Page 39 - Fantasia n°6 - Mai 2017
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SANTÉ
TÉMOIGNAGES
KARIM, 35 ANS
« À 10 ans, j’ai fumé ma première vraie clope. Une Royal Anis, un goût atroce. À 11 ans, je fumais quotidiennement. Dès mes 15 ans, je fumais plus de 20 cigarettes par jour. Je ne pensais pas pouvoir arrêter unjour.Etpuislescampagnesanti-tabacme foutaient en boule, on était traités comme des pestiférés. Alors je préférais continuer plutôt que de leur donner raison. En n, c’était surtout une bonne excuse. Je crois que tout fumeur à l’envie quasi constante d’arrêter, ça le travaille au corps et à la tête autant que son addiction. Et réussir à arrêter, c’est réunir plusieurs conditions au même moment. C’est une question de chance, pas de volonté. Quand j’ai eu 30 ans, j’ai eu de la chance. Ça fait 5 ans que je ne fume plus. »
MARIE-JO, 65 ANS
« J’ai arrêté de fumer pendant plus de 30 ans. Et puis, bêtement, un soir avec des copines j’en ai fumé une. 30 ans sans tabac et dès le lendemain de cette clope, c’était comme si je n’avais jamais cessé de fumer. C’est incroyable la puissance de ce produit. Et puis, à mon âge je n’ai plus vraiment de raison de me priver non plus. »
elles n’entraînent pas les mêmes risques » a alors assuré la racine, prête à communiquer les di érentes enquêtes cliniques sur ce sujet.
De son côté, la teinture d’avoine s’engage auprès des petits fumeurs et propose des gouttes à prendre matin, midi et soir. « Je réduirai leur désir de consommer du tabac » assure-t-elle. Elle s’avoue, malgré tout, impuissante à aider ceux qui grillent plus de 20 cigarettes par jour.
AGIR EN AMONT
D’autres plantes ont été conviées pour discuter des mesures préventives. « Comment faire pour éviter que de nouveaux fumeurs apparaissent ? », cette question a été posée par le millepertuis (interviewé le mois dernier par Fantasia). Il aide les fumeurs à calmer leur anxiété, mais il remarque que d’autres patients, même s’ils ne fument pas, sont parfois tentés. « Le stress et la dépression les amènent à se tourner vers des espèces de calmants. La nicotine en fait partie, malheureusement. » Il lance alors un appel à tous les fumeurs potentiels : « Moi, je ne suis pas la nicotine. Je vous aiderai jusqu’au bout à lutter contre la dépression... et sans e ets
secondaires ! » Un appel auquel se sont joints la verveine et la valériane pour qui la tranquillisation du système nerveux est un combat de chaque instant.
LA CIGARETTE SANS TABAC
Le collectif de plantes « Fumez sans tabac » a tenu à participer au Sommet. Représentant les cigarettes sans nicotine ni tabac, ce groupement propose de rompre avec la dépendance physiologique sans omettre pour autant le caractère rituel de la cigarette. « La dépendance la plus forte est psychologique. Ce qui manque aux anciens fumeurs, bien souvent, c’est le simple geste de se rouler une cigarette et de la porter à la bouche. C’est aussi le fait de prendre un moment pour soi » a expliqué la menthe poivrée. Dans le public, on pouvait apercevoir d’autres membres de ce collectif de cigarettes sans tabac. Parmi eux : l’eucalyptus, la papaye et le noisetier.
Après plusieurs jours d’échanges, espérons que les fumeurs trouveront leur compte parmi toutes ces propositions. En tous cas, on avait encore jamais vu des plantes se mobiliser ainsi pour la santé des êtres humains. C’est donc plus qu’une première : un symbole !
RAZAY, 54 ANS
« C’est après mon troisième infarctus que j’ai réussi à passer des cigarettes aux pastilles à la menthe. Au départ j’en bou ais un gros paquet par jour. J’ai pris 20 kilos en quelques mois. Mon cardiologue m’a alerté, à ce rythme-là j’allais y passer. À cause de bonbons ? Ridicule. J’ai arrêté net. Et c’est-là que j’ai redécouvert la saveur des aliments : entre le tabac et le menthol, mon sens du goût était totalement anesthésié. Aujourd’hui, je me régale de carottes, de tomates, d’aubergines. C’est ma nouvelle drogue. »
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Fantasia - 05/17

