Page 43 - Fantasia n°6 - Mai 2017
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Atteindre la valorisation de soi, se sentir mieux dans sa peau, oublier un peu l’esprit de compétition, sont autant de clés complémentaires au développement harmonieux
de l’enfant
SPORT
JUDO
LE SELF-CONTROL
Les psychologues s’accordent facilement à dire que la pratique d’un art martial comme le judo canalise le surcroît d’agressivité du jeune, et permet de l’évacuer de manière ludique et compétitive, tout en respectant des règles très strictes ; un code. La philosophie générale des arts martiaux a ceci en plus, qu’elle oblige le pratiquant à une véritable morale de la domination de soi, du contrôle absolu, de la retenue et de la concentration extrême : musculaire, nerveuse et mentale. Ce sont donc des disciplines (outre le judo, le karaté et l’aïkido sont également très pratiqués par les jeunes), qui conviennent parfaitement aux gamins (et aux gamines, même si ce sont de sports plutôt masculins) angoissés, en surcharge d’adrénaline, ayant besoin de se défouler souvent et pour lesquels la course à pied quotidienne ne su t pas à assouvir leur besoin vital de se dépenser à fond. Avec le judo, on décompresse aussitôt, tout en donnant du punch au cœur, au système respiratoire, sans parler de la musculature dans son ensemble, et bien entendu du self-control et du développement d’un indispensable esprit air-play.
FOOT
LA FIERTÉ DE "LA GAGNE"
Le roi des sports, soit la discipline la plus plébiscitée, toutes catégories confondues, et ce de par le monde, rencontre l’assentiment général chez les garçons, dès qu’ils savent marcher et taper dans un truc qui traine à terre pour l’envoyer quelque part. Les timides, ceux qui sont incapables de s’assumer seuls, qui ne penseraient même pas à s’inscrire à un sport individuel, les accros aux sorties entre potes... Ceux-là sont faits pour un sport d’équipe aussi simple d’accès et aussi populaire que le football. La discipline est in niment valorisante, car elle atte l’ego, cultive l’esprit de compétition, le sens de « la gagne », mais aussi la mise en di culté devant l’échec... Et aussi, bien sûr, l’action individuelle, narcissisée, pourtant, au sein d’un travail d’équipe. D’où la séduction paradoxale de ce sport... à l’opposé du rugby. « La jouer perso » n’y est pas répréhensible, puisqu’une équipe de foot gure une addition de petites entreprises individuelles. L’enfant retrouve là la logique scolaire, et un certain re et de la vie – d’abord celle de ses parents, et en n sa projection dans sa propre vie future. Sans parler du considérable développement de sa morphologie générale, grâce à une discipline sportive franchement complète : courir, faire preuve d’une adresse folle, anticiper, contrôler, être précis, avoir « la vista » aussi bien de près que de loin, être endurant... Tout cela est excellent pour les gamins et les gamines (de plus en plus nombreuses à jouer au ballon rond).
RUGBY
L'ÉCOLE DE LA VIE
Nul ne reconnaîtra et ne dira jamais assez que le rugby est une véritable école de la vie. Physiquement, c’est top car l’enfant se frotte à la force adverse, enrichit son système de défense, respecte l’autre, observe scrupuleusement un code d’honneur (les coups bas sont proscrits), apprend à encaisser des coups sans broncher et pas à en donner (sauf parfois...), recule les frontières de la peur de se faire mal. Au-delà, le rugby enseigne le respect, la solidarité, l’amour du jeu pour le jeu et pas pour les points, encore moins pour les poings. C’est une discipline noble qui forge le mental d’un jeune comme aucune autre. Voilà un sport dont les valeurs morales sont transcendantales et escortent un enfant pour la vie, laquelle ne manquera alors jamais de panache, de brio, de classe. C’est riche, complet, ça oxygène l’esprit en donnant des décharges d’estime de soi. Le rugby permet de reprendre con ance, lorsque l’enfant « rame » à l’école, se sent minable, se compare négativement, se pense nul. C’est le sport de la erté partagée et de l’oubli de soi, de son petit ego. Marquer un essai sera toujours l’œuvre d’un collectif, jamais la signature d’un seul. Et ça, ça sculpte le bon mental du gosse en même temps que son corps. Le rugby est une aventure humaine, un sport extrêmement physique qui enseigne également l’humilité. Il est réellement épanouissant, et à conseiller à tous les gamins. Comme le dit Guy Novès (entraineur des Bleus du XV de France), « il permet aux petits, aux grands, aux maigres, aux gros, aux timides ou aux extravertis de trouver leur place, grâce aux qualités qu’exigent les di érents postes sur le terrain ». Même les jeunes lles s’y mettent de plus en plus, attirées autant par le bel esprit du jeu que par sa rugosité, sa sauvagerie relative, car obéissant au « cadrage » a n d’éviter tout « débordement »...
Le foot au top, comme toujours : il rassemble la majorité des licenciés de moins de 14 ans avec plus de 800 000 inscrits
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Fantasia - 05/17

