Page 44 - ENDIRE N°4 SEPTEMBRE17
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JOUR 15 : UNE JOURNEE CALVAIRE


      Départ de Chavinillo. A 7 heures, l’air est frais. Effectivement, mon compteur  indique 0.5 degré ! A la sortie du village les
      ennuis commencent : encore et toujours des chiens très agressifs. L’un d’eux parviendra à mordre ma  jambière ! Ouf ce
      n’est pas passé loin ! Mais quel fléau.


      Plus tard, au début d’une descente de 40 kilomètres sur une piste,  je suis contraint à un arrêt technique : mon support de
      portable, qui fait office de GPS, vient de se casser. Je répare tout ça avec des élastiques et des colliers rilsan.  Quant à la
      piste, elle a dû être goudronnée mais il y a bien longtemps. Malgré l’important trafic,  les pouvoirs publics ont tout laissé à
      l'abandon. Les habitants des maisons en sont réduits à  jeter des bassines d’eau à longueur de journée pour lutter contre
      la poussière soulevée par les véhicules. .


      En fin de journée, je crois entamer l’ultime montée quand la trace  oblique vers une piste. Au bout de quelques kilomètres,
      je comprends que je suis sur une variante. Je décide néanmoins de continuer par là en profitant des superbes paysages
      bien plus sympas. Au bout d'une heure, je commence à m’inquiéter pour savoir où doit me mener cette boucle.
      Renseignements pris, je comprends qu’aujourd’hui l’histoire va s’achever en nocturne et surtout en montée. Je vais en
      baver. La fin sera un calvaire. A 20 heures, à Jauga, à 4200 mètres, je termine frigorifié, couvert de poussière et mon
      pneu arrière est crevé. Que du bonheur !


























      JOUR 16 : MON POULET QUOTIDEN


       Départ de Jauja où malgré un hôtel assez sympa je n'ai pas super bien dormi. Je dois rejoindre Huncayo pour faire valider
      mon CP4. La route qui m'y mène n'est pas passionnante, assez rectiligne, chargée en trafic. Une fois en ville, je pointe à
      l’hôtel Norsi. Les rues sont vraiment défoncées et constituées de plaques de béton plus ou moins bien juxtaposées. Il faut
      vraiment être concentré.  Si l'on ajoute la circulation anarchique avec son florilège de voitures taxis ou mini bus qui

      slaloment en tous sens, dans une cacophonie de klaxon, on a juste envie de sortir de là au plus vite ! C'est ce que je
      m'empresse de faire. La route est top, mais j'ai du mal à m'imprimer une allure. A la sortie d'une courbe, apparaît un
      énorme nid de poule. J'ai à peine le temps de l’apercevoir et de faire sauter le vélo au dessus mais la roue arrière tape et
      je crève. Après réparation, je me retrouve dans une jolie vallée très encaissée. Au lieu de stopper à Quichuas, comme
      prévu, je prolonge jusqu'à La Esmeralda. Entre les deux  localités la route est très étroite et encaissée en fond de vallée et
      parfois à flanc de falaise tout en longeant le Rio.


      Au terme d’une étape longue encore de 170 bornes, j’apprends que les trois hôtels du village sont fermés.  La fatigue et les
      nerfs  comment à prendre le dessus. Je finis quand même par dégoter une petite chambre sans grand luxe mais qui fera
      l’affaire. Comme ma part de poulet quotidien que j'avale néanmoins avec plaisir !


                                                                                                  ......A suivre…….
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