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PAYS :  France             DIFFUSION :  100857
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                                    PERIODICITE :  Hebdomadaire
        7 mars 2017 - N°3696




                                                                       QUAND  MAMAN  VERO MET SON VETO
                                                                    Ancelotti  et Leonardo, alors directeur sportif, partagent son
                                                                    point de vue. Rabiot débute en Ll, puis en Ligue deschampions,
                                                                    face au Dinamo Zagreb (4-0), cequi le propulse dans l'histoire
                                                                    (le plus jeune joueur du PSG à débuter une rencontre dans la
                     «J'avais      dit                              compétition). Mieux qu'un symbole, il est l'exemple à suivre.
                                                                    «Il nous a redonné de l'espoir, avoue Chemin, désormais à
              à Carlo       (Ancelotti)                             Forbach (CFA2). On voulait tous lui ressembler. » Mais son
                                                                    temps de jeu lui semble insuffisant et un petit coup de blues
                     est super fort                                 l'attend au tournant.  On lui parle patience, on lui évoque
                                                                    demain. Il attend maintenant, il veut tout de suite. Pour lui et
                 ce               c'était                           sa mère Véronique, ancienne médiatrice sociale qui gère ses
                                                                    intérêts malgré les approches répétées d'agents, dont Mino
                      flagrant.»                                    Raiola, et avec laquelle il est hors de question de couper le cor-
                                                                    don, il n'y a pas d'autre temps que le présent. Des tensions
                          Lilian Thuram                             apparaissent.Alors qu'il s'apprêteà partir en stagede fin d'année
                                                                    au Qatar, le club, qui prend en charge le séjour des compagnes
                                                                    et des enfants des joueurs, refuse d'en faire de même pour la
                                                                    maman et l'un des deux frangins  du milieu de terrain. La
                                                                    daronne dit niet, le fiston n'embarque pas.« Là, je me suis posé
                 asévident de s'approcher.C'estdéconseillé,verrouillé,
                 interdit. Alors il s'agit d'attendre, de reculer un peu
          P      au moment d'aborder et d'essayer de cerner Adrien
                 puis d'observer. Il importe de saisir cette singularité
                 Rabiot,jeune homme devingt et un ansqui a appris,
          grandi et connu, avec le Paris des Qataris, plusieurs vies,
          d'amour, d'eau pas toujours fraîche et de pétrodollars, arrivés
          dans le club de la capitale à l'été 2011,quelques semaines à
          peine après que le gamin, débarqué un an plus tôt du pôle
          Espoirs de Castelmaurou, et sanouvelle bande de potes soient
          sacrés champions de France U17.La joie cède vite place au
          doute, l'euphorie aux interrogations. « On avait peur, serappelle
          Sorel Chemin, alias   pour ses copains de promo,
          dont Rabiot. On sedisait :  fini. Pour les jeunes du centre,
          il n'y aplus de place  On pensait que çadevenait impossible.»
          Mais « Poupou », comme il était surnommé pour sa coupe de
          cheveux à la Caries Puyol, lui, « n'apas vu çacomme nous ».       Thousand U.
             LE COUP DE  CŒUR  D'ANCELOTTI
          Dans la catégorie d'âge supérieure, le natif de Saint-Maur,
          dans le Val-de-Marne, qui s'estconstruit àCréteil, laisse parler
          son potentiel. Bertrand Reuzeau, le patron de la formation,
          secharge du restelorsque Carlo Ancelotti lui réclame d'envoyer
                                                    Révélati
          chez les grands ce qu'il a de mieux en stock. Un jour de mars  desquestions, admet Guillaume Hoarau. Le groupe n'était pas
                                                    En 2012,  déjà sous  le jeune
          et un entraînement comme un autre pour un gamin de seize  Adrien  perçait  le talentueux  choqué mais refuser de venir allait être un handicap ensuite.
          piges qui met tout le monde d'accord.Déplacements intelligents,  Rabiot  Pour le plus  grand  On s'estdit tant pis pour lui. »
                                                    bonheur  des Qataris,  ici à
          aisance technique, clairvoyance. C'est le coup de cœur. «Tout
                                                    l'occasion  de l'Alkass
          de suite, le coach a aimé ce qu'il a vu, sesouvient Guillaume  International  Cup,  réservée  TÊTE DE COCHON,  PRÊT ET COUP DE PRESSION
          Hoarau. Adrien était impressionnant par savolonté de toujours  aux U17 et disputée  à Doha.  La fin justifie les moyens, les moyens l'appétit. Rabiot veut
          jouer vers l'avant. «Tout s'accélère. Le 2 juillet 2012, dans un  bouger et finit par être prêté sans option d'achat au Téfécé
          bureau du Parc des Princes, il signe un bail de trois ans et  début 2013.On lui colle l'étiquette de capricieux mais Jonathan
          devient le premier joueur formé au club à passer pro depuis  Zebina voit débarquer « un garçon discret, poli mais qui savait
          la prise de pouvoir de Qatar Sport Investment. Un mois plus  exactement cequ'il voulait ».« Il avait du tempérament, appuie
          tard, le 4 août, porte d'Auteuil, Ancelotti  le lance en amical  son ancien coéquipier Adrien Regattin. Alain Casanova lui
          face au Barça de Messi (2-2). Paul Clement, l'adjoint du tech-  disait de remiser en soutien en une touche lorsque le ballon
          nicien transalpin, vient lui glisserquelques motset lui conseille  lui parvenait de derrière, dosau jeu, et ensuite de redemander.
          de rester relax. Visiblement, il ne l'a pasencore cerné. Le garçon  Lui, la balle est arrivée, il a fait contrôle orienté, s'estretourné,
          n'est pas du genre à stresser et répond aux attentes. Lilian  a accéléré et passé.Qu'est-cetu voulais lui dire ? Il avait raison.»
          Thuram, présent ce jour-là, s'empresse de le féliciter. «J'avais  L'ex-coach toulousain s'en souvient. « Il était sûr de saforce,
          dit à Carlo:  est super fort ce  précise le recordman     avait descertitudes dans son jeu. Il estdécidé danstout ce qu'il
          de sélections en équipe de France (142). Sapersonnalité sur  fait. Et puis, en tête-à-tête, il savait défendre sesidées, montrer
          le terrain sautait aux yeux, c'était flagrant. »          son opinion. »Un trait évident de sapersonnalité, même pour











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