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tienne, désormais je l’ignore. Mars 2014 s’accompagne de températures dignes d’ un mois de mai. Corbi et ses amis ont de nouveau repris le chemin de la rivière, Florentin (ex: Florette) est déjà sorti d’hibernation. Le village est en émoi, c’est le jour des élec- tions municipales et comme nous habitons en face du bureau de vote, il y a d’inces- sants va-et-vient à la Lozère. Comme à l’accoutumée, une quinzaine d’amis fidèles reste déjeuner à la maison. Après le repas, certains jouent à la belote tandis que d’au- tres refont le monde autour d’une bouteille d’eau-de-vie. Moi, assis dans mon panier, j’écoute la sombre histoire de ce foutu corbeau. Cet oiseau de mauvaise augure écrit des lettres anonymes fustigeant certains candidats. La veille du scrutin, il dépose la ca- lomnie dans les boîtes aux lettres du village. J’aimerais clouer le bec à cet affreux vola- tile qui ne se déplace que la nuit mais il s’avère plus rusé qu’un renard. Les résultats tombent vers 19 heures, la liste du maire sortant est réélue, le corbeau doit ricaner. Je constate sur les visages fatigués la joie des uns et la déception des autres surtout celui de l’ami JPP qui est totalement dépité. Peu à peu la Lozère se vide et redevient silen- cieuse. Formidable nouvelle ce lundi 16 juin 2014, mon grand frère est papa, Laura vient de naître. Mamé Annie et papé Corbi sont fous de joie. J’ai hâte de voir la pit- choune d’Aurore et Julien. Je lui souhaite d’être aussi choyée que je le suis ... quoique, je poursuis. La nature m’a donné des cordes vocales assez aiguës, j’ai l’aboiement fa- cile. Corbi le barbare a eu l’idée d’acheter un collier bourré d’électrodes, si je la ra- mène, paf ... je prends une châtaigne, la secousse représente un peu plus de 3 volts, ce procédé digne de la Gestapo ne me plait pas. Annie me déçoit en collaborant avec son primitif de mari. Retour à nouveau dans l’Aubrac en cet été 2014, nous prenons quar- tier pour une quinzaine de jours. La maison nichée dans un hameau à travers les pâtu- rages est une vieille bâtisse en grès, l’intérieur est sobre et peu lumineux. Le soleil n’est pas au rendez-vous, les matinées sont fraîches dans cet endroit lozèrien proche du Cantal et de l’Aveyron. Corbi en waders au milieu de la rivière tente avec sa nym- phe de piquer une belle zébrée. Venus de Saint-Jean-de-Monts, les amis Papon accom- pagnés d’Etoile nous rendent visite quelques jours sur le plateau à 1100 m d’altitude. A la pointe du jour, JPP, bon marcheur, s’empresse d’aller se promener sur les chemins bordés de genêts. Nous le suivons, je guide mon amie Etoile en la sermonnant dès qu’elle s’approche beaucoup trop près des troupeaux. L’après-midi, Christianne nous oriente vers le charmant village de Saint-Eulalie-d’Olt. De ravissantes bignones escala- dent les murs, les ruelles étroites bordées d’hortensias nous amènent au bord du Lot. Bouleversée, elle y retrouve la maison de ses aïeux..., suite à cette charmante journée, nous rejoignons le gîte. Nous finissons notre séjour. Corbi comme d'habitude fait la tronche de quitter sa Lozère.Une immense tristesse m’habite quand j’écoute mes maî-
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