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Christine Adamo - Copyright NMS51GC







                                                LE PERE DE MAMAN





                               Le père-de-maman, son nom, c'est Jean. Et c'est celui qui a
                        du sang-de-zizi dans le cerveau.

                               Quand j’étais tout petit, maman m'a raconté une histoire sur

                        Jean-qui-rit et Jean-qui-pleure. Je me souviens plus des épisodes,

                        seulement  des  héros.  Celui-qui-rit  et  celui-qui-pleure.  Ce  qui  est
                        sûr, c'est que le père-de-maman, c’est pas Jean-qui-rit.

                               Dans mon cerveau, et vu que maintenant, je le super-déteste,

                        je l’appelle plus jamais grand-père, le père-de-maman. Mais quand
                        je lui parle pour de vrai avec la bouche, je suis bien obligé de le

                        dire.  Grand-père.  Ça,  ça  m’embête.  Un  vrai  grand-père,  c'est  un

                        vieux monsieur avec des beaux cheveux blancs et une moustache

                        pareille, des yeux gentils, et peut-être un chapeau ou un vélo. En
                        plus, un grand-père, ça emmène ses petits-enfants à la pêche ou ça

                        leur prête des livres aventureux ou ça leur donne les œufs de ses

                        poules pour qu'ils jouent avec. Ou même ça leur montre comment
                        construire une cage pour le hamster.

                               Le père-de-maman a pas de moustache et pas de poules. Ses

                        cheveux sont pas blancs vu qu'ils sont encore noirs et que papa dit
                        c'est-une-teinture.  Il  a  un  nez  gros  avec  une  verrue  et  des  poils

                        blancs autour, même que c’est bien la preuve que ses cheveux, c'est

                        une teinture. Et ses yeux sont tellement pas gentils qu’ils sont tout
                        plissés  de  peau  autour  et  ils  regardent  les  vivants  comme  s’ils

                        préféraient les voir morts. Surtout quand les vivants, c’est des gens

                        qui louent les maisons que lui, il a hérité de sa famille d’avant-la-




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