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LES ACTIVITÉS DE L’ASSOCIATION EN 2018 RAPPORT D'ACTIVITÉ
2018
L’URGENCE
ET LE PREMIER ACCUEIL
En 2018, le nombre d’arrivées sur les côtes européennes a fortement baissé : 115 000 personnes ont traversé
la mer Méditerranée de janvier à décembre contre
170 000 en 2017.
Cependant, au niveau européen le nombre de demandeurs d’asile toutes situations administratives confondues
est resté assez stable. En France les chiffres sont toujours importants, soit 120 000 demandeurs d’asile en 2018.
  Cette augmentation s’explique en partie par ce que l’on nomme les flux secondaires. Ainsi, en France en 2018, 40 000 personnes étaient en procédure Dublin ou étaient des « dublinés » dits « requalifiés ». C’est- à-dire que ces personnes avaient déjà entamé des démarches dans d’autres pays de l’Union européenne avant de venir demander l’asile en France.
Face à cette situation, l’État a mis en place des moyens complémentaires. Un total de 45 000 places d’hébergement d’urgence a ainsi été mis en place afin de répondre en partie aux arrivées très nombreuses depuis 2015. C’est dans ce contexte de post-crise migratoire que France terre d’asile a continué d’ac- cueillir des demandeurs d’asile dans ses différents dispositifs.
Les services de la Direction de l’urgence ont ainsi reçu tous dispositifs confondus plus de 37 000 usagers. La file active des structures de premier accueil des demandeurs d’asile de France terre d’asile était de 20 000 personnes au 31 décembre 2018.
La Direction de l’urgence
Plusieurs faits importants ont marqué les activités de la Direction de l’urgence au cours de l’année 2018 :
● Le démantèlement des campements parisiens sur les bords du canal Saint-Denis Porte de la Villette (le 30 mai 2018), du Canal Saint-Martin et au niveau de la Porte des Poissonniers (le 4 juin 2018) menant à l’orientation de plus de 2 000 personnes vers un hébergement avant examen de leur situation administrative.
● La mise en place du projet de mise à l’abri (associé au projet Maraude-Migrants 75), pour éviter la reconsti- tution de campements, ayant permis la mise à l’abri de 2258 hommes isolés et 158 personnes en famille, soit 2 416 personnes entre juin et décembre 2018.
● La création de la plateforme téléphonique de l’Ofii, en mai 2018, instituant la prise de rendez-vous par téléphone comme seul moyen d’accès aux structures de premier accueil des demandeurs d’asile (Spada) d’Île-de-France.
● L’émergence de campements en régions, comme à Nantes et à Rouen.
La visibilité accrue des campements de migrants oblige les pouvoirs publics à réagir et apporter une solution aussi bien pour répondre à l’urgence sociale des personnes que pour des raisons de sécurité publique. Les équipes de la Direction de l’urgence ont constaté tout au long de l’année 2018 une évolution de la situation des personnes. De plus en plus de migrants portent les stigmates de la vie à la rue. Il est ainsi observé une dégradation de l’état somatique et psychique des personnes rencon- trées lors des maraudes. Malheureusement, faute d’une véritable étude de santé publique à l’échelle nationale concernant le public migrant, il est difficile d’adapter les méthodes de prise en charge. Par ailleurs, au regard des dispositifs de la Direction de l’urgence, on observe que le système de prise en charge des demandeurs d’asile montre de plus en plus ses limites : retour à la rue après une première orientation en hébergement, présence de réfugiés statutaires dans les campements, saturation des dispositifs d’hébergement (Huda et Cada)...
Le traitement de la question des déboutés du droit d’asile reste un sujet tabou. Les personnes souvent orientées vers de simples demandes SIAO (Service intégré d'accueil et d'orientation), stagnent dans ces dispositifs avec peu
 













































































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