient à la villa Dar Abdeltif. Formes
étirées, visages sans regards ou décons-
truits constituent l'essentiel de cette expo-
sition qui puise son inspiration dans
l'œuvre du peintre italien, un des symboles
de l'art moderne, en optant pour de nou-
veaux modèles, une palette de couleurs
chaudes et chatoyantes et une précision as-
similée aujourd'hui à l'art numérique.
Dans ses œuvres, Khaled Rochdi Bessaih
s'inspire lui aussi des masques propres au
théâtre italien qu'il déconstruit pour réas-
sembler des visages à la symétrie inversée
ou en fragments évoquant un miroir brisé,
tout en reproduisant des modèles féminins
occidentaux des années 1920 et en restant
fidèle au costumes et accessoires. Des por-
traits de marins à la tête étirée, de clowns
au cou disproportionné ou encore de
femmes portant la touche étirée et décalée
de Modigliani constituent l'essentiel de
cette exposition se distingue par un grand
travail sur la couleur.
La majeure partie des figures proposées
sont également issues de "Peinture en poé- ou un sentiment et non des personnages également exposées. Diplômé en droit et sculpteur et musicien. Inaugurée samedi,
sie", une précédente exposition de l'artiste physiques. Quelques œuvres, inspirées de plasticien autodidacte, Khaled Rochdi Bes- l'exposition "D'un univers à un autre", est
en 2016. Ces tableaux évoquent toujours mangas et de la bande dessinée, issues de saih compte à son actif trois expositions in- ouverte aux visiteurs jusqu'au 25 novembre
un comportement, une attitude, un malaise précédentes expositions de l'artiste, sont dividuelles en Algérie. Il est également à la villa Dar Abdelatif à Alger.
Histoire
Les marchands et marchandises
d’Alger au XVII ème siècle
Les marchands, au XVIIème siècle, for- l’encan dans le souk, rues où se retrouvent de mercerie, des cotonnades, du fer, de huile d’olives et du savon blanc.De Ta-
maient la cinquième classe de la popula- les principales boutiques de marchandises. l’acier, des clous, du salpêtre, de l’alun, du barque et du Bastion de France, beaucoup
tion d’Alger. Une classe assez nombreuse La vente ne sera pas conclue avant que le souffre, et même de l’huile quand il en de corail qui, après avoir été travaillé sous
qui se composait de Turcs de naissance, de chrétien ne soit crié durant trois jours suc- manque en Berbérie. Ils apportent égale- différentes formes, se vend très bien par
renégats, ou enfants de renégats, parmi cessif, sur le souk. Au bout de ce terme, on ment de la coutellerie fine, de la gomme, toute la Berbérie.
lesquels on trouve aussi quelques juifs qui conduit l’esclave au Pacha, afin que celui-ci du sel, du vin et même des chargements de Le beurre salé, la viande de boeuf et de
se sont volontairement convertis à l’Islam, voit s’il lui convient de la prendre ( par droit noisettes et de châtaignes. Ces bâtiments mouton, préparée et conservée, qu’ils ap-
ainsi qu’il arrive chaque jour. de préférence), au prix qu’on a donné au vont aussi chercher en Espagne des mar- pellent Chalea, était apportés de Bône. De
Beaucoup de ces marchands furent d’abord marché. chandises prohibées, qu’ils font entrer à Constantine et de Collo, de grandes quan-
janissaires ou marins, avant de se convertir Tous ces marchands trafiquent des mar- Alger en contrebande. tités de peaux de chèvres, préparées et
au commerce. Ce genre de vie était bien chandises que les navires chrétiens appor- De gênes, de Naples et de la Sicile, arrive teinte de toutes les couleurs, des étoffes de
plus paisible et exempt de péril. D’autres tent à Alger avec sauf-conduit, les achetant la soie filée de toute couleurs, des étoffes laine grossière pour l’habillement des
sont dressés, par leur maîtres et patrons, à en gros et les revendant au détail pour les de Daas, de satin et du velours de toutes arabes de classe inférieure, en était ap-
cette carrière, dès l’enfance. Les marchan- gens de la ville, du dehors, et de toute la sortes. Quant à Venise, elle fournissait de la porté. Cherchell fournissait le miel, les rai-
dises qu’ils opèrent sont celle de la Berbé- Berbérie, car nulle part sur cette côte, ne chaudronnerie, des draps, des coffres, des sins secs et les figues. Oran, fournissait des
rie : blé, orge, riz, vaches, boeufs, moutons, viennent autant de marchands chrétiens glaces et du savon blanc. draps d’Espagne, des bonnets rouges; de
laines, huiles, beurre, miel, raisins secs, qu’à Alger. Les bâtiments qui viennent Des marchands turcs apportent de Tlemcen, beaucoup de bernous très bien
dattes, soie … etc. d’Angleterre apportent quantité de fer, de Constantinople des rames de galères, des tissés; de Fez et de Sousse, du miel, du
On ne peut traiter en cuirs ou en cire tant plomb, d’étain, de cuivre, de la poudre et toiles et des étoffes pour rubans, des poi- savon et de l’argile qu’on utilisait dans les
qu’on n’a pas obtenu une permission du des draps de toutes sortes. gnards damasquinés, des ceintures, des hammams.
pacha pour acheter ces deux denrées aux Ceux venant d’Espagne, et spécialement de tapis, des caftans fourrés de marte, des En échange, Alger donne aux commerçants
Maures et les vendre aux chrétiens. Beau- la Catalogne et de Valence, sont chargés de cuillères sculptés, de la porcelaine, et enfin de la chrétienté des laines, des cuirs, de la
coup de ces marchands achetaient les bu- vins, de sel, d’essences colorantes, de co- des plats et vases bien travaillés provenant cire, des dattes, et quelque peu de coche-
tins des corsaires, dont les captifs chrétiens chenilles, de coiffures et de Haïeks teints en d’Alexandrie ou de Tripoli. nille qui, moins fine que celle d’Espagne,
de tout âge, et les revendaient, ce qui leur rouge, de perles et aussi d’or et d’argent De Djerba, certains marchands maures, ap- mais de très bonne qualité. On y vend éga-
permettait de faire de très grands bénéfices monnayés dont ils tirent de grands béné- portent des épices, des mousselines, des lement le butin des corsaires, comme les
dans ce genre de trafic. fices. Les navires de Marseille et autres camelots très fins pour manteaux de hardes, épées et coiffures, et il s’y fait en-
Les chrétiens se vendaient à la criée et à ports de la France apportent toute espèce femme, et des dattes de Tunis, de la bonne core un grand commerce d’esclaves.