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 traversons une courette puis nous rentrons dans la maison. L'intérieur est sobre, au mur est accrochée une toile d'un superbe Teckel, tiens, tiens, de la même race que la mienne, un jour il faudra me raconter. Annie appelle l'homme aux cheveux blancs " Corbi "; un panier moelleux m'attend où je vais pouvoir me reposer, je m'endors en pensant à Wilma. Ma première nuit fut mélancolique, je m'ennuyais du fait de me re- trouver seul.Ce matin, Annie me passe un collier autour du cou et m’attelle au bout d'une corde, je m’interroge ? Têtu, je refuse d'avancer, Corbi vient à la rescousse et me tire assez sèchement, je m'incline! être cordé ne me plaît guère et rend ma démarche hésitante, dans la rue des passants s'esclaffent, je n'apprécie pas. Un long chemin bor- dé d'arbres cache un joli château de la Renaissance, le soleil est déjà haut, je fais mes besoins ici où là afin de laisser quelques traces de mon passage, sans cette maudite laisse tout serait parfait ! Je croise d'autres congénères qui ont l'air de se moquer de ma petite taille. Nous revenons à "la Lozère", je vais aller saluer Florette , je saute, je sursaute autour d'elle mais elle ne veut pas jouer avec moi mis à part qu'elle voudrait bien me mordiller les pattes, elle est rigolote avec sa petite maison sur le dos. Annie me gâte en m'offrant une friandise, ma seconde maman est charmante avec moi, elle me désirait pour accompagner sa retraite après une longue vie de travail dans l’aéro- nautique; je pense que nous allons beaucoup nous aimer, je suis heureux d'être son "Aubrac", mon nom me plaît bien, il représente un joli coin de Lozère, un département qu'elle adore, d'ailleurs elle m’a déjà promis que je passerai dès l'année prochaine mes premières vacances là-bas. La nuit très souvent Corbi se lève, s'installe dans son bu- reau après avoir absorbé un intense expresso, il allume un cigarillo à l'odeur vanillée, là devant son écran d'ordinateur, il tape sur son clavier, je suis à deux pas de lui, les yeux fermés je sens qu'il me contemple, une lumière apaisante s'échappe de ce lieu as- sez étroit; sur le mur un drapeau de Ernesto Ché Guevara, quelques photos, un por- trait de Jacques Brel, un bronze posé de Vladimir ilitch Oulianov, un joli paysage Céve- nol prodiguent à cet espace une ambiance assez humaniste. La porte entrouverte don- nant l'accès sur la courette me laisse facilement la liberté d'aller flâner là où bon me semble; un puits fleuri de mandevillas rouges, des bordures ornées d'oeillets, un an- cien lavoir où l'eau renouvelée jaillit sans cesse, à eproximité un splendide arbuste de couleur rose, Annie le surnomme affectueusement " l'Hortensia d'Houral ". "Houral", ce nom m'intrigue, Corbi m'appelle souvent ainsi avant de se reprendre comme s'il était habité d'un ineffaçable souvenir, il me faudra dévoiler ce mystère fait autour de cet "Houral", je compte sur ma douce maîtresse pour le résoudre. Déjà une semaine que je suis arrivé, cet après-midi ma première promenade dans la forêt proche du vil- lage a été un enchantement. Annie a préféré me conduire en laisse, elle a beaucoup
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