Page 17 - Recueil nouvelles fantastiques 2nde C
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chemin. Désemparé et livide, je
confondais mes larmes et les gouttes
d’eau ruisselant sur mon corps humide.
Le fracas de la pluie sur les feuilles
me faisait de plus en plus mal à la
tête, et je perdis tous repères ;
j’errais sans savoir vers où, et ma
vision se troublait toujours
davantage.
Quand, tout à coup, je vis au loin une
sublime apparition : une bête rousse
qui pourrait bien être Ruben ! Je
décidai de la suivre tandis qu’au-
dessus de moi, le ciel se fendait
d’éclairs. Des grondements toujours
plus puissants résonnaient dans mon
crâne douloureux. Alors que je
poursuivais ce mirage, mon cœur se mit
à battre la chamade, mes mains
devinrent tremblantes et moites, mes
jambes ne me portaient presque plus.
Je finis par me demander si je ne
devenais pas fou et des centaines de
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