Page 57 - AQMAT Magazine Été 2021
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 Vous êtes le «Manager» de l’année puisqu’au dernier Gala AQMAT Reconnaissance, vous
avez remporté ce grand honneur. Pourquoi pensez-vous, avoir été choisi?
J’ai eu un beau témoignage de l’équipe de gestion de Techniseal qui, en fait, a soumis ma candida-
ture à mon insu. Cela m’a touché, je ne m’attendais pas à ça. La façon dont ils m’ont décrit, cela a été flatteur.
Cela va faire bientôt trois ans que vous avez le plus haut poste. Cette entreprise a connu
plusieurs vies, plusieurs étapes et puis vous y êtes associé depuis presque le début. Revenons un peu en arrière, si vous le voulez bien. Techniseal a été fondée en 1984 et dès 1989, vous arrivez. Est-ce qu’on parle d’une entre- prise artisanale ou c’est déjà quand même de calibre industriel ?
Plus une entreprise artisanale. Le père du fondateur, monsieur Bélair, avait été un des premiers à avoir
du pavé uni chez lui. Puis, il y a eu des taches diverses sur la surface. Il a alors demandé à son fils de trouver quelque chose sur le marché. Il n’y avait rien. C’est ainsi qu’il a commencé à développer des produits dans le garage de son père.
C’est intéressant ce que vous dites parce que vous aviez étudié à l’université en
administration. Pas la chimie, ni la physique. Mais dès les premières années dans l’entreprise, on vous confie la production, ensuite, la recherche et le développement. Comment tout ça est arrivé ?
Je suis une personne curieuse de nature. M. Bélair m’a dit : « on a une belle opportunité dans le réseau de
détail canadien avec un joueur connu. Il voudrait qu’on soumette une gamme pour la protection des entrées en asphalte. » J’ai dit: wow, génial, on va embaucher une équipe, dont un chimiste. Il m’a dit : « Pas besoin, c’est de la popote, moi j’ai déve- loppé des produits. Va rencontrer les représentants techniques des fournis- seurs de produits chimiques qui sont eux, pour la plupart, des chimistes. Ils ont intérêt à t’aider parce qu’ils vont nous vendre par la suite les résines et les additifs qui servent à faire les produits de peinture. »
Si je comprends bien, avec des spécialistes des ingrédients, vous allez créer la recette ?
Et voilà, j’ai appris la chimie sur le tas et en suivant des formations de niveau universitaires sur le déve-
loppement des revêtements. Puis, a suivi le portfolio de recherche et développe- ment alors que je n’y connaissais absolu- ment rien. Cela a été une très belle expé- rience. J’ai découvert un volet de moi très technique et scientifique.
C’est très centralisé comme production. Même chose en Europe. On a beaucoup d’importations de l’Europe. La pandémie a créé une rupture de la chaîne d’approvi- sionnement. Heureusement, on appartient à un grand groupe. OldCastle CRH nous a donné l’aval dès le mois d’août 2020 de remplir nos entrepôts. Donc, Techniseal a importé énormément de matières premières, d’emballages et de tous les additifs requis pour fabriquer nos produits. C’est ce qui nous a permis d’arriver jusqu’à aujourd’hui sans ruptures de stock.
Est-ce que vous vous sentez mieux préparé aujourd’hui pour une autre éventuelle crise ?
Beaucoup mieux. Techniseal a connu une croissance de 45% l’an passé. On ne s’attendait pas
cetteannéeàplusde5à10%.Onaété plutôt sur le côté défensif, mais malgré tout, on s’était préparé quand même pour une vague très forte pour le premier trimestre. La vague a été beaucoup plus forte qu’anti- cipée. En ce moment, on est à 80% de croissance comparé à l’an dernier. Cela demande beaucoup d’agilité de l’équipe de planification. On a même embauché un spécialiste en chaîne d’approvisionnement.
Vous avez connu l’entreprise avec une propriété québécoise, un conseil d’administration en
propre. Pouvez-vous nous résumer les grandes étapes du développement de Techniseal qui l’amène aujourd’hui à être partie prenante d’un grand groupe international ?
Dans le groupe CRH, on fait partie de la division Old-Castle APG, implantée partout dans le monde,
en Asie, en Europe, en Amérique, qui se développe beaucoup par acquisitions. Le groupe a une valeur boursière de plus de 40 milliards américains. Il y a plusieurs divisions, dont les routes, l’infrastructure, la maçonnerie, et tout ce qui est carrières.
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que
Est-ce qu’il y a un produit auquel vous êtes particulièrement associé et qui a connu un succès
vous pouvez nous partager ?
Il y en a plusieurs. J’ai développé une trentaine de produits pour Techniseal. La plupart sont toujours
disponibles sur le marché, autant à l’international que sur le réseau de détail canadien. C’est certain que notre locomo- tive, depuis 2000, c’est le sable polymère. Une autre compagnie à l’international travaillait sur le même projet. On a fait des échanges technologiques et ensuite, on a travaillé avec des universités afin d’avoir plus de connaissances pour satis- faire les besoins des pays nordiques. Le succès fulgurant a propulsé Techniseal avec une croissance de plus de 50% pendant une dizaine d’années consécutives.
Vous avez mentionné un mot : polymère. À l’AQMAT, on l’a utilisé à plusieurs reprises
cette année puisqu’il y a eu des bris dans la chaîne d’approvisionnement. J’ai appris que la plupart des poly- mères venaient de quelques régions du monde. Est-ce que c’est une situa- tion mondiale qui vous a affecté ici chez Techniseal à Candiac ?
Énormément. Comme tous les fabricants, soit de peinture, d’adhé- sifs, de sables polymères ou de
produits cimentaires, on s’approvisionne beaucoup en Asie. Il y a beaucoup de monomères qui sont fabriqués au Texas.
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