Page 15 - Recueil nouvelles fantastiques 2nde C
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Depuis la mort de Ruben, mon fidèle et

         extraordinaire  compagnon  au  pelage

         roux  et  aux  yeux  globuleux  qui

         donnaient à son regard noir et perçant

         un  air  très  attachant,  je  m’ennuyais

         énormément.  J’avais  perdu  mon  ami,  et
         sans lui je n’avais plus aucune raison

         de  continuer  ma  vieille  vie  d’homme

         seul  et  aigri.  Cela  faisait  trois

         semaines que je passais assis dans mon
         fauteuil,  près  de  ma  cheminée,  à

         ressasser  tous  les  moments  joyeux

         partagés avec lui.

         Ce  jour-là,  je  décidai  malgré  tout  de

         sortir  dans  les  bois  où  je  l’amenais

         se  balader,  car,  si  ce  drame  n’était

         pas  arrivé,  il  aurait  eu  treize  ans

         aujourd’hui,  et  je  voulais  lui  faire
         honneur.  C’est  pourquoi  je  sortis,

         malgré  toute  ma  tristesse  et  un  début

         d’averse,  me  promener  désormais  tout

         seul.  Mon  compagnon  aimant  et  moi

         avions          l’habitude             de      longer          ces
                                                                            14
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